Les deux Espagnols se retrouvent une semaine après leur match au 2ème tour de Bastad qui avait vu Ramos s'imposer largement. Florent Serra connaît bien les conditions de jeu de Gstaad, un tournoi qu'il apprécie beaucoup. Il tente d'analyser pour vous ce qui pourrait changer sur ce match par rapport à la semaine dernière. C'est l'oeil du pro !

"J'ai déjà joué en altitude à Mexico à 2800 mètres. C'est là que j'avais remporté mon premier titre en jouant avec des balles sans pression (c'est à dire des balles molles) et au niveau cardio, on sent vraiment la différence par rapport aux autres tournois du circuit. Mais à Gstaad, les joueurs ne ressentent pas trop l'altitude à ce niveau-là. En revanche, les balles sont classiques donc elles sont parfois très difficiles à contrôler. Ca reste pour moi l'un des plus beaux tournois ATP250 à jouer. J'aimais beaucoup aller là-bas pour les conditions et l'accueil. Sur ce tournoi, on a eu des vainqueurs terriens et d'autres dans des filières de jeu très rapides parce que cette surface favorise aussi les services volées. J'ai notamment souvenir de Feliciano Lopez qui jouait très bien à Gstaad."

"Tout le monde ne contrôle pas la balle de la même manière à Gstaad dans ces conditions de jeu en altitude (1000 mètres). La balle vole et le rebond de certains joueurs est très particulier. Sur cette surface, on peut très facilement passer au travers comme Laaksonen au premier tour contre Ramos (6-3/6-0). Je me souviens d'avoir joué Andreev là-bas ou des joueurs qui liftaient énormément. Ce n'est pas facile de leur résister parce qu'ils ont leur rebond qui est encore plus accentué du fait de l'altitude."

"Par rapport au match de la semaine dernière à Bastad, c'est certain que les conditions de jeu peuvent changer la donne. Mais Verdasco peut encore une fois mettre toutes ses balles dehors comme la semaine dernière. S'il se précipite et qu'il joue trop à plat, il va les sortir en longueur. Sur ce point, le fait que Ramos ait joué déjà un match est un petit avantage parce qu'il n'aura pas ce temps d'adaptation. Ramos a une bonne patte gauche, il enroule bien la balle et ce rebond peut aussi être gênant pour Verdasco s'il joue trop à plat. Globalement la surface de Gstaad nivelle les écarts entre les joueurs. Le fait que la balle vole change un peu nos repères par rapport aux distances de jeu, aux longueurs de balle. On a l'impression que la balle est dedans et puis en fait elle finit 3 centimètres dehors."

Fernando Verdasco, of Spain, serves to Nick Kyrgios, of Australia, at the Rogers Cup tennis tournament Tuesday, Aug. 11, 2015, in Montreal. (Paul Chiasson/The Canadian Press via AP)

"En revanche au niveau du service, Verdasco a un gros avantage parce que son kick en première balle peut compliquer les retours de Ramos. Dans les échanges, Verdasco va devoir prendre de la marge par rapport aux lignes. Il va devoir se concentrer sur son service parce que c'est très difficile de retourner. Si Verdasco arrive à bien varier, à avoir le bon dosage dans la puissance de ses frappes, il a toutes les clés pour battre Ramos et prendre sa revanche. Mais Ramos joue doucement, casse les rythmes, fait très peu de fautes, trouve des zones courtes croisées. Celui qui ira le plus vers l'avant aura plus de chance de l'emporter. C'est très intéressant tactiquement de monter au filet sur cette surface. Si Verdasco a bien analysé sa défaite de la semaine dernière et corrige ses erreurs à savoir la précipitation et la nervosité, il est logiquement favori de ce match."

"Si un joueur est amené à trop reculer sur ce type de surface avec une balle qui gicle beaucoup, tu joues au dessus de l'épaule parce que la balle prend un gros rebond et au bout d'un moment, on force les frappes et ça devient injouable. Cette surface avantage aussi les joueurs qui mettent beaucoup de poids, de puissance et d'effet dans la balle comme Paul-Henri Mathieu qui a toute sa carrière très bien joué là-bas : finale en 2007, demie en 2012 et en 2016. Sur cet aspect, plutôt avantage Verdasco."