Sur le papier, c’est l’affiche de ces quarts de finale la plus alléchante en raison du classement des deux joueurs et de leur état de forme. Thiem réussira-t-il à prendre à défaut la défense de Medvedev ?

Le Russe a un bilan de 15 victoires pour 6 défaites sur dur en extérieur cette saison. Thiem lui a embelli son palmarès d’un titre à Indian Wells en mars après un titre à Acapulco en 2016. L’Autrichien impressionne cette semaine à Montréal. Il était le premier joueur à oser s’aventurer au Canada après un titre à Kitzbühel. Alors qu’il n’avait jamais gagné un match dans ce tournoi (5 défaites en 5 matches), il a sorti Shapovalov et Cilic de façon autoritaire.
Certes le Canadien et le Croate sont en crise de résultats mais ce tournoi était l’occasion pour eux de se relancer et ils avaient réussi un bon premier tour. Thiem les a coupés dans leur élan et les a renvoyés dans leurs doutes.

Mais ces deux succès sont symptomatiques d’un nouveau cap franchi par l’Autrichien cette saison. Sur 22 Masters 1000 disputés sur dur en extérieur avant cette saison 2019, Thiem n’avait atteint que quatre fois les quarts de finale pour 16 éliminations au premier ou deuxième tour. Son titre à Indian Wells est donc la preuve d’une évolution dans sa carrière qui s’explique par une évolution dans son jeu. Depuis le tournoi d’Indian Wells, il prend désormais la balle plus tôt dans l’échange. Il a eu une prise de conscience après un très mauvais début de saison avec une défaite d’entrée à Doha face à Herbert, au 2ème tour à Melbourne face à Popyrin et d’entrée à Rio face à Schwartzman.
Depuis Indian Wells, Thiem a un bilan de 28 victoires pour 7 défaites. Il est actuellement incontestablement le 4ème meilleur joueur du monde derrière le Big Three.

Il est néanmoins outsider sur cette rencontre. Les bookmakers considèrent certainement qu’il va souffrir physiquement face à Medvedev. Mais le Russe aussi a beaucoup joué avec une finale à Washington. Mais ses 7 derniers matches ont tous été expéditifs en 2 sets pour un total de 8h52 sur les courts (moyenne de 1h16). Dans le même temps, Thiem a disputé 4 matches sur terre et 2 à Montréal pour un total de 10h14 auxquels il faut ajouter le voyage entre l’Autriche et le Canada, le décalage horaire et le changement de surface. Thiem a en quelques sortes eu de la réussite en jouant deux joueurs plutôt en manque de confiance. Cette fois, face au Russe, l’adversité sera tout autre même si Thiem a battu deux fois Medvedev lors des deux premières confrontations. L’une d’entre elle s’est jouée sur terre battue, une mauvaise surface pour Medvedev. L’autre s’est disputé en indoor à St-Petersbourg et a basculé dans le tie-break décisif du 3ème set. Depuis septembre dernier, Medvedev a pris aussi une autre dimension. Il est désormais dans le top 10. Si le Russe attend toujours sa première victoire en carrière face à un top 10 sur dur (9 défaites en 9 matches), l’Autrichien a eu deux victoires de référence face à Federer à Indian Wells et Anderson à l’US Open pour 10 défaites.

C’est certain que Daniil Medvedev laisse une énorme impression quand il gagne mais il est souvent très fort face aux joueurs plus faibles et peine face aux meilleurs à l’image de sa finale perdue face à Kyrgios à Washington. C’est paradoxalement sur terre battue à Monte Carlo qu’il a obtenu ses deux plus belles victoires en carrière face à Tsitsipas et Djokovic.

On peut penser que les qualités athlétiques de Medvedev et la propreté de son jeu (seulement 7 fautes directes contre Garin) seront un obstacle majeur pour l’Autrichien qui sera forcé à jouer constamment des coups supplémentaires pour déjouer le jeu défensif du Russe. Garin (26 fautes directes), Edmund (24 fautes directes) et tant d’autres avant eux, n’ont pas eu cette patience et ont fini par forcer leurs frappes. Si le Russe arrive à maintenir un haut niveau de service, il aura la qualité en retour et la qualité de frappes pour perturber Thiem et le battre.

L’avis de la rédaction : victoire de Medvedev