Daniil Medvedev réalise la meilleure saison de sa jeune carrière. Entré dans le top 10 il y a trois semaines, le Russe sera 7ème mondial en cas de titre. C'est sa première finale dans un si grand tournoi.

Depuis la semaine dernière à Washington, Daniil Medvedev a remporté tous ses matches 2 sets à 0. Seul Kyrgios l'a battu 7-6/7-6.

Ses statistiques sur ses 9 derniers matches sont époustouflantes :
-80 jeux de service remportés sur 85, soit 94,1%
-13 balles de break à sauver dont 8 sauvées (0,7 balle à sauver par set)
-251 points gagnés sur 295 premières balles, soit 85%
-295 premières balles sur 481, soit 61,3%
-74 aces, soit 0,87 par jeu
-29 breaks sur 84 jeux adverses, soit 34,5% de breaks
-29 balles de break converties sur 46 obtenues, soit 63% de conversion
-102 points gagnés sur 204 deuxièmes balles adverses, soit 50%

On peut donc voir que Medvedev est à la fois très performant au service mais aussi en retour. Tout en sachant qu'il a joué des bons serveurs comme Cilic, Tiafoe, Kyrgios, Thiem, Khachanov et Edmund.

Il n'a encore jamais joué Rafael Nadal en carrière. Sur terre battue, la plus mauvaise surface du Russe, l'intérêt aurait été moindre mais sur dur, l'équilibre des forces est tout autre. Surtout que Nadal n'a pas été triomphal cette semaine face à Evans (7-6/6-4), Pella (6-3/6-4) et Fognini amoindri par une blessure (2-6/6-1/6-2). Aucun de ses adversaires n'ont la force de frappe au service de Medvedev, aucun n'ont la qualité de son jeu défensif et sa vitesse de déplacement, aucun n'ont son agressivité en retour...

"Je ne sais pas si c'est le bon moment pour moi de jouer Rafa mais c'est sûr que je joue vraiment très bien depuis deux semaines. Si je suis capable de rejouer comme cela face à lui, ça sera un match difficile aussi pour lui. Le match devrait être un gros combat. J'ai l'espoir d'en sortir vainqueur. Depuis le début de ma carrière jusqu'à l'an dernier, j'avais l'habitude de lutter en trois sets pour remporter mes matches. Cela veut juste dire que je joue mieux et que je suis capable de battre des grands joueurs sans perdre un set. C'est une belle performance."

Il y a un an, Daniil Medvedev était 68ème mondial et devait passer par les qualifications du tournoi de Toronto. Quel chemin accompli en si peu de temps par le jeune Russe francophone entraîné par Gilles Cervara : "Pour moi il s’agit déjà d’un gros travail d’équipe, un processus d’entrainement et un travail rigoureux. Depuis un an, une personne l’accompagne sur l’aspect mental et cela porte aussi ses fruits. On a vu rapidement les bénéfices, cela permet au travail tennistique de se concrétiser. On avait pour objectif cette saison d'améliorer son service et le contrat est rempli. C'est primordial de pouvoir compter sur cette arme pour affronter les tous meilleurs. Il a aussi beaucoup progressé dans son jeu offensif tout en conservant sa solidité de fond de court."

"Evidemment c'est toujours spécial de jouer Nadal. J'ai déjà affronter Novak et Roger. Ce sont des matches à part. Il y a toujours une pression supplémentaire mais en même temps quel plaisir de jouer ces matches ! C'est pour cela que je travaille tous les jours depuis des années, pour jouer ces matches-là. Je ne vais pas être intimidé. Je veux gagner chaque match que je joue et j'espère que je vais réussir à gagner celui-là," a déclaré le Russe avant cette finale.

En finale de Masters 1000 sur dur, il n'y a que deux joueurs (en dehors de Djokovic et Federer) qui ont réussi à battre l'Espagnol : Davydenko et Nalbandian. Sinon Tsitsipas, Isner, Del Potro, Murray, Kiefer, Ljubicic et Agassi se sont tous cassés les dents.

Pas vraiment rassurant pour Medvedev. Mais le Russe semble très affûté physiquement. Il a beaucoup joué depuis deux semaines mais des matches très courts et n'a absolument pas puisé dans ses réserves. Pour battre l'Espagnol, il devra faire le moins de fautes possibles comme il avait l'habitude de le faire avant sa demi-finale face à Khachanov (29 fautes directes). Il ne devra offrir aucun point à Nadal pour espérer soulever son premier trophée en Masters 1000. L'aspect mental sera donc essentiel.

Si Medvedev avait paru gêner par les gauchers en début de sa carrière (4 victoires pour 9 défaites jusqu'à l'été 2018), le Russe a bien rectifié le tir avec 8 victoires sur ses 9 derniers matches dont 6 victoires en 6 matches sur dur face à Klizan, Shapovalov, Marterer, Verdasco ou encore Mannarino. Evidemment, aucun de ces joueurs n'a la puissance, le talent et le lift de Nadal mais c'est toujours positif d'aborder cette finale avec un peu de confiance et quelques certitudes dans son jeu.

L'avis de la rédaction : Medvedev remporte au moins un set dans le match