Le tournoi de Winston Salem existe depuis 2011. C’est la dernière occasion pour les joueurs de se préparer pour l’US Open et d’engranger un peu de confiance et de repères pour ceux qui en manquent. C’est une opportunité pour les joueurs qui le désirent de prendre des points précieux en profitant de l’absence des cadors.

Les conditions de jeu à la Wake Forest University sont identiques à celle de l’US Open : même surface (Decoturf) et même balles (Wilson). On prévoit des températures caniculaires toute la semaine entre 32 et 34 degrés à l’ombre donc environ 40 degrés sur les courts…

Depuis 2011, c’est un tournoi comme tous ceux qui précèdent un Grand Chelem riche en outsiders (37%).

Depuis la création du tournoi, les 16 premières têtes de série sont exemptées de premier tour et font leur entrée en 16èmes de finale. C’est le plus gros tournoi 250 de la saison avec 46 joueurs inscrits (contre 28 habituellement pour les tournois de cette catégorie).

Sur les 8 premières éditions, une seule tête de série numéro une a remporté le tournoi. Il s’agit de Bautista en 2017. C’est d’ailleurs même le seul joueur de rang 1 à avoir atteint la finale. Daniil Medvedev est le seul vainqueur du tournoi en étant non-tête de série. Carreno est le vainqueur avec la plus grosse cote (50 contre 1). Mais ce tournoi est très ouvert pour les non-têtes de série puisque 65% des têtes de série ont perdu au 2ème tour dès leur entrée en lice ou au tour suivant en 8èmes de finale.

Voici le bilan des têtes de série depuis 2011 à Winston Salem :
– 75 têtes de série sur 121 ont gagné au 2ème tour (62%)
– 43 têtes de série sur 73 ont gagné en 8èmes (59%)
– 11 têtes de série sur 16 possibles ont atteint la finale (%)
– 7 titres sur 8 possibles ont été attribués à une tête de série (%)

Parmi les 39 qualifiés/lucky losers qui ont joué ce tournoi, Julien Benneteau a atteint la finale en 2011, tout comme Herbert en 2015. Une belle réussite donc pour les qualifiés puisque 4 ont déjà atteint les quarts de finale.
Voici le bilan des 39 qualifiés/lucky losers depuis 2009 à Cincinnati :
– 12 ont perdu au 1er tour (30%)
– 15 ont perdu au 2ème tour (38%) 
– 8 ont perdu en 8èmes (20%) 
– 1 a perdu en quarts
– 1 a perdu en demies
– 2 ont perdu en finale

Parmi les wildcards, Andy Roddick (21ème mondial) a atteint les demies en 2011 et Kevin Anderson a remporté le titre en 2015 (15ème mondial). En 2016, Bautista (17ème mondial) perd en finale face à Carreno. Sinon 8 wildcards ont perdu au 1er tour, 12 ont perdu au 2ème tour, 2 en huitièmes et 4 en quarts.

Les plus belles surprises du tournoi sont à mettre au profit de Janowicz en 2014 qui atteint la finale sans être tête de série, ou encore des deux qualifiés Julien Benneteau et Pierre-Hugues Herbert en 2011 et 2015 (Herbert était coté à presque 200 contre 1 pour une place en finale). Dzumhur en 2017 a également crée la sensation en s’inclinant en finale pour une cote à 100 contre 1.

L’édition 2015 a été riche en surprises avec la moitié des têtes de série qui ont été éliminées dès leur entrée en lice mais c’est 2017 qui détient le record avec 10 éliminations sur 15 dès l’entrée en lice des têtes de série.

Sur cette édition 2019, Andy Murray, Denis Shapovalov, Tomas Berdych et Frances Tiafoe ont reçu une wildcard.

Avec les nombreux forfaits, on retrouve Benoît Paire en tête de série numéro une du tournoi.

Dans le premier quart de tableau, Benoît Paire aura comme principaux concurrents Carreno Busta, ancien vainqueur ici et qui revient bien. L'Espagnol a besoin de point. Il y a également le Français Ugo Humbert au repos depuis trois semaines et sûrement motivé à l'idée de bien se préparer pour l'US Open. L'Italien Sonego est également un joueur à surveiller. Peu spécialiste du dur, il a quand même obtenu quelques victoires ces derniers mois et tenu tête à Isner à Miami (7-6/7-6). Il s'est imposé à Antalya sous la canicule.
Klizan, Copil et Gunneswaran semblent un cran en dessous mais ce tournoi offre toujours des surprises. Ces trois joueurs ont des armes pour profiter d'une défaillance des favoris, surtout l'Indien qui est habitué à jouer sous la chaleur en Inde toute l'année.

Dans le deuxième quart de tableau, on devrait avoir des surprises avec des têtes de série abordables comme Sousa, Millman, Ruud ou Evans. Des bons joueurs mais entourés d'outsiders en méforme qui pourraient profiter de ce tournoi pour se réveiller. Johnson, finaliste l'an dernier et demi-finaliste en 2015, semble sous-coté sur ce tournoi. Haase et Kudla ne sont pas sans armes non plus s'ils retrouvent une bonne qualité de service.
Dan Evans est le joueur le plus en forme avec un quart à Atlanta et un 2ème tour à Montréal très sérieux face à Nadal. Le Britannique sort déjà d'une excellent saison sur herbe. Il a faim de titres et de victoires. Mais il existe le risque qu'il veuille se préserver pour New York...

Dans le troisième quart de tableau, Hubert Hurkacz pourrait faire son chemin. Le Polonais est clairement le joueur le plus régulier et le plus en forme sur dur cette saison. Il est en constante progression. Il lui manque une confirmation en terme de résultats puisqu'il n'a toujours pas disputé la moindre demi-finale sur le circuit ATP. Ce tournoi est peut-être le rendez-vous idéal. Il a le physique pour enchaîner ensuite l'US Open. Le Serbe Krajinovic avait été impressionnant en mars à Indian Wells et Miami en battant Goffin, Medvedev et Wawrinka. S'il a envie d'aller loin, il a toutes les qualités pour.
Entre ces deux joueurs, nous avons 4 outsiders qui peuvent mettre le désordre : Chardy, Tiafoe, Feliciano Lopez et Jarry. Le Français fera ses débuts sur dur cet été après être resté en Europe sur terre battue. Il vient donc prendre ses marques avant l'US Open. Sûrement avec beaucoup d'ambition.
C'est la même situation pour Nicolas Jarry, titré à Bastad et qui fait son retour sur le circuit après un mois de vacances. Quart de finaliste l'an passé, le Chilien n'est pas un spécialiste du dur mais il peut progresser. Il a déjà battu Cilic, Struff, Haase, Tiafoe, Norrie... S'il est en confiance, attention à lui.
Feliciano Lopez est passé à côté de sa tournée d'été avec des défaites face à Kecmanovic et Millman. Il bat par miracle Gregoire Barrère. Pas certain qu'il soit réellement le candidat idéal pour le titre. Il n'a joué qu'une seule fois en 2012 sur ce tournoi, battu au 2ème tour par Querrey.
Tiafoe jouera devant son public dans une ambiance surchauffée. Il n'a rien pu faire face à Medvedev et Bautista mais il a les qualités pour remporter ce tournoi comme il l'avait fait à Delray Beach. Il passe au travers de sa saison mais un réveil est possible avec ce joueur fantasque très puncheur.

Dans le dernier quart de tableau, on retrouve le favori du tournoi en la personne de Sam Querrey qui a déjà échoué trois fois en demi-finale sur ce tournoi. Il espère faire mieux cette saison pour remonter au classement (45ème mondial). Il était aux portes du top 10 en février 2018 à la 11ème place. Il n'a plus remporté de titres depuis deux ans.
L'Américain a été gâté par le tirage avec beaucoup de terriens (Ramos, Carballes, Monteiro), des joueurs en méforme (Shapovalov, Murray et Sandgren). Rublev est lui en pleine bourre tout comme Kecmanovic qui poursuit sa progression semaine après semaine.
Sandgren est sous-coté en raison de son bilan cette saison mais il est capable de se transformer rapidement.
Tout comme Thomas Fabbiano qui a une fausse image de terrien. Son bilan sur dur est équivalent à celui sur terre. Il a battu Auger, Opelka, Medvedev et Gilles Muller en 2016 lorsque le Luxembourgeois était encore bien classé.
S'il passe Rublev au premier tour, il tombe sur Ramos au 2ème tour... Puis Sam Querrey en 8èmes... Mais il a battu Karlovic à Wimbledon et il a été très bon face à Querrey à Eastbourne sur une surface qui avantage clairement l'Américain même si celui-ci revenait d'une longue absence...

Nos prévisions pour les quarts
Gunneswaran vs Sonego
Sousa vs Johnson
Tiafoe vs Hurkacz
Querrey vs Sandgren

Les outsiders sous-cotés
Fabbiano (200 contre 1)
Gunneswaran (65 contre 1)
Kudla (65 contre 1)
Sousa (50 contre 1)
Kecmanovic (40 contre 1)
Sandgren (40 contre 1)
Johnson (35 contre 1)