Tellement de choses ont changé en un an. Ce Auger/Shapo 2019 n’a plus gros chose à voir avec l’édition 2018. Il y a un an, Shapovalov était tête de série (28ème mondial) et Auger-Aliassime encore un inconnu éloigné du top 100 (117ème mondial). Felix n’avait à l’époque remporté que 4 matches sur le circuit principal et bien malin celui qui pouvait deviner qu’un an plus tard, c’est lui qui serait à 19 ans tête de série à l’US Open.

Difficile de parler d’une revanche ou d’un remake puisque sous la chaleur de New-York, Felix avait abandonné dans le 3ème set pour des problèmes cardiaques. Ils se sont retrouvés à Madrid en mai et cette fois, Felix avait disposé de Shapo assez facilement 6-2/7-6.

Après un premier semestre époustouflant où le circuit ne parlait que de lui, Auger a baissé de pied depuis Wimbledon et sa défaite face à Humbert en 3 sets. A mi-saison, c’est lui qui avait disputé le plus de match en 2019. Et quand on parle de coup de pompe, on parle de deux défaites face à Cilic à Washington et Khachanov à Montréal… La sortie de piste au 1er tour de Cincinnati face à Kecmanovic (6-3/6-3) est en revanche un peu plus inquiétante dans le contenu. Auger a eu des soucis sur son service cet été sur la tournée américaine : 46 doubles fautes en 67 jeux de service, 59% de réussite sur sa première balle et seulement 43% de points gagnés sur sa seconde. Alors que c’est sa qualité de service qui lui avait permis de briller en mars en battant Tsitsipas, Coric, Hurkacz et Basilashvili notamment. Il avait confirmé sur herbe en s’offrant Kyrgios, Dimitrov et encore une fois Tsitsipas…

De l’autre côté, on a un Denis Shapovalov qui fait une saison moyenne avec 18 victoires pour 19 défaites. Beaucoup d’irrégularité et de doute. Entre Miami et Winston Salem, le gaucher canadien a vécu un long périple avec 4 victoires pour 11 défaites. Mais en Caroline du Nord, il a retrouvé un peu de confiance en lui face à Sandgren, Kecmanovic et Rublev. Mais l’équilibre est fragile chez Shapovalov qui prend beaucoup trop de risques dans son jeu et offre trop de points à l’adversaire avec des fautes directes.

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Il était très étrange de voir Auger largement outsider de ce match. Finalement, sur ces dernières heures, les cotes se sont rééquilibrées et il semble difficile de sortir un vainqueur pour deux raisons. D’abord, il est compliqué d’anticiper l’aspect psychologique de cette rencontre. Les deux joueurs sont très proches et affronter un ami n’est jamais chose aisée sur le circuit. Deuxièmement, le résultat du match dépendra en grande partie de l’équilibre entre les coups gagnants et les fautes directes. Celui qui fera le moins de fautes tout étant très agressif aura forcément plus de chance de l’emporter.

Seul petit avantage pour Shapovalov, c'est qu'il a déjà ses marques à l'US Open puisqu'il avait atteint le 4ème tour en 2017 et le 3ème tour en 2018.

L’avis de Florent Serra
« Pour moi on peut avoir au moins 100 fautes directes dans ce match. Je ne m’attends pas particulièrement à un grand match même si sur le papier c’est alléchant. Shapovalov a peut-être repris confiance à Winston Salem mais il continue d’envoyer beaucoup de frappes dehors. Il joue un peu tout seul sur le court. Et Auger joue beaucoup moins bien en ce moment. Je le trouve moins performant au service notamment en seconde balle. Il a un problème pour mettre du lift et kicker sa seconde balle. Il a tendance à s’écrouler un peu dans sa gestuelle. Il fait beaucoup de doubles fautes. Ils se connaissent bien tous les deux. Il peut y avoir de la tension émotionnelle. Ce n’est jamais évident d’affronter un ami. C’est possible que l’on assiste à un match très moyen. C’est difficile de sortir un vainqueur potentiel. Au niveau du jeu, je trouve que le coup droit d’Auger peut bien se décaler lorsqu’il a du temps et surtout il peut agresser le revers de Shapovalov qui en défense a des difficultés à contrer. Il se met en barrage avec sa jambe gauche et il perd du temps pour défendre. Donc si Auger trouve une solution pour mieux servir en seconde balle et surtout arrive à agresser Shapovalov sur son revers comme il l’avait fait à Madrid, alors je donne un très léger avantage à Auger. »