"Nadal est une bête sur le court. Une machine. Il m'avait littéralement mangé à Montréal. Ce fut un match très difficile pour moi (6-3/6-0 pour Nadal). Son énergie était bien plus grande que la mienne. Plus le match avançait, plus il était dur, solide, rapide et puissant. C'est génial d'avoir vécu cette expérience en finale de Masters 1000. Je sais maintenant à quoi m'attendre. Je sais comment m'y préparer."

Ces propos de Medvedev sont un mélange d'impuissance et d'espérance. Evidemment il sait que battre Nadal serait un exploit retentissant mais il a montré beaucoup de qualités ce dernier mois. Surtout mentales et physiques. L'Espagnol lui a évidemment retourné l'éloge : "Merci Daniil pour ces compliments. C'est toujours agréable d'entendre les louanges de la part des autres joueurs. J'espère juste l'être dimanche (une bête). Je vais en avoir besoin face à Daniil. Il fait un été hallucinant. Mais toute sa saison en fait. Dès le début il avait commencé à très bien jouer en Australie."

En effet, le Russe avait atteint la finale à Brisbane, premier tournoi de la saison. Une finale perdue face à Nishikori non sans avoir battu Murray, Tsonga et Raonic auparavant. Trois joueurs toutefois pas à 100%. Il confirma ensuite à Melbourne avec une victoire sur Goffin et une défaite au 4ème tour face à Djokovic en lui prenant un set.

Nadal poursuit : "J'ai entendu par le passé qu'il n'était pas bon sur terre battue mais cette saison il a été incroyable. Il a fait des très gros matches et battu des grands joueurs en jouant un excellent tennis."

Demi-finaliste à Monte Carlo en battant Tsitsipas et Djokovic puis finaliste à Barcelone en battant Ramos et Nishikori. C'est la suite qui a été compliquée avec trois défaites consécutives face à Pella, Kyrgios et Herbert à Madrid, Rome et Roland Garros. Puis une saison sur herbe moyenne mais finalement nettement meilleure que ses précédentes avec 5 victoires pour 2 défaites face à Simon et Goffin.

Beaucoup prédisait une sortie de route précoce pour le Russe sur cet US Open après un enchaînement de trois finales inédites dans l'histoire du tennis (Washington, Montréal et Cincinnati). Mais le Russe a été plus fort que toutes les adversités : la fatigue, le public et ses adversaires. Chose rare, il va affronter pour la 4ème fois sur cette quinzaine new-yorkaise un gaucher. Après Gunneswaran, Feliciano Lopez et Koepfer, il va donc se frotter au meilleur d'entre eux : Rafael Nadal. "C'est inhabituel pour moi. J'ai dû jouer peut-être 3 gauchers depuis le début de saison." En réalité, le Russe a mal travaillé son sujet puisqu'il en a affronté déjà 7 cette saison pour un bilan de 5 victoires (Verdasco 2 fois, Klizan, Mannarino et Ramos) et 2 défaites (Pella et Nadal). "Maintenant, je vais jouer mon 4ème du tournoi. C'est incroyable et cela va m'aider bien sûr surtout que j'ai joué plein de styles de jeu différents. J'ai pris mes repères. Je ne pense pas que le public va encore me siffler dimanche. Je serai surpris. Mais si c'est le cas, je m'en servirai. Je le prendrais comme une énergie positive."

De l'énergie, il en faudra pour le Russe. Non seulement pour sauver ses mises en jeu (Berrettini a concédé 16 balles de break en demi-finale face à l'Espagnol) mais aussi pour aller embêter le Majorquin sur son service, ce que l'Italien a été incapable de faire : Nadal n'a perdu que 13 points sur son service dans tout le match !!!! Medvedev devra plutôt s'inspirer de Diego Schwartzman qui est le joueur qui a le plus gêné l'Espagnol cette saison sur dur avec 10 balles de break obtenues sur le service de Nadal dont 4 converties. Aucun autre joueur n'a autant perturbé le numéro 2 mondial sur ses mises en jeu. Pas même Kyrgios ou Djokovic qui sont pourtant les deux seuls à l'avoir battu en 2019 sur dur.

En fait Medvedev devra servir comme Kyrgios et retourner comme Djokovic pour espérer soulever son premier titre du Grand Chelem. Une mission qui semble sur le papier compliquée d'autant plus qu'il faudra aussi avoir un physique à 100% sous peine de céder sur la longueur du match. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, Nadal reste sur 9 défaites pour 6 victoires sur ses 15 derniers matches en 5 sets en Grand Chelem.

C'est la 27ème finale en Grand Chelem pour Nadal, la 5ème à New York.

Dernière petite info. Dans toute sa carrière en Grand Chelem, Rafael Nadal n'a perdu que deux fois face à un joueur né dans les années 90 : Kyrgios à Wimbledon en 2014 et Pouille à l'US Open en 2016. Pour 48 victoires.