Il fallait bien au moins une semaine de pause pour nous remettre de nos émotions après une quinzaine new-yorkaise aux rebondissements et coups de tonnerre quotidiens. Après cette finale de presque 5 heures qui aura sacré pour la 19ème fois en Grand Chelem Rafael Nadal face à un Daniil Medvedev qui a su élevé son niveau de jeu à la hauteur du Big Three cet été, la fin de saison approche à grands pas. Malgré quelques évènements comme les Rolex Masters de Shanghai et Bercy ou les Nitto ATP Finals de Londres, le gros de la saison du circuit professionnel est déjà derrière nous.

On souhaitait donc vous présenter 5 jeunes joueurs qui ont intégré le top 100 cette saison. Une rétrospective axée sur leur ascension et leurs progrès fulgurants qui ont impressionné pour certains la planète tennis. Portraits de ces jeunes pépites qui ont franchi cette barre symbolique du top 100, si convoitée par les joueurs de tennis professionnels.

Nous allons commencer avec l'Australien Alexei Popyrin puis prendre la direction de la Corée pour partir à la rencontre du méconnu Soonwoo Kwon. Nous reviendrons ensuite dans l'hexagone pour décrypter l'évolution de Corentin Moutet. Cap enfin sur le nord avec le Norvégien Casper Ruud avant suivre les pas de l'ancien numéro un mondial junior, le Serbe Miomir Kecmanovic.

Le choix de ces 5 joueurs est totalement arbitraire. Nous aurons sûrement l'occasion à l'intersaison de partir à la découverte d'autres jeunes membres du top 100.

Actuellement sur le circuit, quand on pense au tennis australien, on pense à Kyrgios, son talent et ses frasques. Hier, on pensait plutôt à Pat Rafter, Lleyton Hewitt ou Mark Philippoussis. Demain on pensera certainement à De Minaur mais aussi à Alexei Popyrin qui apparaît comme un élève discret comparé aux autres jeunes élèves à fort caractère de sa génération dont certains sont mis en avant par leur excentrisme plutôt que par la qualité de leur jeu. Membre du team Mouratoglou, Popyrin est entraîné par Philipp Wagner qui apprécie sa volonté et sa détermination au quotidien : "Il ne se plaint pas et refuse jamais un exercice que je lui demande de faire. Parfois même il me demande d’en faire encore plus."

147ème mondial en début de saison, c'est grâce à cet état d'esprit qu'il a pu intégrer le top 100 : "Au début de l’année, l’objectif était de se classer dans le top 100 le plus rapidement possible. Cela ne m’a pris finalement que six mois. Entrer dans le top 100 montre simplement que je travaille dur et que je suis resté positif. Je me sens de plus en plus à mon aise sur le circuit. Je souhaite maintenant briller en Grand Chelem. Le travail ne s'arrête jamais, il est même de plus en plus dur."

Dès le mois de janvier à Melbourne, Alexei Popyrin avait remporté sous les yeux de son sélectionneur Lleyton Hewitt ses deux premières victoires en Grand Chelem face à Mischa Zverev et Dominic Thiem sur abandon : "C'était fantastique pour lui de remporter sa première victoire en Grand Chelem à Melbourne devant ses supporters. Mais il ne voulait pas s'arrêter là. Et face à Dominic Thiem au tour suivant, il a été impressionnant de jouer comme il l'a fait. J'ai maintenant la conviction qu’il peut arriver à la hauteur de ces gars dans le futur." Forcément, les compliments de l'ancien numéro un mondial ont touché le jeune Alexei : "C'est quelqu'un que j'admire. Il est l'un des plus grands joueurs de ce sport. C'est génial de l'avoir à mes côtés. C'est un rêve devenu réalité." En effet, en 2008, Hewitt affrontait Baghdatis à Melbourne avec dans les tribunes un petit garçon âgé de 9 ans qui espérait un jour fouler ces mêmes courts et suivre les pas de son idole.

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Mais Popyrin s'est aussi entouré durant la saison sur herbe d'une autre légende du tennis australien, Pat Cash, ancien numéro 4 mondial et vainqueur de Wimbledon en 1988 : "Il a fait un excellent travail dans de nombreux domaines. C’est un athlète exceptionnel, cela ne fait aucun doute. Et il est très bon sous pression. Ce sont deux choses très importantes pour moi. Le reste, notamment la technique, vous pouvez travailler et l'améliorer. Mais si vous savez bien jouer sous pression naturellement, c'est un bonus énorme. Pour moi, il a une chance de faire un long chemin même si la pression va monter pour lui en progressant au classement. Il a évidemment un gros service, un grand coup droit, tout le monde le sait. Mais il faut avoir plus que cela. Nous avons profité de cette période sur gazon pour développer les autres aspects de son jeu et il s’est très bien débrouillé. Il développe un jeu complet. Il ne se fait pas d’illusions sur la difficulté d'atteindre le plus haut niveau. Il travaille dur, il sait que chaque match est difficile. Mais il a compris qu'il devait planifier son parcours et sa progression. C’est très difficile pour les jeunes joueurs et les parents de penser à long terme. Il a la chance d'avoir de bonnes personnes derrière lui qui l'aident à comprendre que cela peut prendre du temps d'atteindre le très haut niveau."

Alexei Popyrin est désormais 91ème mondial et 11ème à la Race de la NextGen. Seuls les 7 premiers participeront au tournoi de Milan (une wildcard est attribuée à un Italien pour compléter le tableau final). Mais en espérant que Tsitsipas aille au Masters de Londres, Popyrin n'est qu'à 175 points d'Ugo Humbert, actuellement le dernier qualifié virtuellement.

Petite anecdote : "Une fois, je suis allé dîner avec quelques amis et après le dîner, quelques personnes m'ont arrêté et j'ai pris des photos avec eux dans la rue. Ce fut une nouvelle expérience pour moi. J'ai aimé." Il va devoir s'habituer à ces petites scènes. Enfin, on lui souhaite.

Les infos à retenir
1er Australien depuis 1968 à remporter Roland Garros en junior (2017)
11 victoires sur le circuit ATP
6 victoires en Grand Chelem pour 5 défaites
Meilleure performance : quart de finale à Atlanta en 2019
1 titre en challenger sur dur en août 2018

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