Après Alexei PopyrinSoonwoo Kwon, Corentin Moutet et Casper Ruud, dernier épisode de notre série des jeunes qui ont franchi le cap du top 100 cette saison avec Miomir Kecmanovic.

Kecmanovic a commencé à jouer au tennis à l'âge de 6 ans. Il s'ennuyait lors d'un voyage en famille au Mont Zlatibor resort en Serbie donc ses grands-parents l'ont emmené sur un court de tennis. Quelques années plus tard, il gagnait ses premiers tournois et rêvait de devenir joueur de tennis professionnel. Au moment, un agent basé à Vienne, Alexei Nikolaev, le découvre lors d'un tournoi à Moscou en 2013. Alors que Kecmanovic souffrait du cou et était incertain pour le tournoi, il a finalement réussi à le remporter. Quelques mois plus tard, Kecmanovic déménage à 14 ans en Floride pour s'entraîner à temps plein à l'Académie IMG.

José Lambert, le patron de l'académie, voit tout de suite le potentiel du jeune garçon : "Kecmanovic a des capacités similaires aux joueurs du top 100. S'il reste en bonne santé et suit le programme complet, il n'y a aucune raison qu'il n'arrive pas à suivre les pas de Michael Mmoh, le meilleur joueur de l'académie." Il est évident que vivre à 5 000 kilomètres de sa famille n'est pas facile mais il garde un contact quotidien avec ses parents, tous les deux chirurgiens à Belgrade. Pour faciliter son adaptation, Kecmanovic intègre une école pour apprendre l'anglais qu'il parlera couramment au bout d'un an : "Il est évident que mes parents n'étaient pas très heureux de me voir partir si loin si jeune mais ils savaient que c'était une opportunité immense pour devenir un bon joueur de tennis."

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C'est à ce moment-là que Kecmanovic fait la connaissance de Novak Djokovic. Nous sommes en 2016, le numéro un mondial a déjà 12 titres en Grand Chelem au compteur. Les deux joueurs s'entraînent ensemble et Djokovic conseille le jeune Serbe sur son jeu. Mais l'intérêt de Kecmanovic pour Djokovic va au-delà de leur ville natale commune : "J'aime comment il joue. J'aime son style. J'admire sa force mentale. Quand tout est contre lui, il peut toujours trouver ce petit supplément d'énergie pour gagner et prouver qu'il est le meilleur."

Un quart de finale à Indians Wells, une finale à Antalya et un 3ème tour à Cincinnait : son bilan s'élève à 20 victoires pour 15 défaites en 2019. L'ascension a été fulgurante pour l'ancien numéro un mondial junior puisqu'il n'avait pas remporté le moindre match sur le circuit ATP avant cette saison. S'il arrivait à dominer tous les joueurs de sa génération il y a quelques années (Auger, Tsitsipas, Shapovalov, Humbert, Ruud, Popyrin, Rublev, Tiafoe), il a eu beaucoup de difficultés à franchir le cap du circuit professionnel. Après un premier titre challenger fin 2017 en battant Radu Albot en finale, le déclic est venu un an plus tard avec une demie, une finale et un titre sur la tournée challenger en Chine. Ces résultats le propulsèrent aux portes du top 100 pour entamer 2019 (131ème). Et Miomir Kecmanovic confirma d'entrée son potentiel lors de la tournée australienne avec des victoires sur Taro Daniel et Leo Mayer.

Mais il faudra attendre le mois d'août pour voir le Serbe signer sa première victoire référence sur le circuit. Un succès 6-3/6-3 face à Auger-Aliassime dans l'Ohio : "Cette victoire signifie beaucoup pour moi. C'est une grosse victoire. J'en avais besoin mentalement juste pour savoir que j'étais capable d'élever mon niveau de jeu et rivaliser avec le top 20 mondial. Forcément, cela va m'aider pour mes prochains matches. Je me sens vraiment bien sur le court, je suis très solide et j'espère que ça va continuer." En effet, le match d'après, il va faire encore mieux en s'offrant son premier top 10 face à Zverev.

Kecmanovic est un joueur complet capable de briller sur toutes les surfaces. Son jeu n’est pas basé sur une stratégie offensive mais plutôt attentiste, un peu dans le style de Novak Djokovic. Il renvoie très bien, il est très à l'aise lorsque les échanges durent, il fait très peu de fautes directes. Sa taille (1m83) l'empêche de faire de son service une arme principale mais il compense par une forte mobilité. Il n'est pas très puissant et a donc des difficultés à faire des coups gagnants (17 contre Djere à l'US Open ou 22 à Roland Garros contre Goffin). Depuis sa défaite à Halle face à Khachanov, le jeune Serbe a remporté 13 matches pour seulement 7 défaites. Cela lui a permis d'intégrer le top 50 (47ème mondial) la semaine dernière.

L'avis de Florent Serra : "Kecmanovic n'a une frappe de balle meilleure que d'autres mais c'est le genre de joueurs qui a beaucoup de confiance en lui et il ne se pose pas beaucoup de questions sur le court. Il a des objectifs assez élevés et il ne va pas s'arrêter parce qu'il vient d'intégrer le top 50. Il commence à prendre beaucoup d'expérience. Mais il n'a pas un énorme gabarit. Il rend 15 centimes à Popyrin par exemple. Il est solide du fond du court. Il aime bien jouer en coup droit. Il peut s'installer dans le top 50. Il est formaté pour continuer à progresser. Il est très solide mais il n'a pas un énorme coup pour faire mal."

Les infos à retenir :
- 1ère victoire sur le circuit ATP en 2019
- 7ème mondial à la Race de la NextGen (joueurs nés à partir de 1998)
- 3 victoires en Grand Chelem (toujours stoppé au 2ème tour)
- 2 titres en challenger et 3 titres ITF
- Finaliste de l'US Open junior en 2016 (battu par Auger)

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