En 2002, Pete Sampras remportait son 14ème Grand Chelem, un record sous l'ère Open. Il semblait difficile d'imaginer qu'un joueur puisse dépasser voire égaler le palmarès de l'Américain. 17 ans plus tard, ce ne sont pas un mais trois joueurs qui ont dépassé Pete Sampras : Roger Federer (20), Rafael Nadal (19) et Novak Djokovic (16). Et ces trois légendes s'accordent pour dire que leurs performances les ont poussé à se transcender et amener cette compétition à trois vers les sommets.

A 38 ans, Roger Federer ne compte pas s'arrêter là. Il éprouve encore une profonde satisfaction à jouer au tennis 20 ans après ses débuts sur le circuit professionnel. A quelques jours de Laver Cup qui débutera vendredi à Genève, le Suisse s'est exprimé auprès de notre confrère allemand Simon Häring, journaliste à l'Aargeuer Zeitung.

Ses douleurs au dos
"J'ai été surpris de sentir la douleur pendant presque dix, douze jours. Je pensais que je ne le sentirais que pendant deux ou trois jours. Ça doit être l'âge [rires]. Je n'ai pas cherché à la soigner. Je l'ai laissé guérir seule. Je ressens toujours cette gêne mais très très peu. C'est juste une question de temps. Quoi qu'il en soit, je me sens prêt à jouer autant que nécessaire à la Laver Cup."

Le 19ème Grand Chelem de Nadal
"C'est un exploit incroyable pour lui de remporter deux tournois du Grand Chelem cette année. Il n’a pas eu la vie facile ces dernières années avec ses blessures. Il a dû changer quelque chose parce qu'il n'allait vraiment pas bien à Monte Carlo. Je ne suis jamais surpris parce que je sais de quoi il est capable. Par rapport au record, j'ai été heureux d'être le premier à battre le record de Pete Sampras. Personne ne peut me prendre ça. Si Nadal et Djokovic parviennent eux aussi à me dépasser, c'est comme ça. Ce n'est pas un problème. Logiquement, je pourrais dire: "Je veux tout pour moi", mais ce n'est pas réaliste. C'est déjà une profonde satisfaction de jouer aussi longtemps. Il n'y aucune tension avec Rafa par rapport à ce record. Nous nous entendons très bien et sommes même heureux l'un pour l'autre. Bien sûr, je voudrais garder mon record pour toujours. Mais l'objectif était de battre Pete Sampras, le reste c'est du bonus. Le respect entre Nadal et moi est quand même énorme."

Les JO de Tokyo
"J'ai discuté avec Mirka et mon staff. On doit réfléchir à comment s'organiser. Je vais certainement prendre une décision dans les prochaines semaines."

L'ATP Cup
"Je vais la jouer avec Henri Laaksonen. D'après ce que je sais, Stan ne peut pas la jouer parce qu'il ne s'est pas inscrit, ce qui est dommage bien sûr. Je ne sais pas s'il peut s'inscrire plus tard. Mais je prévois que Stan ne sera pas là, malheureusement."

L'intersaison
"Je vais participer à une tournée d'exhibition en Amérique Latine. Je n'y suis pas allé depuis 2012 avec Juan Martin Del Potro en Argentine. C'est une ambiance incroyable. Je voulais y retourner et jouer dans la plus grande arène du monde à Mexico devant 42.000 spectateurs. Je vais aussi jouer en Argentine, en Colombie et au Chili. Je vais prendre ensuite 2 semaines de vacances. Je vais donc avoir peu de temps pour me préparer physiquement pour démarrer la nouvelle saison. Mais ce n'est pas un problème si je ne suis pas prêt pour l'ATP Cup. Mon objectif c'est l'Open d'Australie."

Le Big Three à la Laver Cup
"C'était passionnant de passer une semaine avec Rafa en 2017 et voir à quel point son intensité est intense. Comment parvient-il à se détendre en dehors des matches ? Comment réalise-t-il cet équilibre? Parce que si tu ne peux pas faire ça, tu deviens fou. Quand il a fini l'entraînement, il est décontracté. L'an dernier avec Novak aussi. Il a son côté détendu, ainsi que son côté sérieux. Nous sommes tous très similaires. Pour réussir, il faut l'avoir. Nous jouons tellement de matches dans une saison. Ce n'est pas comme la boxe où vous avez un ou deux combats par an. Ce qui m'a le plus impressionné chez Djokovic, c'est sa détermination sur la manière dont il veut gagner. Il sait à l'avance comment il va jouer pour arriver à la victoire."