Borna Coric a été l'un des joueurs les plus précoces de l'histoire du tennis en s'offrant à 18 ans deux succès majeurs face à Rafael Nadal et Andy Murray. Très tôt, dès 2013, à l'âge de 16 ans, il s'illustrait en junior avec un titre à l'US Open et deux demies à Roland Garros et Melbourne. Cette ascension l'a mené cet été aux portes du top 10 (12ème mondial) mais paradoxalement, le jeune Croate réalise un 2ème semestre très moyen, perturbé par les blessures.

Début septembre, Borna Coric a même mis fin à sa relation avec Riccardo Piatti, le célèbre entraîneur italien à l'origine des succès de Ljubicic, Djokovic et Raonic : "“C'est certain que la récente collaboration entre Riccardo et Maria Sharapova n'a pas aidé à résoudre nos divergences mais plutôt empiré la situation. C'est l'une des raisons principales. Il est sur plusieurs projets en même temps et ne pouvait plus s'occuper de moi à temps plein. La fin de notre collaboration était la meilleure option."

Borna Coric avait débuté sa collaboration avec le génie italien en décembre 2017. A l'époque, le Croate était 48ème mondial et n'était pas encore entré dans le top 30. Sa progression était constante depuis 18 mois. C'est un vrai coup d'arrêt dans la carrière du Croate qui doit désormais trouver un nouveau mentor. En attendant, il travaille avec Antonio Veic qui avait rejoint son staff en avril dernier. On le voit ici aux côtés de Coric et Piatti.

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Après son abandon à Halle face à Herbert pour des douleurs au dos, Borna Coric a rechuté à New York et dû quitter le tournoi avant son 2ème tour face à Grigor Dimitrov. Cela explique en partie ses résultats moyens depuis son quart de finale à Monte Carlo. Mais on peut aussi tourner le problème dans l'autre sens. Après un début de saison de grande qualité (4ème tour à Melbourne, demie à Dubaï, quarts à Miami et quarts à Monte Carlo), peut-être que le Croate a commencé à ressentir la pression qui entoure le statut du top 10 mondial. Peut-être aussi que le conflit avec Riccardo Piatti est né de cette nouvelle pression et que ces tensions avec son coach ont entraîné ces blessures. Même s'il a gagné en humilité depuis, rappelons ces quelques mots prononcés par Coric en 2015 : "Quand je joue à mon meilleur niveau, je vaux un Djokovic, et quand je n’y suis pas, je suis plus comme Murray."

Désormais, Borna Coric doit se concentrer sur des choses simples mais régler à la fois l'aspect physique et l'aspect mental quand on n'a plus d'entraîneur pour nous aider sur l'aspect tactique, forcément les choses se compliquent... Cette saison, il n'a battu qu'un top 20 pour 3 défaites et compte seulement 50% de victoires face au top 50. Depuis sa victoire face à Kyrgios à Miami en mars, Coric n'a obtenu qu'une seule victoire de référence face à Auger à Rome. Sinon il s'est incliné face à Fognini, Pouille, Federer, Struff, Mannarino à deux reprises, Herbert, Caruso et Opelka... Pour la première année depuis ses débuts en pro, il n’a pas encore disputé de finale sur le circuit ATP.

Borna Coric n'est pas réputé pour ses talents en indoor. Il n'a remporté que 12 victoires pour 28 défaites sur le circuit ATP en carrière. Sa dernière et unique demi-finale remonte à 2014 à Bâle. Depuis cette date, son bilan indoor est peu reluisant : il a perdu 8 fois dès son entrée en lice, 7 fois dès son 2ème match et seulement une fois il atteint les quarts de finale (Vienne 2018). 

Pour ses débuts à St-Petersbourg, il affronte le Hongrois Martin Fucsovics qui n'est pas non plus à son meilleur niveau ces derniers mois. A son meilleur classement en début de saison (31ème), il est redescendu à la 66ème place mondiale en raison d'une série de 4 défaites consécutives sur terre battue en mai et d'une autre série de 7 défaites en 9 matches cet été. Son premier tour a été poussif avec un premier set remporté 7-5 en étant mené 5-2 par le Russe Vatutin (197ème mondial). Le côté positif est qu'il a été capable de remporter 11 des 12 derniers jeux du match. Il arrivera donc avec un moral regonflé à bloc et avec un petit peu de repère sur ce 2ème tour. Contrairement à Coric, le Hongrois est un très bon joueur en indoor où il peut imposer la puissance de ses frappes. Le point fort de Fucsovics est sûrement son physique d'athlète qui lui permet d'être vif, rapide, explosif, agile et de contrer les attaques adverses. A titre de comparaison, il mesure la même taille que Djokovic (1m88) mais compte 5 kilos (de muscle) en plus.

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Les bookmakers ont malgré tout placé Coric en favori de ce match. Pas certain que ce statut soit justifié dans ce contexte sur un tournoi indoor. Fucsovics va lui imprimer un rythme en cadence avec une grosse intensité. Le Hongrois peut mettre beaucoup de variété dans son jeu avec des balles courtes croisées, des frappes puissantes long de ligne et n'hésite pas à monter au filet pour finir les points. Il a un style de jeu qui peut gêner un Coric qui n'est pas à 100% sur une surface où il a peu de références. La seule chance de Coric c'est que le Hongrois craque mentalement. Parce que c'est là son point faible cette saison. Il a perdu 9 de ses 10 derniers matches lorsqu'il a concédé au moins un set. Sa seule victoire est contre Denis Novak à Wimbledon.