Il y a un an, Ugo Humbert n'était que 108ème mondial et assez méconnu du grand public avec seulement une victoire sur le circuit principal à l'US Open face au 345ème mondial. En revanche, en Moselle, terre natale du jeune homme, on ne ratait déjà rien de ses aventures sur le circuit challenger.

Un an plus tard, c'est un peu comme une star qu'il est attendu par ses amis, ses proches et ses supporters dans les Arènes du Moselle Open. Déjà parce qu'il est 65ème mondial, pas rien à seulement 21 ans. Mais surtout parce que l'image et le style de jeu d'Ugo Humbert plaît beaucoup. Très discret et humble en dehors du court, il montre un visage beaucoup plus affirmé et offensif raquette en main. Et cela séduit les amateurs de tennis.

Cette saison, Ugo Humbert a franchi un vrai cap dans sa carrière : demi-finaliste à Marseille en février, en 2ème semaine à Wimbledon et demi-finaliste à Newport en juillet. Il n'a pas hésité à retourner en challenger après l'US Open où il a pu rajouter un titre à son palmarès à Istanbul. Le Messin est le meilleur Français parmi la nouvelle génération née après 1995 et il compte briller cette semaine dans sa ville. Après une sortie de route en qualifications en 2017, il s'était incliné au 2ème tour l'an passé face à Basilashvili. Cette fois, il espère atteindre a minima les quarts de finale : "dans mon état d'esprit, quand je joue un tournoi, c'est pour le gagner. C'est vrai que j'ai un autre statut maintenant. Je suis capable de battre de très bons joueurs surtout que je suis très heureux de revenir ici, ce sont des conditions de jeu que j'aime. Tous les ans, je venais voir les matches. J'étais comme un dingue petit, un vrai fan. Ça m'a inspiré. J'ai toujours voulu jouer sur ce court central que j'adore. Je me sens hyper bien. C'est vraiment de la pression positive. Je sais que les gens sont là pour me soutenir. Après c'est jamais facile de gagner un tournoi. Même en challenger la semaine dernière à Istanbul, je n'ai pas eu de matches faciles. Je dois avancer match par match et tout se jouera sur des détails."

Sur ce premier tour, il affronte l'Allemand Yannick Maden (129ème mondial), plutôt un joueur de challenger qui n'a pas une grande expérience sur le circuit ATP mais toujours difficile à manoeuvrer. Maden a été capable de battre Benoît Paire l'an dernier à Metz et Adrian Mannarino à Sofia cette saison. Et Gilles Simon n'avait pu s'imposer qu'au tie-break du 3ème set face à lui à Montpellier début 2018. A 29 ans, Maden a presque 120 matches en indoor dans la raquette. Cette saison, il s'est incliné en finale face à Barrère à Lille et encore en finale à Drummondville face à Berankis. Le même Berankis l'avait déjà éliminé en demi-finale à Rennes et en fin de saison dernière, il avait perdu en finale face à Elias Ymer au Mouilleron.

Ugo Humbert a donc toutes les raisons de se méfier de ce joueur d'1m85 plutôt léger (70kg) très difficile à prendre de vitesse. Il commet très peu de fautes et n'hésite pas à prendre sa chance dans les échanges pour marquer quelques coups gagnants. Comme tous les joueurs de ce niveau, c'est l'irrégularité qui les empêche de franchir le cap du top 100 mais en tournoi ATP 250, la frontière est poreuse avec le circuit challenger et c'est typiquement le genre de contexte où des surprises sont possibles. On l'a vu avec Matthias Bachinger l'an dernier qui est arrivé en finale à Metz en étant 166ème mondiale. Ou encore avec le Bosnien Basic vainqueur du tournoi de Sofia en 2018 en étant 129ème mondial. On peut aussi parler de Brayden Schnur, 154ème mondial en février, et finale du tournoi indoor de New York.

Battu par Maden à Lille en 2018 en 3 sets, Ugo Humbert s'en méfie : "C'est un bon joueur, un métronome du fond du court, plus à l'aise en revers qu'en coup droit. Je vais jouer mon jeu, essayer de trouver de l'agressivité pour essayer de le pousser à la faute parce qu'en ce moment, je me sens bien. Il faudra sortir un gros niveau de jeu pour le battre."