Parmi les matches indécis du premier tour du tournoi de Zhuhai, on peut pointer ce duel entre l’Espagnol Albert Ramos (46e) et la Japonais Yoshihito Nishioka (58e).

C’est le premier duel entre les deux hommes sur le circuit ATP. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le duel s’annonce très intéressant. D’un côté, on a Ramos qui est retourné sur terre battue après son élimination au 1er tour de l’US Open face à Gaël Monfils fin août. Il vient de disputer 8 matches sur ocre en challenger en signant deux demi-finales. À Gênes d’abord où il a été éliminé par son compatriote Davidovich Fokina. À Szczecin ensuite où il a subi la loi de l’Argentin Andreozzi. Si ces deux résultats peuvent paraître bons à première vue, ils s’avèrent finalement un peu décevant puisque Ramos se présentait comme tête de série N°2 à Gênes et N°1 à Szczecin. Spécialiste de la terre battue, Ramos éprouve plus de difficulté sur dur où il reste sur trois défaites de rang. À sa décharge, c’était contre Gaël Monfils, Andrey Rublev et John Isner, des sacrés clients sur cette surface. Après un premier semestre très compliqué qui l’a vu sortir l’espace d’une semaine en dehors du top 100, Albert Ramos a réalisé un été exceptionnel sur terre battue avec 15 victoires en 18 matches en l’espace d’un mois dont un titre à Gstaad et une finale à Kitzbühel. Ce qui lui a permis de bien remonter au classement. Mais son bilan sur dur en carrière est globalement négatif avec seulement 37% de victoires en carrière et seulement 7 victoires pour 28 défaites sur les deux dernières saison face au top 100.

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De l’autre côté, Nishioka n’a plus foulé un court depuis près d’un mois et son élimination au 2e tour de l’US Open face au vétéran Espagnol Féliciano Lopez. Une contre-performance pour le Nippon qui avait impressionné sur la tournée américaine. À Washington d’abord où il avait sorti David Goffin avant d’être éliminé en huitièmes par le futur lauréat du tournoi, Nick Kyrgios. Mais surtout à Cincinnati où il avait atteint les quarts de finale en sortant successivement John Millman et Joao Sousa en qualifications avant de battre Jordan Thompson au 1er tour, puis, surtout, Kei Nishikori et Alex de Minaur en 2 sets, et finalement déclarer forfait (victime d’une intoxication alimentaire) pour son quart de finale où l’attendait David Goffin.

Le plateau est très relevé pour ce tournoi (Tsitsipas, Bautista, Coric, Monfils, Murray, Kyrgios, Pouille, De Minaur notamment). Nishioka, lauréat du tournoi de Shenzhen l’an dernier, a 250 points à défendre pour rester proche du top 50. Il a donc une petite pression. Son rendement sur dur est largement supérieur à celui de l’Espagnol. Il est logiquement favori de cette rencontre mais s’il manque de rythme, il pourrait souffrir face à un arpenteur de la trempe de Ramos dont les qualités physiques risquent de poser problème à Nishioka.

On a vu que Ramos gagnait très peu sur dur. Mais le constat est tout autre lorsqu’il évolue en Chine. En effet, depuis 4 ans, il compte 29 victoires pour 43 défaites sur dur (40%) dont 13 victoires pour 9 défaites en Chine (60%) mais surtout parmi les 43 derniers tournois qu’il a disputés, Ramos a atteint seulement trois fois les quarts de finale : 3 fois en Chine. Il y a eu sa finale à Chengdu en 2016, la seule de sa carrière sur dur. Ensuite, il a atteint les quarts au Masters 1000 de Shanghai en 2017 (il avait déjà joué le 3ème tour en 2015). Enfin, l’an dernier, il avait perdu en quarts à Shenzhen face à Pierre-Hugues Herbert. Ramos aime donc la Chine…

Les principales victoires de Ramos en Chine : Federer, Cilic, Querrey, Dimitrov, Thiem, Struff, Carreno, Sousa...

Interview du coach d'Albert Ramos, José Maria Diaz : "J'essaie toujours de trouver de nouvelles méthodes d'entraînement. La principale raison qui explique notre longue relation, mis à part la relation personnelle qui nous unit et la confiance que nous avons l'un pour l'autre, c’est le changement que nous avons apporté grâce à notre travail. Ce que nous avons fait il y a dix ans et ce que nous faisons maintenant n'a rien à voir, nous nous sommes réinventés en copiant, en observant et en nous faisant aider par des personnes qui ont apporté des idées à améliorer. Je ne suis pas le genre d'entraîneur qui pense tout savoir. Nous avons toujours essayé d'être plus ambitieux, mais les résultats ne dépendent pas de l'ambition que vous avez, c’est une combinaison de plusieurs aspects. Le meilleur est à venir. Sur dur, nous avons battu Federer à Shanghai en 2015 mais aussi Cilic et Nishikori."