Une belle opposition nous est proposée ce jeudi à Zhuhai entre le jeune De Minaur et le charismatique et bien plus expérimenté Sir Andy Murray, qui suite à son match face à Sandgren a remporté un match en simple sur le circuit principal pour la première fois depuis le 1er janvier à Brisbane face à Duckworth. Éloigné des terrains depuis bientôt deux ans suite à des graves problèmes à la hanche, l’Écossais semble revenir petit à petit. Après un passage à Cincinnati et Winston Salem, il était parti prendre du temps de jeu au challenger de Majorque invité par Rafael Nadal, pendant que toutes les caméras du monde étaient braquées sur Flushing Meadows. Dans l'ombre, l’ancien numéro un mondial travaille dans son coin avec un mot d'ordre, le plaisir, et un seule objectif : retrouver des sensations. Mais ne lui parlez pas d'ambitions, de titres ou de top 10. Il sait bien que le chemin sera long avant de pouvoir lutter avec le plus haut niveau.

Le jeune prince, Alex De Minaur va défier l’ancien Roi Murray pour la première fois. Ils auraient dû se retrouver à Washington l'été dernier mais le Britannique avait déclaré forfait. Comme de nombreux joueurs de son âge (20 ans), l'Australien alterne le bon et le moins bon : si on s’arrête à son bilan sur dur cette année (20 victoires pour 8 défaites), le jeune Australien fait une belle saison puisqu'il a remporté ses deux premiers titres en carrière. Mais si on creuse, on se rend compte qu’il a perdu trop de matchs qu’il devait remporter : 10 défaites sur ses 20 derniers matches lorsqu'il était favori. En cause, une certaine fébrilité mentale ou simplement des trous d’air dans son engagement comme face à Evans à Cincinnati ou encore Gojowczyk à Washington… Des adversaires à sa portée qui finissent par le dominer et c’est dommage. Espérons qu’il progresse sur ce plan-là. Moins technique que Murray, l’Australien devra prendre le jeu à son compte et faire courir Murray afin de le pousser dans ces retranchements et être habile au service face à un tel retourneur. Mais surtout, De Minaur va devoir profiter des quelques balles courtes du Britannique, ce que n'a pas réussi à faire Sandgren au 1er tour.

Comment résumer la saison de Murray ? Très courte avec seulement 6 matches sur le circuit principal en raison de sa blessure. De nombreuses interrogations étaient présentes quant à ses capacités physiques après son opération de la hanche. Pour le moment, Murray ne ressent aucune douleur. Auteur d’un match sérieux face à Tennys Sandgren, qui l’avait battu il y’a de cela quelques semaines à Winston Salem, on peut donc se dire que Murray va mieux. En tout cas, physiquement, il a tenu malgré une impression constante d'être au bord de l'abandon. Mais peut-être joue-t-il de sa situation... Lors d'une conférence de presse avant le tournoi de Zhuhai, Andy Murray s’était confié au sujet de son retour et du niveau qu’il espérait atteindre. Selon lui, il serait « un peu naïf » et « idiot » de penser qu'il puisse redevenir dans le futur le joueur qui s'est hissé au premier rang mondial et a remporté trois titres du Grand Chelem. « Honnêtement, je ne m'attends pas à revenir à mon meilleur niveau » .Il a même ajouté au sujet de ses capacités physiques et du tennis pure : « J'ai l'impression qu'au tennis, je peux encore rivaliser au plus haut niveau en termes d'habileté, il s'agit juste de savoir si physiquement je peux atteindre un niveau assez élevé pour être compétitif. J'ai encore beaucoup de chemin à faire à cet égard, je ne sais pas exactement où se trouve le point final ». Le talent il l’a , tout comme la rigueur nécessaire pour un sportif de haut niveau. C’est paradoxal, mais la seule inconnue se situe en lui, au niveau de sa hanche et d’une prothèse métallique, qui permet à l’ancien numéro un mondial de refouler les courts. Si certains joueurs paraissent déprimé à l’idée d’une retraite, ce n’est pas le cas de Murray qui a assuré qu’il « [attend] donc avec impatience le moment où [ il arrêtera] de jouer, un jour ou l’autre ». Dans la tête, tout va bien, maintenant espérons que les pépins physiques le laissent tranquille. Pour lui, pour nous et pour le tennis.