Belle affiche entre Pouille et Nishioka qui se sont déjà affrontés une fois à Brisbane en 2016 dans un match en trois sets d’une intensité surprenante dans lequel Lucas Pouille avait su venir à bout de son adversaire malgré son statut d'outsider à l'époque. Beaucoup de chemin a été parcouru pour ces deux joueurs : le nippon n'avait pas encore fait son entrée dans le top 100 et le Français attendait de disputer sa première finale en carrière sur le circuit ATP. Malheureusement pour le japonais, une longue et douloureuse blessure aux ligaments croisés l’éloignera des terrains pendant presque un an, entre 2017 et 2018. Mais à son retour, il s’adjugera son premier titre à Shenzhen face à Pierre Hugues Herbert, ce qui est encore aujourd’hui sa seule finale sur le circuit principal.

Lucas Pouille a lui été épargné par les blessures et fait son entrée dans le top 20 grâce notamment à un quart à l'US Open ou encore une demie à Melbourne. Malgré une belle saison 2018, Lucas s'est mis la pression avec son statut de numéro un français. Son année 2019 apparaît vraiment morne (24 victoires pour 22 défaites) avec énormément de mauvais résultats et d’éliminations précoces (10 défaites au premier tour en 20 tournois disputés). Lucas a même été contraint de se relancer en challenger à Bordeaux pour retrouver de la confiance et du temps de jeu. Son mariage mi-septembre a-t-il relancé le Nordiste ? En tout cas, son niveau de jeu s'est amélioré sur ces 3 dernières semaines avec trois matches convaincants à Metz face à Sonego, Krajinovic et Tsonga confirmés sur ce premier tour à Tokyo face à Hurkacz. Quand Lucas Pouille trouve le bon dosage entre prise de risque et patience avec une réussite dans ses frappes de balle et une bonne qualité de première balle, il est forcément très difficile à battre.

Sur le plan technique de cette confrontation, on est face à deux joueurs aux appétences et au style plutôt différents : quand Lucas Pouille va privilégier un jeu agressif porté vers l’avant, Nishioka va proposer quelque chose de bien plus défensif en frappant peut être moins fort la balle mais en cherchant à renvoyer sans cesse les attaques adverses. En somme, Yoshihito Nishioka propose un jeu un peu similaire à celui de la légende vivante de la balle jaune au Japon, Kei Nishikori. Il est intéressant de noter que le jeune nippon est gaucher, et que ce n’est jamais évident d’affronter un gaucher, surtout quand on est en manque de repères et de confiance, comme peut l’être Lucas Pouille sur cette saison. Le dernier match face à un gaucher pour le Français s'est plutôt bien déroulé à Montréal face à Denis Shapovalov qu’il a aisément dominé en deux sets mais le style de jeu du Canadien n'a rien à voir avec celui du Japonais. Les courts rapides de Tokyo refaits à neuf en prévision des JO 2020 peuvent favoriser le jeu de Pouille, qui s'adapte moins bien à la terre battue ou aux surfaces dures plus lentes comme à Indian Wells. 

Initialement outsider, la cote de Nishioka n'a cessé de chuter pour arriver presque à l'équilibre avec celle du Français. On pourrait assister à un match serré avec d’un coté Nishioka qui joue à domicile et ne voudra pas décevoir ses supporters et l'autre côté un Pouille qui semble avoir de bonnes sensations sur ce tournoi. Le jeu de Pouille est plus risqué que celui du nippon donc s’il veut se faciliter la tâche, le Français devra resté concentré, patient et appliqué car Nishioka a les qualité de contre pour faire jouer beaucoup de coups au tricolore. Le combat sera mental et physique et comme d'habitude avec Pouille, la clé du match sera sa qualité en première balle et son déchet dans ses frappes.

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