L’Argentin Diego Schwartzman aurait pu être footballeur à Boca Juniors mais suite à une blessure, il s'est orienté vers le tennis à l'âge de 13 ans. Malgré sa petite taille (1m70) qui fait de lui le plus petit joueur du top 100, il a su s'imposer sur le circuit professionnelle par le talent bien sûr mais surtout, à l’instar de ses compatriotes par le travail. Schwartzman est un besogneux à l'entraînement et un guerrier sur le court. Il compense sa taille par de l'intensité et une énorme générosité : "J'espère que les gens vont comprendre que le tennis est pour tout le monde, pas seulement pour les joueurs de grande taille. Etre grand, avoir des muscles et envoyer des gros services, cela aide, mais je n'y pense pas trop, j'ai toujours dû prendre en compte cela et améliorer mon jeu en conséquence." Dans son style de jeu, il peut faire penser à David Ferrer qui a pris sa retraite il y a quelques mois et qui va prendre la direction du tournoi de Barcelone.

Comme la plupart des sud-américains, la terre battue est la surface de prédilection de l'Argentin mais cette saison il s’est découvert un vrai talent pour les surfaces rapides. Son bilan est de 68% de victoires sur dur en 2019. Il a remporté cet été son premier titre sur la surface à Los Cabos pour sa première finale. Il a aussi atteint les quarts de finales à l'US Open battu par Nadal après avoir notamment dominé Zverev en quatre manches en 8ème de finale. Mais sur gazon où son bilan était de 1 victoire pour 8 défaites, il a signé 4 victoires en 6 matches face à Ebden, Cilic et Bublik. Trois joueurs très difficiles à battre sur herbe. 11ème mondial l'été 2018, l'Argentin n'est pas loin de faire aussi bien sur cette fin de saison (16ème). Mais il n'a que 190 points à défendre jusqu'à Noël. Il est 14ème à la Race à seulement 300 points de l'ATP Masters de Londres.

Querrey vit lui une saison très compliqué. Il est actuellement 55ème mondial. Cet archétype du joueur américain est doté d’un service précis et puissant qui le rend difficile à breaker. Sa deuxième arme est le coup droit qu’il joue à plat sans effet. Son point faible est sans aucun doute son déplacement.

Après un début de saison difficile (6 victoires pour 6 défaites), il a pris quelques points à Houston, le seul tournoi sur terre battue où les Américains aiment jouer puisque la surface est extrêmement rapide. Il a ensuite reverdi sur gazon avec une finaliste à Eastbourne où il a subit la loi d’un autre américain Fritz, puis un quart de finale à Wimbledon. Il est retombé dans ses travers, dans le doute cet été lors de la tournée estivale sur dur avec seulement 2 victoires (Herbert et Carballes) pour 3 défaites face à Djokovic, Rublev mais surtout Londero au premier tour de l'US Open. Une vraie contre-performance.

Querrey a retrouvé les courts cette semaine à Pékin avec un premier tour plutôt abouti où il a poussé Bautista à l'abandon dans le 2ème set (7-6/4-1). De son côté, Schwartzman s'est défait de Verdasco en 3 sets. Les deux joueur n'ont pas joué depuis l'US Open.

La clé du match sera sans aucun doute la capacité pour l’Américain à bien servir tout au long de la rencontre face au 3ème meilleur retourneur du monde en activité (derrière Nadal et Djokovic). L'Argentin break en moyenne 32% des jeux adverses mais cette statistique reste de façon incroyable également haute face aux grands serveurs (+1m93) avec 27% de breaks. Si Schwartzman parvient à installer l'échange, la tâche se compliquera pour Querrey. La dernière confrontation entre les deux joueurs a tourné à l’avantage de Querrey à Shanghai mais l'Américain s'était incliné auparavant à Toronto et Brisbane.

Schwartzman est largement favori de cette rencontre. Malgré son état de forme, son classement et son talent de retourneur, il est toujours délicat de voir un tel écart de cote puisque la clé du match sera dans la raquette de Querrey. Si l'Américain sert le feu et joue son meilleur tennis, ça sera très compliqué pour l'Argentin de se défaire de Querrey. La seule ouverture, c'est si Querrey joue un peu en dessous, passe un peu moins de première et commence à douter alors en effet, Schwartzman aura toutes les clés pour s'imposer. Mais le risque existe de voir Querrey bien servir et empêcher Schwartzman de le contrer.

La stat à retenir
Schwartzman compte 9 victoires pour 12 défaites face aux grands serveurs sur dur, un bilan assez incroyable par rapport au fait qu'il n'est pas spécialiste du dur et pas très grand. Kevin Anderson disait d'ailleurs à propos de Schwartzman : "Quand je sers, la balle rebondit si haut que normalement Diego ne devrait pas pouvoir l'atteindre mais il est le meilleur relanceur du circuit, il a breaké ses adversaires plus que quiconque. En plus de cela, il est rapide, vif, il est capable de changer de direction en un instant. En fait cela paraît incroyable mais il a su tirer un avantage de sa taille."

L'avis de Rodolphe Gilbert
"J'ai toujours eu un coup de cœur pour Schwartzman parce que c'est l'un des plus petits joueurs du circuit et j'adore le voir jouer. Il est souvent confronté à des adversaires d'un autre gabarit et être capable de tirer son épingle du jeu sur toutes les surfaces, je trouve cela extraordinaire. On croit que parce qu'il est petit, il a un jeu uniquement basé sur la défense mais c'est pas ça du tout. Il est capable de prendre la balle très tôt, de monter au filet, d'avoir une bonne main. C'est pour cette raison qu'il gagne des matches sur toutes les surfaces. Il est ultra mobile évidemment donc c'est un profil que j'aime le voir jouer."