La détermination, la rage, le désir de se prouver à lui-même qu'il peut rejouer au tennis au plus haut niveau, le plaisir, l'envie : voilà les ingrédients qu'a mis l'Ecossais Andy Murray dans sa potion magique pour revenir sur le circuit après son opération de la hanche en janvier.

Mettons tout de suite de côté le classement ATP de ces deux joueurs. Le fossé qui les sépare est évidemment bien moins grand sur le court que ce que les chiffres font transparaître. 503ème mondial avant le début du tournoi, Andy Murray va grimper au minimum à la 285ème place lundi prochain grâce à ses victoires sur Berrettini et Norrie.

En début d’année, Andy Murray faisait lever les foules lors de son match au 1er tour de l’Open d’Australie où il avait poussé Roberto Bautista Agut au 5ème set, en boîtant... Un match qui avait tout d’un match d’adieu pour le Britannique qui annonçait alors sa probable retraite cette saison et dans le meilleur des cas, à Wimbledon! Nous sommes 3 mois plus tard et l’ancien numéro 1 mondial (le seul joueur qui soit parvenu sur les 10 dernières années à rivaliser durablement avec Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic) semble retrouver ses sensations, au point de remettre à plus tard sa possible retraite. Lors de cette tournée asiatique, Andy Murray est en train de monter en puissance. Après une quinzaine de matches en double pendant la saison sur herbe, Murray a repris le chemin des cours en simple cet été sur dur. À Cincinnati, il a perdu d’entrée face à Richard Gasquet (6-4/6-4) avant d’être éliminé à Winston-Salem la semaine suivante toujours au 1er tour par Tennys Sandgren (7-6/7-5). Néanmoins, alors que la grande majorité les observateurs le croyaient définitivement fini, Andy Murray a décidé de s’accrocher. La semaine dernière, au tournoi de Zhuhai, il a pris sa revanche sur Sandgren en 3 sets avant de pousser Alex De Minaur au 3ème set lors d’un match très disputé. Il semble donc physiquement au point. Il a confirmé à Pékin son regain de forme en dominant Mattéo Berettini (13ème) et Cameron Norrie (69ème).

De son côté, Dominic Thiem vit une saison contrastée. Si son bilan chiffré est bon : 33 victoires pour 15 défaites avec 3 titres (Indian Wells, Barcelone et Kitzbühel) et une nouvelle finale à Roland-Garros. Le reste de sa saison est en dents de scie. L'Autrichien (5ème mondial) a déçu en Grand-Chelem où il a abandonné au 2ème tour à Melbourne avant d’être éliminé dès le 1er tour aussi bien à Wimbledon (en 4 sets face à Sam Querrey) qu’à l’US Open (en 4 sets face à Thomas Fabbiano). En Masters 1000, sa victoire finale face à Roger Federer à Indian Wells a été rapidement occultée par ses éliminations rapides à Rome (1er tour), Miami et Monte-Carlo (2ème tour). De retour sur dur cet été, Thiem a atteint les quarts à Montréal, balayé par l’injouable Medvedev (6-3/6-1) mais après avoir battu Shapovalov et Cilic.

En prenant en compte toutes ces données, ce match sent le piège à plein nez pour Dominic Thiem qui part tout de même avec une belle cote de favori (1.45 contre 2.75). Le manque de rythme et la fatigue accumulée par Andy Murray lors de ses deux premiers tours (5 heures en 2 matches) pourraient néanmoins lourdement peser dans la balance face à un arpenteur des terrains de la trempe de Dominic Thiem.

Chaque saison, l'Autrichien est souvent en difficulté en fin de saison. Mais la raison est simple, il jouait beaucoup (trop ?) avant d'entamer la tournée asiatique et finissait par le payer lors du dernier trimestre :
-2016 : 23 tournois - 75 matches avant Pékin
-2017 : 22 tournois - 68 matches avant Pékin
-2018 : 19 tournois - 63 matches avant Pékin
-2019 : 16 tournois - 49 matches avant Pékin

On peut donc voir que Thiem a plutôt bien géré son calendrier et cela s'est vu sur ses deux premiers tours dans la capitale chinoise. Il a totalement surclassé Gasquet et Zhang. Logiquement mais c'était nécessaire pour effacer les déconvenues récentes en Coupe Davis et Laver Cup.

Pas grand intérêt de revenir sur les 3 précédents duels entre les deux joueurs puisque Murray est bien loin de son niveau lorsqu'il était numéro un mondial. Après De Minaur, l'Ecossais passe à nouveau au révélateur du top niveau mais cette fois un cran au-dessus.

Bilan de Thiem en Chine avant cette saison : 3 victoires / 8 défaites