Si Chardy réussit à s'imposer face à Cilic, on pourrait avoir deux Français et deux Russes face à face en demi-finale et notamment les deux finalistes de la dernière édition ! Présentation des matches de ce vendredi dans la capitale russe :

Adrian Mannarino a perdu les deux matches face à Lajovic, à chaque fois sur dur. Paradoxalement, même si le Français a eu des bons résultats en indoor avec une finale à Moscou la saison dernière et 3 demi-finales à Metz, New-York et Moscou en 2017, son bilan en carrière en indoor est assez moyen avec seulement 40% de victoires, soit à peine mieux que le Serbe (36%) qui lui en revanche n’a jamais atteint le dernier carré en indoor dans sa carrière en 18 tournois. Mannarino était déjà favori à Bâle il y a un an et s’était incliné en 3 sets. Le Français a réussi deux très bons premiers tours face à Dzumhur et Kukushkin mais les statistiques montrent qu’il n’est pas si évident d’en faire un grandissime favori sur cette rencontre même si le Serbe sur dur n’a réussi à enchaîner 3 victoires qu’à 6 reprises sur les 36 tournois qu’il a disputés (20 fois éliminé dès son premier match et 10 fois dès son second match). Par rapport au style de jeu, on peut avoir un match long avec beaucoup d’échange puisqu’aucun des deux joueurs n’a de vrai coup fort et ils sont tous les deux capables de tenir la cadence du fond du court sans faire de faute. La surface plutôt lente de Moscou (pour une surface indoor) ne favorise aucun joueur en particulier.

Karen Khachanov s’est fait peur pour son entrée en lice face à Philip Kohlschreiber, c’est le moins que l’on puisse dire puisqu’il a sauvé 5 balles de match dont 3 sur le service de l’Allemand. Avec le forfait de Medvedev, c’est lui désormais le favori pour se succéder à lui-même puisqu’il avait remporté le tournoi l’année dernière face à Mannarino en finale. Sur ce quart de finale, le Russe est opposé à Seppi. Les deux joueurs ne se sont joués qu’une seule fois en carrière à Vienne en indoor en 2016. A l’époque, Khachanov n’avait que 20 ans et disputait sa première saison sur le circuit ATP. Il s’était imposé en 6-4/6-4 en breakant l’Italien à chaque fois dans le dernier jeu de chaque set… Seppi (35 ans) est évidemment loin de son meilleur niveau cette saison puisqu’il est classé à la 72ème place mondiale. Il a écarté en 3 sets deux terriens sur ce début de tournoi, Garin et Carballes. Deux matches compliqués dont il est sorti vainqueur, ce qui veut dire que mentalement il est présent. Comment va-t-il enchaîner physiquement ? C’est une autre question. Evidemment que sur le papier, le 8ème mondial est favori. Il a la qualité de service et la puissance pour s’imposer mais il ne faut pas mettre de côté l’irrégularité chronique du Russe tout au long de la saison. Incapable d’enchaîner deux bons tournois et rarement deux bons matches, il est aussi inconstant dans ses matches. Son bilan de 25 victoires pour 23 défaites est assez parlant. Il est loin de la régularité nécessaire pour rester dans le top 10. Il aura une énorme pression à Bercy où il devra remettre en jeu son titre. En cas d’échec, il pourrait lourdement chuter au classement et payer ainsi cette saison assez moyenne.

Aucun intérêt d’apporter une analyse sur le match entre Rublev et Milojevic puisque la présence du Serbe est un triple concours de circonstance : forfait de Medvedev, repêchage en lucky loser puis affrontement des deux wildcards russes au 1er tour… Il semble impensable avec sa qualité de jeu que Rublev se fasse surprendre et ne profite de cette opportunité pour atteindre le dernier carré d’un tournoi pour la première fois depuis Hambourg.

Résultat de recherche d'images pour "chardy cilic"

La vraie affiche de ces quarts de finale dans la capitale russe c’est l’affrontement entre Marin Cilic et Jérémy Chardy. C’est le 8ème affrontement entre les deux joueurs séparés seulement de 5 mois. Et leur histoire commune a commencé en 2005 en juniors à Melbourne et à New York. Le Croate mène 4-3 dans les confrontations mais hormis ce dernier match à Monte Carlo en 2017, tous les matches ont été serrés et c’est plutôt logique puisque les deux joueurs ont un style très proche à savoir un gros service et un gros coup droit. La différence de carrière s’est faite sur la capacité du Croate a joué vers l’avant et mettre à profit ses frappes lourdes mais aussi en retour, Cilic a toujours été un meilleur retourneur (23% de breaks pour Cilic sur dur contre 17% pour le Français). Mentalement, Cilic a été également plus régulier tout au long de sa carrière. Finalement il n’y a qu’en 2019 que les deux joueurs ont des statistiques similaires avec 85% de jeux remportés sur leur service et 16% de breaks. Ils sont également assez proches à la Race. Le niveau de jeu de Chardy depuis 3 semaines est assez intéressants et lui offre de vraies perspectives sur ce match et sur ce tournoi. Il n’a été battu que par Khachanov et Zverev et que dans les tie-breaks. Il a confirmé encore sur ce tournoi face à Jarry et Kecmanovic qu’il était vraiment sur une belle dynamique. A l’inverse, comment juger le niveau de Cilic face à Karlovic, totalement absent et sûrement usé par son match de la veille face à Bedene ? Cilic n’a rien eu à montrer pour se qualifier. Même si Chardy n’est pas un bon retourneur, il posera forcément plus de problèmes à Cilic que ne l’a fait Karlovic. C’est un vrai test pour le Français mais aussi pour Cilic qui risque de quitter le top 50 mondial en fin de saison s’il ne remporte pas ce tournoi de Moscou. Il ne jouera pas le Masters et perdra donc déjà les 200 points de sa victoire face à Isner. Ensuite, il a aussi les 180 points de son quart de finale à Bercy à défendre. Bref, sans le titre à Moscou, Cilic connaîtra son plus mauvais classement depuis 2008. Il doit forcément y penser. Et Cilic n’est jamais trop bon quand il est sous pression. Le stress lui fait perdre de l’efficacité au service, sa première arme pour poser son jeu. A l’inverse, Chardy tourne en ce moment à plus de 65% de premières balles dont plus 85% remportées. Les bookmakers ne s’y trompent pas puisque le Croate n’avait jamais été coté aussi haut sur dur face au Français.