Roger Federer a pris un petit coup derrière la tête à Wimbledon en laissant échapper cette finale face à Djokovic qui lui aurait offert un 21ème Grand Chelem. Depuis le Suisse n'a plus disputé une demi-finale en 3 tournois. Cela pourrait paraître anodin mais avant Wimbledon, le Suisse avait atteint 11 fois la finale et 2 fois la demi-finale sur ses 15 derniers tournois sur dur. C'est seulement la seconde fois de sa carrière depuis 2002 après Cincinnati, l'US Open et Shanghai en 2013 (exactement les 3 mêmes tournois cette saison) qu'il n'atteint pas au moins une fois le dernier carré sur 3 tournois sur dur. Néanmoins, chaque saison (sauf en 2016 où il était blessé), le tournoi de Bâle est là pour lui assurer au moins une finale.

Ce premier tour face à l'Allemand Gojowczyk est sur le papier une formalité. Le Suisse mène 2-0 dans les confrontations sans aucun set pour son adversaire. Depuis 2002, sur ses 150 derniers tournois disputés sur dur, il n'a perdu que 6 fois dès son entrée en lice. C'est donc un phénomène assez rare mais pas inexistant. L'Allemand est sorti du top 100 cette saison avec des performances très moyennes. Il vient d'enchaîner 2 victoires (Karlovic et Ruud) et c'est seulement la 3ème fois de la saison que cela lui arrive avec Washington et Rotterdam. Il n'a pas concédé le moindre set et perdu qu'une seule fois son service. Il a très bien senti la balle sur ces deux premiers matches mais l'adversité sera évidemment toute autre face à Federer qui n'a perdu que 9 matches à Bâle en 20 ans pour 71 victoires. Sa seule défaite au premier tour dans sa ville remonte à sa première participation en 1998 face à André Agassi. Ljubicic en 2003 sur moquette est le seul joueur non membre du top 10 qui a battu Federer à Bâle. Le challenge est donc très relevé pour Gojowczyk.

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Struff est très irrégulier sur cette deuxième partie de saison. Une inconstance chronique qui était son principal défaut. Entre octobre 2018 et juillet 2019, il avait progressé sur ce point, lui permettant ainsi d'atteindre son meilleur classement en carrière (33ème mondial). Mais la défaite face à Kukushkin à Wimbledon l'a ébranlé. Depuis son bilan est de 6 victoires pour 9 défaites. Mais dans le contenu, le constat est sombre. Il n'a battu qu'un seul joueur du top 50 et perdu 6 fois en 10 matches en tant que favori.

Il a battu Kecmanovic à Stuttgart assez facilement en juin (6-2/6-2). Dans son malheur, l'Allemand a la chance d'affronter un Serbe également sur une dynamique négative (4 victoires sur ses 10 derniers matches). L'ancien numéro un mondial junior a pourtant les armes pour faire douter Struff et le pousser à la faute mais les deux joueurs sont tellement irréguliers en ce moment que tout est possible sur ce match. D'une rencontre à l'autre, l'Allemand de sortir son meilleur puis son pire tennis.

Difficile d'imaginer le Bolivien Dellien embêter De Minaur sur ce premier. Bien que l'Australien ait peu d'expérience en indoor (1 victoire pour 3 défaites) en dehors de sa finale au NextGen la saison dernière, il a toutes les armes pour battre Dellien. Il fait tout mieux que son adversaire en terme de service, de retour, de qualité de balle, de déplacement.

Enfin, on aimerait revoir le Benoît Paire conquérant et performant que l'on a vu sur le circuit entre avril et septembre. Sa tournée asiatique n'a pas été réussie mais cela peut arriver. Il convient de rappeler qu'il est malgré tout 25ème mondial. Certes il est parfois irrégulier et ne cache pas ses émotions sur les courts mais son talent est indéniable. Ce premier tour est assez piégeux face à Laaksonen. A 100%, l'Avignonais doit s'imposer mais s'il n'a pas de bonnes sensations, le Suisse est capable de l'embêter. Une défaite du Français serait en tout cas une surprise par rapport au bilan de Laaksonen face au top 100 mondial (25% de victoires). Il n'a battu que 3 fois un joueur du top 50 mondial dans sa carrière : Cecchinato à l'US Open, Dolgopolov à Anvers et Cuevas à Bastad. La cote de Paire qui prend en compte ses récentes performances est en tout cas rentable sur le papier. Mais il ne compte que 64% de victoires face à des adversaires classés au-delà du top 100 comme Laaksonen. Un taux assez faible qu'il conviendrait de réhausser sur ce premier tour.