Voici la retranscription de la conférence de presse de Daniil Medvedev au Rolex Paris Masters :

Depuis cet été, tout ce qui vous arrive est incroyable. Vous mesurez l'ampleur de tout ce que vous avez fait depuis cet été avec cette finale à l'US Open et tous les titres que vous avez gagnés ?
Pas forcément. Je progresse à l'entraînement, dans les tournois, en essayant de gagner des matches. Cela marche très bien, cela fait plaisir. J'espère ne pas m'arrêter. Ce n'est pas facile. En ce moment, c'est Bercy. J'espère bien jouer ici.

On est très inquiet, vous n'avez pas joué depuis Shanghai. Que se passe-t-il ? Vous êtes déjà à l'écoute de votre corps ou est-ce une stratégie pour arriver à fond pour la fin de saison qui est très chargée ?
Je ne pouvais pas savoir que j'allais faire ces résultats, avec 6 finales de suite. J'étais très fatigué. Il y avait deux tournois que je voulais jouer : Moscou à la maison, et Vienne que je n'ai jamais joué mais finalement je n'ai pas voulu et c'est une bonne chose. Après Shanghai, je ne pouvais plus jouer au tennis de façon compétitive. Si je ne suis pas à 100 %, je ne veux pas aller jouer des matchs. C'est pour cela que j'ai pris mon temps pour récupérer, recharger les batteries pour les deux derniers tournois de la saison.

Quand on gagne autant que ce que vous avez gagné ces derniers mois, on se dit que l'on est imbattable ou a-t-on peur que cela s'arrête ?
C'est plutôt le deuxième. À Shanghai, ils m'ont demandé si j'étais invincible. En tout cas j'ai perdu trois matches quand même. Donc au moins sûr que non. Et bien sûr ce n'est pas tant la peur, mais c'est que tu ne veux pas que cela s'arrête. Je travaille de mon mieux, je fais de mon mieux pour que cela ne s'arrête pas. En ce moment, cela marche bien. J'espère continuer. On ne peut jamais savoir, comme je dis, les jeux du premier tour ne sont jamais faciles.

Il vous reste trois compétitions. Vous choisissez laquelle si vous devez en gagner une ?
Pour être honnête, Londres, c'est le rêve. C'est une grande compétition que tout le monde veut gagner. Si je peux n'en gagner qu'une, ce serait Londres.

Au classement, vous étiez 15ème mondial en janvier. Aujourd'hui, vous êtes 4ème mondial derrière Djokovic, Nadal et Federer. Vous avez l'impression de vivre un rêve ? Comment vous réagissez par rapport à cela ?
Quand j'étais 15ème, c'était énorme. C'était bien. Le but était de rentrer dans le Top 10, ce qui n'est jamais facile. Après Wimbedon, même en perdant un troisième tour, je suis entré dans le Top 10. Tu peux te dire que l'un des buts dans la vie est atteint, que la boucle est bouclée mais je ne voulais pas m'arrêter là. Je veux juste voir jusqu'à où je peux aller. Si c'est numéro 1 mondial, c'est numéro 1. Si je n'y arrive pas, cela veut dire que je ne suis pas assez fort. Je sais bien que là, par exemple, pour gagner une place, tu dois faire quelque chose d'énorme. Je vais essayer. Sinon j'essaie de faire toujours de mon mieux.

Vous avez découvert quelque chose d'incroyable avec le public à New-York. Comment jouez-vous avec le public ? Vous vous mettez dans une bulle ? Comment vous arrivez à négocier cela ?
En fait, ce n'est pas vraiment que je joue dans une bulle, j'essaie d'être moi. Comme je disais par rapport à New-York, je parlais beaucoup bien sûr, mais quand je faisais une faute j'étais quand même moi. Je voulais même m'excuser de ma faute. Tout ce que je disais là-bas, c'était honnête et la vérité. C'est pour cela que le public m'aime, c'est très bien. Si quelqu'un me déteste par rapport à cela, désolé. Je ne vais pas faire quelque chose de malhonnête pour être bien avec le public. J'espère que je peux être un bon exemple et ne pas faire de faute.

Dans le vestiaire, le regard des autres joueurs a changé ?
Je ne pense pas vraiment, parce que la vie sur le circuit est spécifique. Avant, je gagnais un tournoi tous les 4 mois. Quand on gagne un tournoi, n'importe lequel, Masters 1 000, 500, tout le monde te félicite. Là, beaucoup de monde rigole et blague. On ne veut plus me féliciter parce que chaque semaine, c'est fatigant. C'est plus des blagues comme cela.

Dans la vie quotidienne dans la rue on te reconnaît ?
Oui il y a plus de gens qui me reconnaissent en Russie, en Europe. A NewYork, je pense que sans la capuche, je ne pouvais plus marcher dans la rue. C'est une partie du travail et des résultats que je fais, ce qui est normal il faut vivre avec. Il faut vivre bien. C'est ce que je fais je pense.