Voici la retranscription de la conférence de presse de Rafael Nadal au Rolex Paris Masters :

Comment vous sentez-vous à Paris ? Vous avez gagné tellement de fois à Roland-Garros mais jamais ici. Comment l'expliquez-vous ? Est-ce trop tard dans la saison ? Est-ce de la mauvaise chance ? Êtes-vous fatigué à la fin de cette saison ?
Si la mauvaise chance n'a pas joué pour Roland Garros, la mauvaise chance n'a rien à voir ici non plus. Je me suis blessé à bien des reprises dans ma carrière. Parfois, je joue mal. Parfois, mon adversaire est meilleur que moi. Parfois, c'est la surface. Parfois, c'était souvent une surface où je jouais moins bien. Je pense que la surface est très rapide cette année. Je ne sais pas. Je suis ravi d'être là tout de même. Pour moi, c'est la ville la plus importante de ma carrière de tennis. Je suis ravi d'être ici. Cela me donne de bonnes vibrations et je pense que j'entreprends les bonnes démarches pour être fin prêt mercredi. Je l'espère. Nous verrons bien.

Comment va votre main ? Est-ce que vous vous sentez mal ?
Ne me posez pas ce genre de question.

Je me dois de la poser.
Comme vous le savez, j'ai des problèmes à la main. Après l'US Open, j'ai dû m'arrêter. Je me sens mieux et c'est la raison pour laquelle je suis ici aujourd'hui. Mon objectif est de jouer à 100 % et c'est ce que j'attends de mon jeu.

Vous avez été très occupé depuis votre mariage en allant notamment au Kazakhstan.
Oui j'ai joué au Kazakhstan pour ma Fondation. Je suis très reconnaissant pour cette Fondation. Après le mariage, je me suis reposé le dimanche, lundi, mardi en m'entraînant quand même puis je suis allé au Kazakhstan mercredi et je suis arrivé ici à Paris jeudi, tard.

Quel est votre programme en novembre ?
Tout le monde connaît mon programme : Londres et Madrid, comme toujours. Cela dépend de mes sensations.

Ce n'est pas la première fois que vous êtes sur le point de finir premier à la Race. Ce n'est pas la première fois que c'est aussi « accroché ». Que ressentez-vous ? Cela a-t-il toujours du sens si ce n'est pas la première fois ?
Ce n'est pas la première fois en effet que je me retrouve dans cette position. En 2017, il fallait que je gagne un match ; je suis venu ici, j'ai gagné un match. Egalement en 2001, en quarts de finale, pendant toute la saison. C'est fantastique. Je préfère être numéro 1 que numéro 2 et numéro 2 que numéro 3. Je préfère finir numéro 1. C'est spécial si j'arrive à finir en numéro 1 ! Mais je ne suis pas allé en Chine, comme vous le savez. C'est triste mais il fallait que je trouve mes priorités. Au cours des dernières années, mon but n'était pas d'être numéro 1 mais d'organiser mon calendrier pour jouer aussi longtemps que possible. Si au bout du calendrier je suis numéro 1, je serais ravi. Mais je ne vais pas essayer de jouer des rencontres en plus, juste pour être numéro 1. Je vais suivre mon planning. Il faut prendre des décisions. Mon but est d’essayer de jouer aussi longtemps que possible sur le circuit, autant d'années que possible. Je vais essayer de faire de mon mieux au cours des deux ou trois événements qu'il reste à jouer.

Vous avez dit que vous serez à Madrid pour la phase finale de la Coupe Davis. Que pensez-vous de ce nouveau format ?
Il faut essayer avant d'avoir une opinion. Je ne peux pas en dire beaucoup. Il y avait plusieurs choses dans le vieux format qui ne fonctionnaient pas bien et d'autres fonctionnaient bien. Il y a des choses importantes, que nous n'avions jamais réussi à faire : réunir les meilleurs joueurs du monde pour la Coupe Davis. Quand on y arrive, il faut trouver des solutions parce qu'on n'y parvenait pas jusqu'à présent. Nous allons voir ce qui va se passer. Bien sûr, il y a encore quelques ajustements à faire pour en faire une très grande compétition. Je pense que deux tournois par équipe, la Coupe Davis et la Coupe ATP, en un mois, à mon avis ce n'est pas une bonne chose. Nous devons créer une grande compétition pour rester ensemble. Avec l’ITF et l'ATP, c'est possible d’en faire une réalité.

Lundi prochain, vous allez certainement devenir numéro 1. Les sensations sont-elles comparables entre le fait de devenir numéro 1 et celles de remporter un Grand Chelem ?
Honnêtement, non. Quand on gagne un Grand Chelem, on gagne sur le court. Quand on est numéro 1, c'est différent. On ne sait pas qu'on va remporter un point et on va devenir numéro 1, non. La première fois que j'ai été numéro 1, c'était en 2008. C'était très important pour moi. Pendant 4 ans, j'avais occupé la place n° 2. Je jouais du très grand tennis et je voulais obtenir la place numéro 1 et de finir numéro 1, c'est plus important que d'être juste numéro 1. Nous verrons bien. Mes sensations... Vous savez, je dors tout aussi bien si je suis numéro 1 ou 2. Je préfère être bien sûr numéro 1. Mais je suis ravi de ma saison. Le début de la saison a été rude. Il a fallu que je retrouve mon meilleur jeu de tennis. Vu la situation dans laquelle je suis aujourd'hui, quand j'y pense, avant Monte Carlo ou après, c'était très difficile d'imaginer que je puisse retrouver mon jeu. Et je suis fier de l'année que j'ai pu avoir. Je vais pousser encore un peu ma chance, jusqu'à la fin de la saison. La saison va être faite. On va essayer de faire quelque chose de spécial ici et à Londres.

Propose recueillis le dimanche 27 octobre 2019 à Paris.