Comme l'avait annoncé Rodolphe Gilbert, c'est toujours difficile d'enchaîner après un titre. Le Français Ugo Humbert, titré à Brest en challenger ce week-end, a logiquement souffert physiquement face à Grigor Dimitrov malgré le gain du premier set. Il espère maintenant bien finir sa saison au NextGen à Milan la semaine prochaine.

Y a-t-il eu un peu de fatigue aujourd'hui avec l'enchaînement des matches après ton titre le week-end dernier ?
Oui, un peu aujourd'hui. Un peu de fatigue. J'ai pu tenir un set, j'ai essayé jusqu'au bout de trouver un peu plus d'impact, plus de jeu de jambes, de fréquence. Je n'ai pas réussi à le faire.

Cela fait plusieurs semaines maintenant que tu es sur le circuit sans coach, qu'est-ce que cela change dans ton quotidien ? As-tu envie que cette situation ne s'éternise pas trop ?
Je ne suis pas sans coach, je ne suis pas tout seul. Je suis avec Cyril depuis cinq ans. Il est avec moi sur les tournois depuis Orléans, il me semble. On va encore faire le NextGen à Milan ensemble.

Ce n'est pas un coach, c'est un préparateur physique me semble-t-il ?Oui, mais il peut aussi me coacher.

On a vu Éric Winogradsky dans le box, cela veut dire que...
Je n'en parlerai pas. Je n'ai pas envie d'en parler tout de suite. Pour l'instant, je suis avec Cyril sur la fin de saison.

Une question un peu plus générale qui ne concerne pas Bercy. Il y a quelques jours, vous étiez près de Rennes au laboratoire de Caroline Martin, biomécanicienne pour améliorer les services. Qu'est-ce que ce tu retires de tout ça ? C'est intéressant ? Tu sens une progression dès aujourd'hui ? Tu aimerais continuer là-dessus ?
Je n'ai pas encore eu les résultats mais je trouve ça hyper intéressant de trouver des petits pourcentages en plus pour mieux servir, être plus performant sur ce secteur. Je pense que je peux mieux faire. J'ai adoré. C'était génial. Je n'ai pas encore les résultats. Je verrai les effets plus tard.

Il te reste encore Milan la semaine prochaine, mais quel bilan tu peux déjà faire de ta saison ?
Quand je vois que j'étais en janvier de l'année dernière 380ème mondial, j'ai gagné des Futures, j'ai plutôt bien performé sur les Challengers, cela m'a permis de rentrer dans le top 100 et faire ma première année sur le circuit ATP. Je trouve que j'ai acquis de l'expérience, j'ai pu jouer sur des grands courts contre des joueurs du top 20. J'ai laissé aussi passer des occasions. Je trouve que c'est plutôt positif. Je me sens en progrès. Je trouve que c'est une bonne saison. Je m'étais fixé l'objectif de Milan, de finir dans les 8 meilleurs jeunes. J'y suis. Il reste encore un tournoi.

Milan reste un beau challenge pour la NextGen, comment tu l'appréhendes ?
Je suis très curieux de voir un peu comment cela se passe parce que les règles sont complètement différentes, du moins sur les sets, sur l'arbitrage. Je suis plutôt curieux. C'est bien de pouvoir jouer contre des très bons joueurs. Au NextGen, il y a beaucoup de joueurs très talentueux. Je vais essayer de faire mon maximum et je suis très content déjà de pouvoir y être.

Tu peux nous détailler ces règles qui ne sont pas un peu folles, mais très spéciales ?
J'en ai parlé avec Tiafoe à Winston Salem. Il m'a dit que c'était assez bizarre. D'ailleurs, je crois qu'il n'y a pas de couloir, pas de juge de ligne, c'est le hawk eye qui annonce les balles et quand elles sont proches, il y a la vidéo. Ce sont des sets de quatre jeux, trois sets gagnants, à 3-3 il y a un tie-break. Le ramasseur n'a pas le droit de donner la serviette. On a droit au coaching aussi. Je crois que je n'ai rien oublié, il me semble.

Je reviens sur l'expérience que tu viens de vivre à Rennes, cela faisait longtemps que tu avais envie de faire ce test scientifique. Tu y es allé avec des pistes en tête ou des points particuliers qui feront modifier des choses sur ta technique de service ?
Cyril m’a mis cela un peu dans la tête. J'ai trouvé cela tout de suite intéressant. J’ai dit : « Dès que l'on a une fenêtre, on y va ». J’y suis allé avant Le Mouilleron il me semble. J'avais des pistes en tête, surtout sur mon lancer, pour essayer de lancer plus haut, plus devant, plus sur moi, sur ma préparation de service, sur mon engagement. J'ai vraiment envie de savoir ce que cela peut donner.

Propos recueillis en conférence de presse après sa défaite au premier tour du Rolex Paris Masters face à Grigor Dimitrov le mardi 29 octobre 2019.