Au 5ème jeu de son match face à Denis Shapovalov, Gilles Simon a mis fin à sa saison 2019 suite à une blessure à l'adducteur. Le Niçois finit donc la saison à l'équilibre (27 victoires/27 défaites) et au-delà du top 50 mondial.

Gilles, tu t’es arrêté brutalement en pleine échange au 5ème jeu. Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu sais de quoi tu souffres ?
Brutalement, c'est le mot. J'ai pris deux décharges de suite sur les deux derniers appuis. A priori ce serait l'adducteur. Je ne sais pas encore. Je ferai des examens demain. C'est une douleur que je n'ai jamais ressentie. Quand tout d'un coup, tu prends deux pointes comme ça de suite, tu as trois minutes pour décider si tu dois essayer d’aller en prendre une troisième ou non. Ce n'est pas facile sur le terrain. On a parfois des douleurs qu'on connaît un peu mieux. J'ai fait une reprise d'appui sur celui d'avant et j'ai senti que cela n'allait pas. J'ai repris le même le deuxième coup puisqu’il retourne mon coup droit et là je me suis dit que ça n'allait pas du tout, du tout.

Que te dit le kiné quand il vient ? On sent que tu hésites, que tu ne sais pas. Vous discutez pas mal. Il sent que tu risques vraiment gros si tu continues ?
C’est le problème : il me conseille d'arrêter tout de suite. Parce qu'on ne sait pas. Je ne le sens pas non plus. C'est vraiment parce que tu ne sais pas. On pourrait se dire : ok j'ai mal mais je peux continuer en grinçant des dents sauf que si tu reprends et que tu es blessé pendant six mois après, tu as l’air bien con. C'est ce qui est très pénible : de devoir prendre une décision aussi rapide d'un coup, alors que tu ne sais pas. Tu aimerais déjà marcher, trottiner. Mais tu n'as pas le temps de faire tout ça. Il faut y aller progressif. Mais il n'y pas de progressif. Tu vas servir, tu vas faire une prise d'appui et tu peux tout arracher, donc... Je ne le sentais pas ce tournoi. Je sentais que c'était celui de trop… J'étais bien en jambes sur ces dernières semaines. Ce n'était pas une surprise non plus. Quand cela arrive aussi tôt dans le match, sur une douleur que tu ne connais pas et que tu ne maîtrise pas tu te dis : « ok c'est la décision du kiné».

Quand tu dis que tu le sentais pas ce tournoi, c’est que tu avais déjà des douleurs avant ce match. Tu aurais compensé sur certains appuis ?
Non, c'est juste physiquement. C'est la fin de saison. C'est toujours délicat. C'est un tournoi que j'aime jouer parce qu'il y a le public français mais j'ai beaucoup de matches dans les jambes. J'ai enchaîné 5 semaines de suite depuis Tokyo et Shanghai. Mais finalement sans faire de très bons résultats, en n'en faisant pas non plus de mauvais. A Anvers, j'arrive en quarts le vendredi. Je voyage le samedi et je rejoue le lundi à Vienne. A ce moment-là, je sentais que je bougeais très bien, que j’allais vite et que cela venait vite, que dès que je m’échauffais ça bougeait, et depuis que je suis arrivé ici à Paris, ça ne va pas, ça coince, ça tire, je mets trois plombes pour m'échauffer. Pourtant, je me suis échauffé bien longtemps avant le match parce que je savais justement. Je suis arrivé bien chaud. Tu te dis que ce n'est pas une surprise non plus. Les derniers jours étaient beaucoup moins fluides pour moi physiquement. Mais c'est Bercy et on a envie de donner tout ce qui nous reste. Malheureusement... Enfin voilà...

Quel va être maintenant le programme de ta fin de saison. Comment tu l'imagines ?
Cela va dépendre de l'IRM de demain. Pour l'instant, je ne sais pas encore ce que j'ai. Je suis dans l'attente.