Gaël Monfils a avoué que cette histoire du Masters le mettait trop sous pression. Son réel objectif, c'est de finir la saison dans le top 10. Il l'a martelé en conférence de presse après sa victoire face à Benoît Paire ce mercredi au 2ème tour du Rolex Paris Masters. Il s'attend à un match très compliqué face à Radu Albot demain.

En radio, tu parlais de la tension, de la pression. Tu la sens depuis quand ? C'est Paris, l'objectif du Top 10 ? Comment cela se traduit tout cela ?
Je vais être super honnête, je le suis assez souvent. Depuis l'Asie, je suis mort. Je suis mort physiquement et mentalement. J'ai pris une claque après l'Asie, parce que j'ai raté ma tournée asiatique. Je n'ai pas bien joué, je ne me sentais pas bien. Je trouvais que mon niveau de jeu a baissé énormément en Asie. Physiquement, je commençais à avoir plus de pépins à Anvers. Pour me préparer à Anvers, c’était très dur. J'ai eu un match très dur contre Sinner, mais plus mentalement. Physiquement, ça commençait à se dégrader mais plus mentalement, j’ai eu un match très dur, pas bon du tout. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas fait de match comme ça. On s'est assis, on a parlé. C'est finalement un peu toute cette pression que j'ai accumulée tout seul, de vouloir finir dans le top 10. Le mot est peut-être fort mais les gens me saoulent avec ce Masters ; c'est saoulant. On m'en parle depuis l'Asie. Mon objectif en fait, c’est vraiment de finir top 10. Si j'ai une place pour aller dans le Master, bien sûr, mais c'est finir top 10 avant tout. Finalement, j'ai accumulé toute cette pression tout seul. On parle de Masters, oui, je ne suis pas si loin, ce n'est pas très loin, mais je suis quand même très loin. Je me suis stressé tout seul sur pas mal de choses. Je stressais, c'est compliqué. C'est compliqué parce qu'on se fait moins plaisir. La notion numéro une, c’est de se faire plaisir sur le terrain. Au final, je ne me fais pas plaisir et je joue très défensif. À Vienne, franchement, je ne voulais pas jouer. Je ne voulais pas jouer, parce que je ne me sentais pas physiquement, mentalement. Je pense que je me suis mis trop de pression, j'ai voulu trop m'entraîner, j’ai voulu faire trop de choses en fait pour me mettre dans des bonnes conditions qui ne sont pas forcément mes conditions, qui ne sont pas la manière dont je suis, la manière dont je gère la pression tout simplement. Aujourd'hui, je sers bien mais j'ai été très attentiste, encore plus aujourd'hui, parce qu’encore plus de pression. D'une certaine manière je trouve que je ne la gère pas si bien que ça, parce que je ne joue pas un tennis performant je trouve.

La légèreté, tu peux la retrouver, tu penses, avec un bon match, cela peut revenir ?
J'ai envie de te dire que si demain j'arrive à m'en servir, je serai plus léger parce que je serai quasiment top 10. C'est fait à 99,9% mais ce n'est pas du 100%. Assez souvent, on m'a toujours reproché de me foutre un peu de tout. Loin de là, je ne me fous pas de tout. Ce n'est pas facile de jouer avec de la pression, je peux le confirmer. Je serai content de jouer léger, je serai vraiment content.

Tu jouais contre un ami aujourd'hui. Comment tu as abordé ce match mentalement ? On a eu l'impression de l'extérieur que vous avez pris du plaisir.
Franchement il m'a fait du bien. La vraie pression que j'ai, c'est que j'ai envie de finir top 10 mais quand je joue contre un ami, je n’y pense même plus. Tout ce que je veux, c'est être top 10. C’est cette pression que je prends. Lui, il m'a fait du bien, que l'on rigole un peu. Parce que moi, je ne pense qu'à un truc, c'est faire top 10.

En te rasant le matin aussi ?
Je ne me rase plus ! Je ne rentre même plus chez moi, je ne fais plus rien.

Pour finir Top 10, il faut préparer le match de demain face à Albot. Tu peux nous parler de lui ?
C'est exactement le type de jeu qui sera horrible pour moi demain. Je ne sais même pas si j'ai envie de t’en parler tellement ça me fait mal déjà. Un mec qui est solide du fond, qui ne fait pas de faute. Il faut aller le chercher, il sert mieux qu'avant même s'il n'a pas forcément un gros service. Sur ça, il va falloir que j'arrive à être plus courageux, à être agressif sur ses deuxièmes balles. Il me connaît bien, on s’est entraîné ensemble. Il me connaît très bien même. Son coach [Magnus Tideman], je le connais très bien aussi. Albot a gagné beaucoup de matches cette année. Il a fait beaucoup de gros matchs contre des gros joueurs, il aime ça. Il a pris un set à Roger, poussé Zverev en 5 sets. Il a eu quelques grosses victoires pour lui cette année. C'est un joueur en confiance, dont il faut que je me méfie. J’étais même étonné qu'il gagne aussi facilement au premier tour contre Basilashvili. Je pense qu'il sera en forme. Il aime bien mettre la pression. Il va être content de me tenir tête et voire même de me battre.

Tu joues plus défensif, croisé, etc.
Je suis au naturel vraiment. Mon naturel, c'est d'être défensif. Je ne gère pas. Je préfère le dire.

Pour la Coupe Davis, vous allez jouer avec les meilleurs, vous pouvez nous parler de l'équipe ?
C'est bien. Nous avons une équipe excellente, très forte, très homogène. Nous jouons bien sur toutes les surfaces, mais aussi en double, en simple et si je dois jouer en premier, je pense que nous sommes très solides. La seule chose que nous ignorons, c'est le format, comment l'équipe va réagir face à ce nouveau format, mais je pense que l'on aura une bonne équipe, une équipe solide. C'est de bon augure.