Corentin Moutet a tenu tête au numéro un mondial pendant un set, ratant même deux balles de set, avant de subir la loi de Novak Djokovic bien meilleur dans la deuxième manche. Le Français est déçu du résultat mais satisfait de son niveau de jeu.

Bonjour Corentin. Qu’est-ce qui domine après ce match : la satisfaction d'avoir accroché dans le premier ou le fait de ne pas avoir gagné ce premier set, et ne pas avoir pris cette possibilité qui s'offrait?
Ce qui domine, c'est la déception. J'ai pris beaucoup de plaisir à jouer contre Novak et avec tout le public qui m'a vraiment poussé. Je ne peux pas parler de satisfaction parce que j'ai quand même perdu et je suis assez déçu parce que j'ai eu des opportunités. Je ne sais pas trop comment qualifier ce match mais j'ai tout donné aujourd'hui. Je n'ai pas grand-chose à me reprocher à part ces occasions manquées, mais je ne peux rien y faire à part mieux jouer la prochaine fois. Sinon, j'ai tout donné, j'ai mis tout le cœur que je pouvais, toute l'envie, l'énergie et le public m'a beaucoup aidé pour cela. Voilà, ce qui domine c'est la déception du résultat, la défaite.

Tu disais hier que tu allais regardé des vidéos, c'était quoi le plan avant de rentrer sur le court ? Quel était ton objectif?
Je n'avais rien à me prouver, ni aux autres. Entrer sur le terrain pour me faire plaisir et mettre tout le cœur que je pouvais et toute l'envie, voilà quel était mon objectif. Mais contre ce genre de joueur, il n'y a pas vraiment de faille. Ils ne font pas d'erreur. Avoir une tactique préétablie c'est assez rare. Je n'en avais pas forcément. Après j'avais quelques plans de jeu que je m'étais fixés dans la tête, que j'ai essayé de respecter au maximum. Je pense que je l'ai embêté un peu au premier set. Cela veut dire que la tactique, je l'avais plutôt bien pensée et voilà, après cela n'a pas suffi, il était plus fort que moi. J'ai encore beaucoup de travail pour arriver à ce niveau de jeu constamment et j'ai envie de dire le plus souvent possible. Aujourd'hui j'ai eu un bon niveau de jeu mais ce n'était pas encore assez pour battre ce genre de joueur.

Hier tu disais que tu ne l'avais pas beaucoup vu jouer, est-ce que c’est ce qui t'a peut-être permis d'avoir moins de pression par rapport à l'approche de jouer le numéro 1 mondial ?
Non, comme je l’ai dit hier, j'avais de la pression, comme à chaque match. Comme tous les joueurs que j'ai joués cette année, j’ai eu de la pression en arrivant sur le match. Pas plus, pas moins aujourd'hui. J'avais beaucoup d'envie. J'ai regardé des vidéos forcément avant de le jouer. En fait, rien n'a vraiment changé dans l'approche de mon match par rapport aux autres. C'est un joueur qui est mieux classé, qui a gagné beaucoup plus de Grands Chelems que les joueurs que j'ai l'habitude de jouer. La seule chose qui changeait, c'était l'adversaire que j'avais en face. Moi, j'étais la même personne. J'avais juste à être moi-même.

Je ne sais pas si tu as entendu, mais à la fin du match, il avait une voix très enrouée, il a dit qu'il n'était peut-être pas très bien. Est-ce que c'est quelque chose que tu as senti ou pas sur le terrain ?
Je n'ai pas trop fait attention à comment il se sentait, pour être honnête. Après, il a fait quelques fautes, plus que d'habitude. Après, j'ai fait mon jeu, j'espère avoir réussi à l'embêter, à faire mon match. Vous savez, on est tous plus ou moins bien au fil des jours, c'est pareil pour tout le monde, j'ai envie de dire, l'état dans lequel on se sent. Peut-être qu'il était moins bien. Je n'en sais rien, il n'y a que lui qui le sait. Ce n'est pas mon problème j'ai envie de dire.

Est-ce que tu peux nous raconter le point, le tweener lob que tu réussis à l'entame du deuxième set ?
Qu’est-ce qui me passe dans la tête ? Pas grand-chose. C'était la seule option. Les passings, j'en ai fait plein et à chaque fois il était présent à la volée. C'est un bon volleyeur alors j'ai essayé le lob. Ce n’est pas vraiment pensé. Je n'avais pas trop le choix, la décision se fait en peu de temps. J'ai décidé de faire cela. C'est un beau coup mais cela rapporte un point comme les autres. S’attarder là-dessus n’est pas forcément important.