Jo-Wilfried Tsonga a sauvé deux balles de match face à Struff pour se qualifier en quarts de finale du Rolex Paris Masters où il affrontera Rafael Nadal qui l'avait largement dominé à Wimbledon cette saison. Mais en indoor, Tsonga aura peut-être plus d'armes...

Bonsoir. Bravo Jo ! Quel combat, quelle bagarre ce soir face à Struff !
Oui. Cela a été un match vraiment disputé, qui s'est joué sur un ou deux points. Cela aurait pu être le scénario inverse. Je suis très content de passer ce soir. Je suis très content de mon match. Ce n'était pas évident car il jouait très bien mais j'ai été assez solide pour renverser un peu la tendance et m'imposer. Je suis hyper content et je vais me préparer pour demain maintenant.

Que se passe-t-il dans ton esprit après la première demi-heure de jeu où Struff ne rate quasiment rien et te met en difficulté ? Comment tu fais pour que cela bascule ? Quels ajustements fais-tu dans le deuxième set ?
Le piège dans lequel on peut tomber, c'est d'essayer de changer ton jeu et prendre plus de risques et faire beaucoup de fautes et se mettre en danger. On peut jouer au tennis comme cela mais jouer au tennis comme cela pendant 1 heure 30, c'est très compliqué parce que cela demande d'avoir une grosse tonicité. Il y a très peu de joueurs capables de jouer à ce niveau tout un match. La seule chose que j'avais à faire était de me concentrer sur ce que je savais faire, essayer de tenir le plus possible, rester dans le match le plus longtemps possible pour qu’à un moment donné, il baisse un peu et que cela me permette d'imposer un peu plus mon jeu et commencer à développer mon jeu.

Même si tu as gagné à Montpellier en début d'année et que tu as eu d'autres victoires, est-ce que tu considères que ce tournoi marque vraiment ton retour au haut niveau ? Tu t'approches du top 30 et c'est ton premier quart en Masters 1000 depuis 3 ans. Est-ce que tu penses qu'il y a un avant et un après Bercy ?
Pour moi, non, pas vraiment parce que j'attendais ce moment où j’allais un peu enchaîner des victoires sur de gros joueurs parce que cela fait plusieurs mois que je joue très bien. Il me manque encore un peu de physique, un peu de tout mais je sentais que les choses se mettaient en place. Cette année, en n'étant pas tête de série dans les tournois, c'est difficile parce que tu n'as pas le temps de commencer que tu tombes déjà sur des cadors. En plus, quand tu n'as pas joué depuis un an, tu as l'impression que tout va très vite. Mine de rien, quand je regarde ma saison, cette année, il n'y a pas non plus 15 trous d'air. J'ai perdu contre des joueurs, j'ai perdu deux fois contre Medvedev en début d'année, j'ai perdu contre Djokovic, contre Nishikori, contre Thiem, contre des joueurs qui jouent bien. Chaque fois que j'ai perdu d'autres matchs, ce fut des matchs très disputés ou très accrochés où je n'ai finalement pas non plus démérité. Aujourd'hui, je pense que je suis tout simplement sur la suite logique de ma saison et puis j'espère juste que je vais rester en forme pour continuer à progresser et à être de plus en plus solide.

Tu as vraiment de grosses statistiques en indoor. Parmi les joueurs en activité, tu es le deuxième joueur qui a le plus grand nombre de victoires. Même si tes armes sont les mêmes, quelle que soit la surface, est-ce que tu dirais qu’en indoor, tu sens que ton coup droit et ton service sont plus efficaces qu'ailleurs ? Est-ce que tu adaptes ton jeu en essayant d'aller encore plus vers l’avant ?
Pas spécialement, mais ce sont des conditions qui « fitent » parfaitement avec mon jeu, qui est basé sur le service où finalement je m'appuie énormément dessus. Il n'y a pas de vent, pas de soleil, rien. Déjà, c'est agréable parce que cela me permet d'être régulier. En extérieur, c'est toujours plus compliqué. Je considère que j'ai eu aussi des résultats corrects en extérieur, mais c'est vrai que l'indoor me convient parfaitement, encore plus depuis que j'ai changé mon matériel il y a deux ou trois ans.

Retrouver Rafa en quart de finale en Masters 1000, ce sont des matchs que tu as envie de jouer et derrière lesquels tu cours forcément.
Ce sont des matchs qui font énormément progresser. Jouer les meilleurs, c'est toujours hyper bénéfique, peu importe si cela gagne ou si cela perd. C'est toujours une expérience de plus. Aujourd'hui, jouer Rafa au premier tour est pénible, le jouer en quarts, c'est normal. Cela fait partie aussi du développement d'un tournoi mais, pour moi, c'est plus agréable de le rencontrer en quarts de finale en ayant déjà joué des matchs que sur les premiers tours.

Cette saison tu es joué 3 challengers en France : Bordeaux, Cassis et Orléans. En quoi ces tournois t’ont servi ?
Le sens de ma démarche, c'est évidemment de jouer pour retrouver du rythme mais le fait de retourner en challenger m'a donné à nouveau les raisons pour lesquelles je joue au tennis. Quand on va dans ces tournois, les conditions sont toujours plus difficiles. Il y a du combat, tous les joueurs ont envie d'avancer, ils rêvent tous d'être de grands champions et même le public qui vient voir des challengers, c'est un public différent. C'est toujours agréable de jouer ces tournois, parce qu'on se rend compte qu'on fait un métier exceptionnel et que dans les grands tournois, on est un peu loin du public alors que dans les challengers on se rapproche et on entend les gens, le discours des gens, on entend ce qui se dit et cela fait aussi du bien. Cela permet de voir sa carrière avec une autre perspective et me dire que les moments comme aujourd'hui, pour moi, c'est une aubaine et ce n'est que du plaisir. Il n'y a même pas de pression à avoir, de pression à se mettre ; tout est bon à prendre parce que ce n'est pas tout le monde qui vit ces moments.