Après une année de polémiques, est-ce une surprise de retrouver l'Australien en tête de vos votes sur cette catégorie récompensant la tête brûlée de la saison ? Pas vraiment tant Nick Kyrgios, autant adoré que détesté, aura fait plus parler de lui pour son comportement que pour son talent ou ses résultats. Agaçant pour certains, irrespectueux pour d'autres, il ne laisse pas indifférent et au final, c'est exactement ce qu'il cherche. Sauf qu'il finit la saison à la 30ème place mondiale, bien loin de là où son talent devrait le placer.

Le fil rouge de cette saison aura été sa relation plus que houleuse avec Rafael Nadal. Les deux hommes ne s'apprécient guère mais les tensions ont atteint leur paroxysme en 2019. Tout est parti de ce match à Acapulco en février. Après sa défaite, l'Espagnol va pointer du doigt le comportement de l'Australien pendant le match : "Il manque un peu de respect au public, à son adversaire et à lui-même, c'est ce qu'il doit améliorer. Je ne pense pas que ce soit un méchant, pas du tout, je pense que c'est un bon garçon. C'est un joueur avec un talent énorme, il pourrait gagner le Grand Chelem et se battre pour les premières places du classement, mais il est ce qu'il est. Il a fait son show, il a un énorme talent et aujourd'hui, il a bien joué et il a gagné."

En réponse, l'Australien va poster un message sur son compte Instagram en faisant allusion à un dopage de l'Espagnol : "Ne doutez pas de vous, plein de gens le feront à votre place. Je peux sentir l'odeur du sang quand j'affronte ce gars." Un petit émoticône seringue en bonus...

Le clan ne réagira pas mais lorsque Nick Kyrgios en remet une couche mi-mai dans un podcast avec le journaliste Ben Rothenberg, la machine médiatique est lancée : "Rafa est mon exact opposé. Quand il gagne, tout va bien, il ne critique pas l’adversaire, mais dès que je le bats, il dit : « Il n’a pas de respect pour moi, pour mes fans, pour le jeu ». Qu’est-ce que tu racontes ? […] Puis son oncle Toni a dit : « Il manque d’éducation ». Mec, j’ai été à l’école pendant douze ans, je suis éduqué. Je comprends que tu sois déçu que j’ai encore battu ta famille, mais je ne serai jamais comme Nadal, on est trop différents, il faut juste l’accepter."

Le lendemain, l'Australien va totalement péter un plomb à Rome en insultant l'arbitre puis en balançant une chaise sur le court après un jeu de pénalité. Il va ensuite quitter le court alors que le 3ème set venait de débuter.

Quelques jours plus tard, l'Australien va critiquer Roland Garros : "Il faut se débarrasser de la terre battue, qui aime la terre battue ? C’est tellement nul… Roland-Garros, ça craint… C'est nase, c'est à chier..."

La réaction de Toni Nadal ne se fait pas attendre : "Son attitude est mauvaise pour le tennis. C’est un joueur avec du talent, mais il est stupide de dire des choses comme ça. Son comportement à Rome était pathétique, c’est un véritable fléau pour le tennis. Je me sens mal pour lui, mais quelque chose ne va pas, l'ATP lui a donné trop de battage publicitaire, il joue très bien, mais avec une autre mentalité, il aspirerait à mieux, il devrait faire un effort pour changer."

Des propos qui vont donner une nouvelle dimension aux retrouvailles entre Rafa et Nick à Wimbledon. L'Australien va aborder ce match sous tension et deux petits incidents vont émailler la rencontre. D'abord, avec l'arbitre.

Puis au début du troisième set lorsqu'il va délibérément viser l'Espagnol qui montait au filet. Le regard noir de Rafa est l'une des images fortes de la saison. Mais Kyrgios a refusé de s'excuser : "Pourquoi devrais-je m'excuser? Je veux dire, le mec a gagné combien de Grands Chelems ? Combien d'argent il a sur son compte en banque? Je pense qu'il peut bien prendre une balle sur la poitrine, mon frère."

Mais Rafael Nadal n'a pas été la seule cible de l'Australien qui, à Miami plus tôt dans la saison, avait déjà eu à deux reprises des échanges vifs avec les spectateurs.

https://video.eurosport.fr/tennis/masters-miami/2019/video-fuck-you-man-kyrgios-insulte-un-spectateur-et-s-embrouille-avec-l-arbitre_vid1179384/video.shtml

Autre cible, Casper Ruud qui est revenu en octobre dans un média norvégien sur la disqualification de Kyrgios à Rome : "J’ai vu qu’il avait réagi à ma célébration après le match. Certes il était disqualifié, mais j'avais gagné. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé, à un moment il est devenu complètement fou. C’était agréable de le battre. Comment le célébrer ? Peu importe, j’étais heureux, j’ai obtenu 90 points et 50.000 dollars, pourquoi ne pas célébrer ? C’est son problème à lui qu’il soit un idiot sur le court."

Forcément la réponse de l'Australien n'a pas traîné et elle est cinglante : "Hey Casper, la prochaine fois que tu as quelque chose à dire, j'apprécierais que tu me le dises en face, je ne suis pas sûr que tu ne l'ouvrirais comme ça. Jusque-là, je préfère regarder la peinture d'un tableau sécher que de te regarder jouer au tennis, y a pas plus chiant. Mais encore une fois, je comprends pourquoi tu gardes mon nom dans ta bouche, car les gens ne savent même pas que tu joues au tennis."

Le Kazakh Mikhael Kukushkin a également eu sa part du gâteau. Mais on dirait que l'ATP cherche un peu les polémiques. En effet, l'instance internationale demandait sur son compte Instagram ce que les gens pensaient du service à la cuillière.

Kukushkin y avait répondu par un émoji qu'il n'était pas spécialement fan. L'Australien n'avait pas manqué l'occasion pour le troller :
-"Ne t'inquiètes pas mec, je n'ai pas eu besoin de l'utiliser quand je t'ai mis en pièces à Dubaï".
-"Je répondais simplement à la question concernant le service à la cuillière, pas à toi. Pas besoin d'être impoli avec les autres personnes sans raison".
-"Je ne suis pas sûr que le fait de te rappeler le résultat de notre match soit impoli. Je donnais juste mon avis sur le match et l'utilisation du service à la cuillière."

Mais tout ceci était bien futile par rapport ce qu'il s'est passé à Cincinnati au mois d'août. Des insultes, une sortie du court pour casser des raquettes dans les vestiaires et pour finir un crachat envers l'arbitre à la fin du match. Jusqu'en mars, l'Australien devra éviter tout dérapage pour échapper à une une suspension de 16 semaines avec sursis qui plane au-dessus de sa tête depuis fin septembre.

Néanmoins, l'Australien peut compter sur le soutien de... Benoît Paire ! Voici ses propos relayés dans le journal L'Equipe : " Moi j'adore Kyrgios. C'est un mec très important pour le tennis, c'est un mec qui attire les foules. Quand il s'entraîne, c'est blindé. Quand il joue un match, tout le monde l'attend. Il y en a beaucoup qui le critiquent, mais tout le monde est content de le voir jouer. Il peut dépasser les limites parfois, il peut aller un peu trop loin, mais il dit ce qu'il pense. Ça fait du bien au sport, ça bouge un peu. Je suis très content de voir Kyrgios sur un court. J'espère qu'il ne va pas être suspendu. C'est un mec bien. L'ATP utilise aussi beaucoup son image, ils en parlent beaucoup."

Vous avez d'ailleurs placé le Français en deuxième position de votre classement. Il faut dire que l'Avignonnais a également connu quelques moments chauds en 2019.

Si tout le monde a encore en tête son cri de désespoir à Roland Garros face à Kei Nishikori, il a également montré toute sa frustration à Winston Salem face à Gunneswaran parce que le court était mouillé. Mais c'est à l'US Open face à Bedene qui l'aurait insulté à un changement de côté que le Français va se lâcher.

Autres petits moments cocasses à Antalya lorsque le Français va demander à ce qu'on lui découpe son polo parce qu'il avait trop chaud ou encore à Wimbledon lorsqu'il supplie l'arbitre d'aller lui chercher à manger...

https://www.eurosport.fr/tennis/atp-antalya/2019/benoit-paire-inadmissible-de-jouer-dans-des-conditions-pareilles_sto7344491/story.shtml

Comme chaque année, la tournée asiatique ne réussit pas trop au Français. Et il fera bien comprendre à Shanghai face à Basilashvili...

En troisième position de votre classement, on retrouve l'Italien Fabio Fognini. A la fois fantasque et fantastique, il aura surtout crée la polémique à Wimbledon en tenant des propos qui auront choqué le royaume britannique. Mécontent que les organisateurs l'aient envoyé sur un petit court annexe, il va peu à peu sortir de son match face à Tennys Sandgren :
"C'est normal de jouer ici ? Foutus Anglais, vraiment. J'aimerais qu'une bombe explose sur ce club. Une bombe devrait exploser ici." 

Enfin, en 4ème position, vous avez placé le Russe Daniil Medvedev, coupable d'un doigt d'honneur à l'US Open.

Votre classement du prix McEnroe de la saison 2019
1. Kyrgios : 321 voix
2. Paire : 203 voix
3. Fognini : 115 voix
4. Medvedev : 78 voix

Autres principaux joueurs cités : Monfils, Bublik, Tomic, Tsitsipas, Djokovic, Rublev

Le vote de Rodolphe Gilbert : Kyrgios, Fognini, Paire, Medvedev, Monfils

Le vote de Florent Serra : Kyrgios, Tomic, Paire, Fognini, Djokovic