Après les pluies d'hier à Doha, les quarts de finale ont été reportés à ce vendredi matin avant les demi-finales cet après-midi. Pour notre consultant Rodolphe Gilbert, ancien joueur professionnel classé 61ème mondial, n'importe quel joueur professionnel est capable d'enchaîner deux matches dans la journée.

"A titre personnel, ça m'est déjà arrivé de disputer trois matches dans la même journée. Les joueurs français par exemple ont l'habitude de jouer plusieurs matches par jour dans les tournois nationaux. C'est fréquent ! Evidemment, cela a une influence si on joue deux matches de trois heures le samedi et encore deux autres le dimanche. Mais sur le circuit ATP, il y a beaucoup de joueurs qui jouent en simple et en double donc déjà cela leur arrive régulièrement de jouer deux matches dans la journée. C'est donc une habitude pour les joueurs pro de retourner une seconde fois sur les courts même si le double est moins fatiguant que le simple. Tenir deux matches dans la journée, vu comment ils sont entraînés aujourd'hui, il n'y a aucun problème. Pour moi, le fait de rejouer un deuxième match ne va pas influer sur le résultat. Après, il faut tempérer l'analyse par rapport aux conditions. S'il fait 40 degrés et que le premier match dure trois heures, c'est forcément compliqué de rejouer l'après-midi."

"Les joueurs sont capables de jouer au tennis en étant fatigués. On l'a vu avec Medvedev, Rublev ou Ramos la saison dernière. Si on compense par du mental, du relâchement et un jeu simple et rigoureux, on peut produire du bon tennis en étant fatigué. J'ai en mémoire un joueur qui faisait très ça, c'était Pete Sampras. Plusieurs fois, je l'ai vu s'en sortir dans un 5ème alors qu'il était carbonisé parce qu'il se focalisait sur l'essentiel et arrivait à saisir les moindres chances, à jouer relâché et prendre des risques."

"Aujourd'hui, les joueurs sont capables de tenir 5 heures sur le court en Grand Chelem. Ils sont donc bien capables de jouer deux matches de 2 heures ou plus dans la même journée sans que ça puisse influer sur le niveau. Je ne crois pas que les joueurs se posent la question ou s'inquiètent de devoir jouer deux matchs dans la même journée. La question se pose en revanche le lendemain si on a joué deux matches de trois heures la veille, ça c'est sur."

"Après, si le joueur râle sur chaque point, jette ses raquettes, s'énerve. Forcément, cela aura un impact. Dans un tel contexte, il faut être capable de conserver un maximum d'influx nerveux. Cela favorise donc les joueurs plus posés, calmes. Parmi les personnes qui suivent Tennis Break News, il doit y avoir certainement des joueurs qui disputent des tournois, eux il savent qu'on peut jouer deux matches dans la journée. C'est d'ailleurs un problème que je peux aujourd'hui à titre personnel. A 50 ans, on récupère moins vite qu'à 20 ou 30 ans. Et quand j'affronte des jeunes, ça se ressent."

"Sinon par rapport aux conditions de jeu, il a beaucoup plu à Doha depuis hier. Les conditions de jeu vont être lourdes et lentes aujourd'hui. La balle va être remplie d'humidité. La température est importante en tennis. Là il va faire plus frais aujourd'hui et ça va ralentir les conditions de jeu. En terme de dépense énergétique, ce n'est pas la même chose. C'est plus facile du coup lorsqu'il fait plus frais d'enchaîner deux matches."