Le tournoi néo-zélandais est un rendez-vous immuable du début de saison. Depuis un passage éclair en challenger en 1978, Auckland est inscrit au calendrier ATP sans interruption.

Malgré sa proximité temporel avec l'Open d'Australie, de nombreux bons joueurs aiment s'y préparer les jours précédents la quinzaine australienne. David Ferrer a remporté le tournoi à 4 reprises ainsi que Bautista et Isner à 2 reprises. Del Potro ou encore Kohlschreiber ont également soulevé le trophée ces dernières années.

Pour convaincre les joueurs de venir, les organisateurs du tournoi offrent des conditions de jeu similaires à celles de Melbourne en terme de qualité de surface et de balles. En 2017, ils ont même accéléré encore la surface pour préparer au mieux les joueurs aux conditions assez rapides de l'Australian Open. La seule difficulté réside dans le vent, très présent à Auckland qu'on appelle d'ailleurs the "City of Sails" (la cité de la voile) en raison des conditions de navigation idylliques offertes aux bateaux dans la baie d'Auckland au milieu des îles sauvages. Auckland est la capitale mondiale de la voile.

Côté météo en revanche, les températures oscilleront entre 15 et 25 degrés, soit des conditions bien plus fraîches qu'à Melbourne. Aucune pluie n'est pour l'instant à prévoir la semaine prochaine.

Sur les 10 dernières saisons, il y a eu 36,50% d’outsiders (96 sur 263) soit un taux assez élevé (15ème plus haut de la saison). Et chaque saison, le nombre d'outsiders varie entre 8 et 12 sur l'ensemble du tournoi.

Les têtes de série sont pas mal bousculées sur ce tournoi d'Auckland. La proximité avec l'Open d'Australie est une explication évidente. Ils ne sont que 50% à parvenir en quarts de finale. Et sur les 40 derniers demi-finalistes, 17 n'étaient pas une tête de série. Voici en détail depuis 2010, le parcours des têtes de série à Auckland. Les 4 premières têtes de série ne font leur entrée en lice qu'au 2ème tour.
- 59,5% gagnent leur match au premier tour (22 sur 37)
- 62,3% gagnent leur match au 2ème tour (38 sur 61)
- 50% des têtes de série arrivent en quart de finale (38 sur 76)
- 10 finalistes sur 20 possibles
- 7 titres en 10 éditions

Concernant les qualifiés et lucky losers, à noter le titre acquis par Vesely en 2015, le seul depuis 1985. Sinon, on note 43% de victoires au premier tour (21 sur 49). Un taux assez élévé. Cette saison, les 4 qualifiés sont Pospisil, Monteiro, Mmoh et Mikael Ymer. Ils auront les armes pour embêter leurs adversaires.

Parmi les joueurs invités, on peut noter la belle performance de Cameron Norrie l'an dernier. Le néo-zélandais qui possède aussi la nationalité britannique avait perdu en finale contre Tennys Sandgren. Sinon, les Néo-Zélandais invités par la Fédération brillent peu avec un bilan de 3 victoires pour 11 défaites au 1er tour sur les 10 dernières saisons.

Prize money du tournoi d'Auckland :
Défaite au 1er tour : 4.900€
Défaite au 2ème tour : 8.400€
Défaite en quarts de finale : 14.600€
Défaite en demi-finale : 25.700€
Finaliste : 56.700€
Vainqueur : 82.500€

1er quart de tableau
Fabio Fognini est la tête de série numéro une du tournoi. Son bilan sur dur en extérieur (49% de victoires) n'en fait pas un favori pour le titre bien qu'il ait réussi à atteindre deux finales en 2018 à Los Cabos et Chengdu. En 2019, l'Italien a intégré le top 10 mondial pour la première fois grâce notamment à son titre à Monte Carlo. Plutôt performant en fin de saison à Pékin et Shanghai, il n'a pas débuté la saison 2020 de la meilleure des façons avec une défaite surprenante face à Casper Ruud mais il a poussé Medvedev dans un 3ème set et dominé facilement John Isner.

L'outsider de ce quart de tableau semble être Hubert Hurkacz qui a été l'un des meilleurs joueurs de l'ATP Cup avec 3 victoires en 3 matches face à Schwartzman, Thiem et Coric. Le jeune Polonais de 22 ans a réalisé sa meilleure saison en carrière en 2019 et remporté son premier titre à Winston Salem. Sa fin de saison a été très compliquée mais il est repartie sur des bases très élevées en 2020 et pourrait être l'une des révélations de la saison. Sur dur, il a toutes les qualités pour battre les meilleurs joueurs du monde. Ce tournoi est privé d'un top 10 mondial. Hurkacz n'a rien à envier aux 5 têtes de série placées devant lui...

Feliciano Lopez n'a plus atteint une finale sur dur depuis 2016 et son dernier titre remonte à 2010. Difficile d'imaginer l'Espagnol à 38 ans aller loin dans ce tableau. Son compatriote Pablo Andujar a remporté quelques victoires sur dur ces derniers mois mais face à des adversaires à sa portée. Il n'a que 4 victoires en carrière sur dur face aux joueurs du top 20 dont une seule depuis 2012 pour 16 défaites.

Frances Tiafoe est vraiment dans le dur et le ciel ne semble pas s'éclaircir. Le jeune Américain de 21 ans est trop irrégulier. Il compte trop peu de victoires convaincantes pour représenter un vainqueur potentiel sur ce tournoi. Mais même en manque de confiance, il est cependant compliqué à jouer. Sur ses 15 derniers matches sur dur, il a pris un set au moins 13 fois. Mais il a perdu ses 8 derniers matches en 3 sets. Une statistique assez étonnante pour un joueur qui n'a jamais semblé en difficulté physiquement. C'est donc plutôt sur l'aspect mental qu'il doit passer un cap désormais. Mais il est certain que c'est sur dur qu'il peut s'exprimer le mieux (51% de victoires sur les deux dernières saisons).

Résultat de recherche d'images pour "khachanov auckland""

2ème quart de tableau
Quel Karen Khachanov verrons-nous sur les courts d'Auckland ? Le Russe est d'une incroyable irrégularité sur toutes les surfaces depuis son titre à Bercy fin 2018 mais concentrons-nous sur ses résultats sur dur. Sur ses 17 derniers tournois, il a été éliminé 9 fois dès son entrée en lice, 3 fois dès son deuxième match et il n'a atteint que deux fois le dernier carré (Montréal et Pékin). Alors qu'il avait atteint 4 finales (toutes remportées) en 2018, il n'en a disputé aucune en 2019. Un vrai et net recul qui se traduit par 22 défaites en 48 matches face à des joueurs moins bien classés que lui dont 8 face à des joueurs au-delà du top 50 mondial. Le Russe revient à Auckland après un passage mitigé en 2018. Il avait battu Sugita et Cuevas avant de s'incliner face à Del Potro.

L'attraction de ce quart de tableau est la présence de Jannik Sinner, invité par les organisateurs, qui sera opposé à Benoît Paire dans un match qui s'annonce explosif. Grâce à son titre au NextGen et une entrée fracassante dans le top 100 mondial, le jeune Italien de 18 ans est la nouvelle coqueluche du circuit. Il y a énormément d'attentes sur lui. Tout le monde veut voir comment il va poursuivre sa progression. Pour son premier match en 2020, il a été battu par un autre prodige, le Finlandais Ruusuvuori (20 ans et 120ème mondial). On a pu le voir avec Auger, c'est difficile de supporter la pression si jeune. Pour l'instant, Sinner a surtout brillé en indoor mais n'a pas encore de référence en extérieur sur le circuit ATP à part un match perdu en 4 sets face à Wawrinka à l'US Open. De son côté, Benoît Paire est un peu en difficulté depuis sa finale perdue à Winston Salem. L'Avignonnais a raté sa tournée asiatique et sa tournée indoor européenne de fin de saison. Il a semblé repartir sur une meilleure dynamique en ATP Cup avec deux succès sur Jarry et Lajovic mais sa défaite face à Anderson laissera-t-elle des traces ? Benoît Paire a réalisé l'une de ses meilleures saisons en 2019 mais sur dur, son bilan reste assez moyen avec 8 éliminations au premier tour et seulement 2 quarts de finale en 14 tournois disputés. Sa finale à Winston Salem vient sauver les apparences avec seulement 46% de victoires (43V-50D) sur les 4 dernières saisons.

Cameron Norrie, finaliste il y a un an, aura beaucoup de pression sur les épaules pour tenter de défendre ses points. Né en Nouvelle-Zélande, il avait réussi à surprendre Paire, Sousa, Fritz et Struff pour s'offrir sa première finale en carrière. Son niveau de jeu affiché à l'ATP Cup face à Kuzmanov, Darcis et Kyrgios a été peu convaincant.

Quant à John Millman, il est clair que c'est un joueur toujours très difficile à manoeuvrer mais sa finale à Tokyo a quand même été une énorme surprise lui qui n'avait atteint qu'une seule demi-finale sur dur en carrière à Winston Salem en 2016. Il est malgré tout de temps en temps présent en quart de finale. Il compte en revanche seulement 4 victoires pour 19 défaites sur dur face au top 20 mondial. A Tokyo, le seul qu'il avait affronté était Djokovic en finale, ce qui peut expliquer son parcours. A part Khachanov, sa partie de tableau est assez ouverte puisque les plus gros adversaires qu'il puisse affronter seront Fognini, Paire ou Hurkacz.

3ème quart de tableau
John Isner n'est plus le même depuis sa fracture de fatigue au pied gauche en mars dernier. Il était sur une bonne dynamique avec son premier titre en Masters 1000 à Miami, une demi-finale à Wimbledon, un quart de finale à l'US Open et une finale à Miami un an après son titre. Mais après 3 mois d'absence, il n'a plus retrouvé son niveau. Papa en septembre 2018 et de nouveau en octobre dernier, le tennis n'est peut-être plus une priorité. A 34 ans, il est compréhensible de voir le géant américain décliner. Déjà plutôt moyen sur le deuxième semestre 2019 (10 victoires pour 10 défaites), il vient de démarrer 2019 par 3 défaites en ATP Cup face à Ruud, Medvedev et Fognini. Isner est un habitué de ce tournoi puisque c'est sa 9ème participation. Son bilan est de 2 titres et un quart de finale mais seulement 2 victoires pour 4 défaites sur ses dernières saisons. A son avantage, il a une partie de tableau plutôt abordable puisque Mannarino est son adversaire le mieux classé. Mais il n'a que 50% de victoires depuis un an face aux joueurs moins bien classés que lui. Vraiment en-dessous de ses stats en carrière (70%).

Mannarino a déjà atteint la finale ici en 2015. Sa dernière participation remonte à 2017 où il avait perdu au premier tour contre Baghdatis. Depuis sa finale perdue à Zhuhai, le Français vit une période difficile. Sa partie de tableau n'est pas évidente. Andreas Seppi mais surtout Kyle Edmund pourraient le stopper. Le Britannique a fait un bon match à Doha contre Krajinovic malgré la défaite. Son classement (69ème) ne reflète évidemment pas son réel niveau. Avec un peu de confiance et un bon tournoi, il pourrait se relancer. Et pourquoi pas ici à Auckland ? C'est le moment idéal juste avant Melbourne. Sa partie de tableau est abordable. Il a déjà battu Isner à l'US Open. C'est un outsider très sérieux pour le titre à condition qu'il parvienne à oublier sa saison 2019 et repartir du bon pied. Il a toutes les qualités techniques et physiques pour briller ici à Auckland. Il aime bien jouer sur les surfaces dures rapides comme en témoignent sa demi-finale à Melbourne en 2018.

Méfiance tout de même face à Davidovich qui est le match piège parfait pour un premier tour. Le jeune Espagnol a réalisé de très belles choses sur dur en challenger (un titre, une finale et trois demies) sur les 14 derniers mois. C'est son premier match sur le circuit ATP sur dur. Va-t-il réussir l'exploit d'aller chercher le titre ? Cela paraît très compliqué à imaginer si l'on se réfère aux 3 défaites à Milan au NextGen en novembre.

Quant à Tennys Sandgren, le tenant du titre, il n'a remporté que 3 de ses 15 derniers matches sur dur depuis. Avec la pression de sortir du top 100 mondial en cas défaite au 1er ou 2ème tour, il semble compliqué de le voir réussir le doublé mais pas impossible puisque sa partie de tableau est abordable à condition de parvenir au 2ème tour et de prendre le dessus sur John Isner qui avait remporté l'unique duel entre les deux joueurs à Stockholm en 2018 (7-6/6-7/7-6).

4ème quart de tableau
Le favori du tournoi, c'est lui ! Mais Denis Shapovalov parviendra-t-il à gérer la pression et les attentes ? Son niveau de jeu depuis la fin de l'été et l'arrivée dans son staff du colonel Youzhny a transfiguré le jeune Canadien qui a enfin trouvé une certaine régularité dans ses performances : demi-finale à Winston Salem et Chengdu puis son premier titre en carrière à Stockholm (après 7 finales perdues) et enfin cette finale à Bercy, sa première en Masters 1000. En ce début de saison 2020, il n'a pas perdu son tennis, bien au contraire, il continue de surfer sur cet élan de confiance avec deux victoires sur Zverev et Tsitsipas et deux défaites en 3 sets face à De Minaur et Djokovic.

Radu Albot pourrait aussi tirer son épingle du jeu à condition de retrouver son meilleur niveau qu'il a un peu perdu depuis quelques mois. Le Moldave est moins incisif. Titré à Delray Beach, il a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec quelques top 20 sur dur. Son tableau est ouvert jusqu'en quarts. Cecchinato est en difficulté sur dur comme sa récente défaite face à Herbert l'a prouvé. Ugo Humbert a des armes sur dur. Lui qui ambitionne de remporter un tournoi ATP aura pourtant fort à faire pour sortir de ce quart de tableau. Il manque encore un peu de consistance et sa défaite face à Kudla à Canberra n'a pas de quoi le mettre en confiance. Il faudra sortir un gros match au premier tour pour répéter les bons parcours obtenus à Newport ou Anvers, ses deux demi-finales pour l'instant sur le circuit ATP.

L'outsider de cette partie de tableau pourrait être Casper Ruud. Le fils de Christian est avant tout un joueur de terre battue mais son ambition est d'intégrer le top 50 cette saison et il sait que cela passera par des performances sur dur. Ses deux victoires à l'ATP Cup sur Isner et Fognini prouvent l'immense talent de ce jeune norvégien de 21 ans. Même sa défaite face à Medvedev (6-3/7-6) fut de bonne facture face à l'un des meilleurs joueurs du monde.

Nos avis pour le vainqueur du tournoi
Shapovalov @4,50
Hurkacz @10,00
Edmund @13,00
Ruud @21,00
Albot @29,00