7 matches du 2ème tour sont au programme mercredi à Adélaïde pour rejoindre en quarts de finale Dan Evans déjà qualifié. En dehors de l'affiche entre Rublev et Querrey, il faut noter l'entrée en lice de Carreno face à Chardy et un duel espagnol entre Munar et Ramos.

Chardy vs Carreno
Carreno Busta fait son entrée en lice ce mercredi à Adélaïde face à un joueur qu’il connait bien. L’Espagnol a déjà affronté 5 fois le Français dont deux fois sur terre battue la saison dernière. Chardy mène largement 4-1 pour l’instant. C’est jamais évidemment pour un joueur de débuter un tournoi face à Chardy qui empêche ses adversaires de jouer leur jeu et leur rythme. Avec sa qualité de service, le Français a évidemment les armes pour embêter Carreno, revenu à son meilleur niveau sur le 2ème semestre 2019 (23V-9D) avec notamment un titre à Chengdu et des victoires sur Simon, Isner, Goffin, Paire, Shapovalov, Garin, Bublik et Querrey. Il est de retour dans le top 30 mondial mais ne veut pas s’arrêter là. Présent à l’ATP Cup, il n’a pas joué en simple mais 3 fois en double avec Nadal et Feliciano Lopez.

Chardy reste sur une bonne dynamique de victoire. Sa collaboration avec Cédric Pioline est une vraie réussite. Il a fini 2019 par 12 victoires en 16 matches notamment face à Medvedev, Querrey, Kecmanovic, Edmund et Evans.

L’analyse de Rodolphe Gilbert : « C’est une opposition de style entre un joueur stabilisé dans son jeu face à un joueur qui joue un peu tout seul sur le court. Les conditions de jeu vont avoir un vrai impact à mon sens et je vois bien Chardy s’imposer. Il a été très bon face à Gilles au 1er tour avec 83% de points sur sa première balle et 11 aces. Carreno n’aime pas affronter ce genre de joueurs parce qu’il n’a pas la main mise sur l’échange. Avec Chardy, on entre plutôt dans une filière de jeu courte et Carreno fait partie de ces joueurs qui ont besoin de temps pour s’installer dans l’échange. Il aime qu’il y ait du combat. Le profil de Chardy ne le favorise pas, c’est ce qui explique le bilan négatif de Carreno face à Jérémy. Et comme en plus, la surfaces est très rapide, cela risque d’accentuer encore le match up en faveur de Jérémy

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Harris vs Djere
C’est la première fois que les deux joueurs s’affrontent. Laslo Djere (40ème) est plus à l’aise sur terre battue, c’est d’ailleurs sur cette surface à Rio qu’il a remporté son premier tournoi ATP face à Auger. Depuis Umag en juillet dernier, le Serbe n’a plus réussi à enchaîné deux victoires consécutives. Son bilan sur dur en carrière est de 6 victoires pour 22 défaites. Face à lui, Lloyd Harris est bien plus à l’aise sur les surfaces rapides. Le Sud-Africain compte bien rester dans le top 100 mondial. Pour cela, il devrait moins écumer le circuit challenger. Harris a fait une bonne ATP Cup avec deux défaites en 3 sets face à Lajovic et Simon et une victoire sur Jarry. Il sort des qualifications ici à Adélaïde et réussi à écarter Garin au premier tour en 3 sets. Djere lui malgré une victoire sur Sonego à Doha a été inexistant face à Herbert ensuite. L’avantage est du côté du sud-africain qui n’était pas à Doha la semaine passée, qui a pu s’acclimater aux conditions de jeu et n’a pas eu à subir un décalage horaire et un long vol comme Djere. Harris peut s’appuyer sur des matches références en fin de saison dernière comme ses victoires face à De Minaur à Tokyo ou sa demi-finale à Chengdu en dominant Lajovic, Sousa et Fucsovics. Harris propose un tennis agressif, très plaisant et pourrait mettre en danger le serbe, qui ne fait pas partie des meilleurs serveurs du circuit.

Paul vs Cuevas
Tommy Paul (22 ans) fait partie de la nouvelle génération mais sa faible présence sur le circuit principal (seulement 27 matches ATP) fait qu'on parle assez peu de lui. Pourtant, son bilan est assez remarquable avec 12 victoires pour 15 défaites. Beaucoup s'interrogeait sur la cote élevée de Bedene au premier tour et bien l'Américain a apporté la meilleure des réponses. Il l'a balayé en deux sets (6-4/6-4) sans aucun problème alors que le Slovène était sur une bonne dynamique depuis la fin de l'été. Paul avait également battu très facilement Nicolas Jarry en qualifications. Le voilà en 8èmes de finale, à une marche de son troisième quart de finale sur le circuit ATP après Atlanta et Washington en 2017. A l'époque il n'avait que 20 ans mais prenait le dessus sur Fritz et Pouille. Il était même en mesure de se procurer 3 balles de match face à Nishikori, 9ème mondial à l'époque. Voilà donc un joueur qui semble être un peu sous-côté. En revanche, pour ce match face à Cuevas, les bookmakers ne le prennent pas du tout de haut et le positionne en favori à presque 75%. Un peu extrême sans doute face à l'un des joueurs les plus talentueux du circuit mais tellement irrégulier. Pablo Cuevas est avant tout un joueur de terre battue avec 76% de ses matches en carrière disputés sur l'ocre et 82% de ses victoires. Ce n'est donc pas sur dur que l'on peut attendre un exploit de l'Uruguayen qui aime avoir du temps pour préparer ses envolées de revers. Néanmoins, sur dur, son bilan n'est pas médiocre avec 41% de victoires dont certaines face à des cadors du circuit (Thiem, Goffin, Karlovic, Berdych, Roddick et Davydenko). Totalement inexistant à l'ATP Cup face à Nishioka et Nadal (un peu moins ridicule face à Basilashvili), Cuevas a pris un bon départ en venant à bout d'Opelka sur une surface rapide. Un sacré exploit même s'il a été bien aidé par Opelka incapable de convertir 3 balles de match dont une sur son service. La cote de Cuevas est trop haute. Partir sur un set Cuevas peut être un bon investissement.

Munar vs Ramos
Albert Ramos, le coupeur de tête ! Cet homme a une capacité hors norme à gagner plus de match en outsider qu'en favori. Encore une fois, face à Jordan Thompson, il a prouvé qu'il était vraiment pénible à jouer... et à pronostiquer ! Il est vrai que son bilan sur dur (38% de victoires en carrière) n'était pas beaucoup inférieur à celui de l'Australien (41%) mais Thompson semblait être sur une autre dynamique depuis plusieurs mois. Seulement, affronter le gaucher espagnol, même sur dur, est un obstacle toujours compliqué à franchir, même sur une surface rapide comme celle d'Adélaïde et devant son public. Depuis un an, Ramos s'est offert Monfils, Cilic, Pouille, Copil, Kecmanovic, Nishioka et Dzumhur. Un beau filet de pêche pour un terrien ! Sur ce 2ème tour, il est opposé à son compatriote Jaume Munar, jeune espoir de 22 ans, également biberonné à l'ocre où il a joué 51 de ses 69 matches en 2019. Munar est un disciple de l'académie Nadal et il s'est d'ailleurs entraîné avec son mentor durant l'intersaison, notamment sur le service. Pour l'instant, cela ne porte pas ses fruits puisque Munar s'est incliné en challenger face à Kudla et en qualifications face à Barrère. Repêché après le forfait de De Minaur, il se voit offrir une seconde chance. Il a pour l'instant jamais réussi à battre Ramos (4 défaites en 4 matches sur terre battue). Les conditions rapides australiennes n'avantagent aucun des deux joueurs qui aiment les longs rallyes et épuiser leurs adversaires. Par le passé, Munar a été capable de battre De Minaur en challenger ou Rublev à Winston Salem. Au NextGen 2018, il avait réussi à tenir tête à ses petits camarades. En 2019, Ramos a remporté 43% de ses matches en outsider mais sur dur depuis 2017, il a perdu 12 de ses 19 matches lorsqu'il était favori...

Struff vs Bolt
Struff pourrait être un outsider à la victoire finale. Tête de série numéro 7 du tournoi, il a évité Verdasco au premier tour pour finalement affronter l'Italien Caruso. L'Allemand s'est imposé sans aucune difficulté (6-4/6-2) sans concéder un break et en remportant presque 90% de points sur sa première balle. Cette surface d'Adélaïde lui convient parfaitement à condition qu'il soit appliqué et concentré. C'est le principal problème de Struff : son irrégularité. Il peut passer du brillant comme face à Tsitsipas à Cincinnati au médiocre comme face à Soeda à Tokyo. Il n'a aucune intelligence tactique. C'est pourquoi à 29 ans, Struff n'a pas encore disputé la moindre finale sur le circuit ATP, s'inclinant 7 fois en demi-finale. Toutefois, sur ce match, il est logiquement favori. L'Australien Bolt n'a pas les armes sur le papier pour contrer la puissance au service et en coup droit de l'Allemand. Bolt s'est qualifié au dépend de Stephane Robert, repêché après le forfait d'Herbert. La cote de Struff ne mérite aucun investissement en raison de son irrégularité mais il faudrait une sacrée dose de courage pour imaginer une défaite. S'abstenir est donc la meilleure solution.