Qu'arrive-t-il à Auger depuis 6 mois ? Le jeune Canadien n'avait que 18 ans lorsqu'il est entré dans le top 20 mondial. Et la probabilité d'une incapacité à gérer cette nouvelle pression est à prendre en compte. De son côté, le clan Auger laisse filtrer l'information que ça serait plutôt la faute à une nouvelle raquette qu'il utilise depuis l'intersaison. Cela expliquerait ses mauvaises performances à l'ATP Cup. Et il réfléchit déjà aprè seulement une semaine de compétition à récupérer son ancienne raquette. Problème, elles sont à Montréal et à Monte Carlo... Cela montre le degré de perdition dans lequel se trouve le clan Auger. Au-delà de cette nouvelle raquette qui s'acclimate mal aux conditions de jeu australiennes apparemment, on attend toujours une explication sur la crise de résultats des 6 derniers mois.

"Sur ce début de saison, je perfectionne encore mon jeu. Je ne dirais pas que je me cherche, mais je cherche à trouver mon rythme. Il faut être objectif par rapport à mes défaites à l'ATP Cup, il y a mon niveau de jeu mais aussi celui de mes adversaires. Mis à part le premier match, j'ai quand même joué des joueurs de haut niveau. Millman a très bien joué. Contre Struff, j'ai eu un premier set quand même compliqué où je me cherchais un peu. Face à Lajovic, au niveau de l’effort physique et de la concentration, j’étais dans mon élément. Mais c’est sûr que la raquette, faudra voir ce que je vais faire. Je dois m’ajuster rapidement pour voir comment je vais continuer la suite de la saison. Je me sentais bien avec pendant l'intersaison. Maintenant, il y a certaines choses que je n’aime pas, en toute honnêteté. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant, à part que je continuerai à m’adapter. Déjà, je n'ai aucun doute sur la façon dont je veux jouer. Je pense qu’en fin de saison dernière et même à l'ATP Cup, j’avais encore quelques hésitations à savoir si je voulais être très agressif ou plutôt passif, ou encore plutôt agressif-solide. Maintenant, je n'ai plus aucun doute sur la façon dont je veux jouer. Avec mon gabarit et mon style de jeu, je dois aller chercher mes points, ne pas avoir d’hésitation, et continuer d’aller vers l’avant.

Toutes ces réfléxions sont légitimes mais n'abordent pas le problème de fond : Auger est-il capable de jouer son meilleur tennis en étant sous le feu des projecteurs ? Ne lui-faut pas plutôt un peu d'ombre ou cas échéant, s'entourer d'un staff capable de l'accompagner dans cette lumière ? Dans tous les sports, certains entraîneurs à poigne ont permis à de nombreux jeunes de franchir le pas de la starisation et du professionnalisme.

Il y a un an, Felix Auger-Aliassime jouait les qualifications du tournoi de Pune, s'inclinait en qualifs à Melbourne et jouait en challenger à Rennes. Ce qu'il a vécu en un an est très difficile à supporter. Il n'a pas eu de transition entre la 120ème et la 20ème place mondiale. Plutôt que de chercher des excuses sur la raquette, sur un problème physique, sur une recherche d'identité de jeu, la question d'un changement de staff devrait être posée. Son statut a changé, il a pris une dimension mondiale. Son staff est-il capable de l'accompagner dans cette évolution ? Pour l'instant, à travers ses résultats depuis 6 mois, la réponse tend vers la négative.

Résultat de recherche d'images pour "auger marx fontang""



Ses temps de passage à moins de 20 ans sont excellents et laissent présager un avenir radieux mais pour cela, il faut être entouré de personnes compétentes pour faire grandir une pépite. Il y a des entraîneurs compétents pour former les jeunes à devenir pro et ensuite d'autres personnes pour accompagner le pro à gérer son statut de star. Il faut du courage pour faire évoluer une structure qui a fonctionné pendant des années. Guillaume Marx et Frédéric Fontang sont des entraîneurs hors-pair, ce qu'ils ont réussi à faire avec FAA est exceptionnel. On peut voir aussi que certains joueurs ou joueuses mettent du temps à réaliser l'évidence. Shapovalov, par exemple, a eu le courage de couper une partie du cordon qui le reliait à sa mère et de faire appel au Colonel Youzhny. On a vu un effet immédiat. Lorsque le talent est présent, parfois il suffit d'un petit déclic pour faire basculer une carrière.

Après un été catastrophique, les entraîneurs d'Auger comptaient sur la trêve après l'US Open pour aider leur joueur à faire le vide et repartir de l'avant sur le dernier trimestre. Raté (2V-4D). Ils comptaient sur l'intersaison hivernale pour démarrer 2020 sur de meilleurs auspices. Encore raté avec 3 défaites en 3 matches sans compter le match face au Grec classé 483ème mondial. Voilà donc Felix Auger face à un virage. Son problème dorénavant est qu'il va devoir commencer à défendre les points ATP qui l'ont porté dans le top 20 mondial, soit 47% de son total sur le premier trimestre. Depuis 6 mois, il n'a pas pris de points mais il surfait sur la vague du premier semestre. Maintenant, s'il ne produit pas les résultats espérés, il va commencer à dégringoler au classement et affaiblir un peu plus une confiance déjà rempli de doutes. Et surtout, il ne sera plus tête de série dans les tournois et devra commencer à cravacher.

Un joueur qui sert mal, qui accumule les doubles faute, est un joueur qui a un problème mental. On le voit avec Alex Zverev. Auger n'a pas de problèmes physiques mais seulement dans la tête, il n'est pas en mesure pour le moment d'assumer ce statut de top 20 mondial. Ce tournoi d'Adélaïde est une belle opportunité pour se relancer. Mais il doit avoir une vision à long terme et si une aide extérieure est nécessaire pour l'aider à se maintenir dans le gratin du tennis, alors qu'il n'hésite pas à le faire.

Pour en savoir sur Felix Auger-Aliassime, voici son portrait et son histoire :
https://tennisbreaknews.com/2019/12/30/faa-force-agilite-ambition/