Dans l'ombre du top 10, quelques joueurs sont prêts à aller le plus loin possible dans ce tournoi. On pense notamment à Stan Wawrinka, Pablo Carreno-Busta, Kevin Anderson, Felix Auger-Aliassime ou encore John Isner.

Tour d'horizon de ces rencontres qui ont lieu ce mardi !

Wawrinka vs Dzumhur
Après une saison 2019 totalement ratée (13 victoires pour 21 défaites), le Bosnien a chuté au classement. Après sa défaite en qualifications à Doha face à Popyrin, il est parti en challenger pour essayer de gratter des points mais il a été stoppé en quarts de finale par l’Italien Vavassori (341ème). De son côté, Stan Wawrinka, favori à Doha, a chuté en demi-finale face à Corentin Moutet malgré le gain du premier set. Les deux joueurs se sont affrontés à trois reprises et c’est Damir Dzumhur qui mènent dans cette série notamment grâce à cette victoire acquise à Genève l’an passé. Dzumhur est plutôt un joueur de terre battue où il affiche un ratio de 65% de victoires en carrière et 46% sur le circuit ATP. Mais sur dur, Dzumhur est à 50% de victoires sur le circuit principal dont 2 titres remportés en indoor. S’il n’aime pas le gazon, Wawrinka est un joueur bien plus habile sur dur comme l’attestent ses 9 titres sur cette surface, dont l’Open d’Australie en 2014 et l’US Open en 2016, son dernier titre sur dur. Gêné par des pépins physiques récurrents, le Suisse a quand même fait son retour dans le top 20 mondial (15ème) malgré un bilan 2019 contrasté (33V-19D). Stan Wawrinka fait partie de ces joueurs qui aiment les grands rendez-vous et l’odeur des Grands Chelems où son bilan (72% de victoires) est supérieur à son bilan en carrière tous tournois confondus (63%). Même si on dit souvent que Wawrinka est un diesel, un peu lent à entrer dans ses tournois, il a signé malgré tout 18 victoires sur ses 20 dernières entrées en lice en Grand Chelem, battu par Medvedev à Wimbledon et Garcia-Lopez à Roland Garros.

De son côté, Dzumhur a avoué avoir très mal géré sa notoriété et ses succès (23ème mondial en juillet 2018). Cela fait qu’il accumule les blessures depuis. La cote de Wawrinka est très basse, l’investissement est risqué mais comment imaginer une défaite du Suisse sur ce match ? Wawrinka n’a perdu qu’un seul de ses 60 derniers matches avec une cote inférieure à 1,20 (vs Griekspoor à Rotterdam en 2018).

Carreno vs Kovalik
Pablo Carreno Busta, 28 ans et 30ème à l’ATP avait atteint le 4ème tour de l’Open d’Australie l’an dernier, tombant face à Kei Nishikori au bout d’un match fou de plus de 5 heures. Il arrive à Melbourne avec un esprit de revanche. Ancien top 10, il peine un peu à retrouver son meilleur niveau comme le montre son début de saison un peu poussif à Adélaïde, où il a été battu sèchement dès le 2e tour par le futur finaliste Lloyd George Harris (6-3/6-3). Il se présente néanmoins comme grand favori face à son adversaire du jour. Sur le papier, il est clair que Jozef Kovalik ne semble pas présenter une réelle menace pour l’Espagnol. Le Tchèque, 175ème au classement ATP a été éliminé au dernier tour des qualifications avant d’être repêché comme lucky loser. C’est sa 8ème participation au tableau final d’un Grand-Chelem. Son bilan actuel : 7 matches, 7 défaites ! Il n’a donc jamais franchi le cap du 1er tour dans un majeur. Âgé (déjà) de 27 ans, Kovalik a atteint son meilleur classement en 2017 en grimpant à la 80ème place mondiale. Il plafonne et peine à se faire une place de choix au sein du circuit ATP. Son principal fait d’arme remonte déjà à 2016 au tournoi de Chennai où il avait battu le Croate Marin Cilic alors 6ème joueur mondial. Pablo Carreno Busta est logiquement le favori de cette rencontre et devrait s’en sortir sans trop de problèmes en 3 ou 4 sets.

Auger vs Gulbis
Felix Auger-Aliassime a explosé sur le circuit principal en s’installant dans le top 20 mondial moins de 6 mois après ses débuts sur le circuit ATP. Puis le deuxième semestre fut beaucoup moins abouti, voire même assez inquiétant. Après un début de saison raté à l’ATP Cup, le jeune Canadien (19 ans) a su se remobiliser à Adélaïde quelques jours avant le début de l’Open d’Australie. Il affronte le talentueux et fantasque Ernest Gulbis qui a disparu des radars la saison dernière (seulement 6 victoires pour 17 défaites) mais sort des qualifications sur ce tournoi de Melbourne. Auger se présente donc comme le favori de cette rencontre mais faut-il se méfier d’une possible surprise ?

L’avis de Florent Serra 
: «Auger a fait un très bon match contre Rublev. Pour moi, il n’y aura pas de match sur cette rencontre mais après je peux me tromper. Gulbis est dangereux dans les grands matches c’est vrai mais par rapport à ce que j’ai vu d’Auger à Adélaïde, cela devrait suffire pour battre le Letton. Le danger c’est que Gulbis sert très bien et peut tenter des choses incroyables et quand ça rentre dans le court, forcément, c’est difficile de s’en sortir. Il a un gros coup droit Gulbis mais comme Auger se déplace très vite et prend la balle tôt avec beaucoup de puissance, à mon avis, Gulbis n’aura pas la capacité de s’imposer sur un match en 5 sets. Il pourrait prendre un set éventuellement mais Auger est au-dessus s’il parvient à rester stable mentalement, appliqué au service et qu’il ne fait pas 3 fautes directes par jeu comme il a pu le faire depuis 6 mois et comme Shapovalov a pu le faire la nuit dernière face à Fucsovics. Ce sont des jeunes joueurs donc tout est possible mais en cadence, il est plus fort. Ca fait un moment qu’on n’a pas vu jouer Gulbis, c’est un match intéressant sur le papier en terme de spectacle. »

Anderson vs Ivashka
Le géant sud-africain a vécu une saison 2019 difficile, à 33 ans son physique grand et longiligne commence à montrer des signes de fatigue. Blessé au genou puis au coude il a dégringolé au-delà de la 100ème place. De retour à la compétition lors de l'Atp Cup, il a montré des signes encourageants en poussant Djokovic à jouer deux tie-breaks et disposant ensuite de Paire et Garin. Lors de ces 3 matchs il a montré que ses blessures n'étaient plus qu'un lointain souvenir. Sa puissance dégagée au service et en coup droit laisse présager un retour au haut niveau très rapidement. Le Biélorusse Ivashka s'est extirpé des qualifications avec brio. Le 149ème mondial a atteint en 2019 son meilleur classement (80ème) mais peine à confirmer les promesses. Grand joueur d'1m93, sa principale arme reste son service mais il n’a pas une grande vitesse de déplacement. Dans un bon jour, il a été capable de battre Stan Wawrinka à Marseille mais sinon il peine face aux joueurs du top 50 (15 défaites pour 3 victoires). Une chose est sûre, nous allons assister à un match de « bûcherons » et les services gagnants risquent de pleuvoir. La seule confrontation entre les deux joueurs avait tourné à l'avantage d'Anderson en 2018 à Toronto (7-5/6-3). Dans un style de jeu similaire, le sud-africains réalise tout en mieux que son adversaire. La victoire de l'ancien numéro 5 semble inévitable à condition qu’il soit à 100% physiquement.

Isner vs Monteiro
Depuis sa fracture du pied en mars dernier, l'Américain ne retrouve pas son meilleur niveau. Depuis son titre à Newport en trompe-l'oeil, il est bien loin de ses standards de victoires : 48% contre 63%. Dans le jeu, il est bien moins souverain. En ce début de saison, il ne semble pas repartir sur une nouvelle dynamique. Il concède en moyenne 0,46 balle de break par jeu contre 0,29 en carrière. Sur ce premier tour, il affronte pour la première fois Thiago Monteiro. Le Brésilien est un spécialiste de la terre battue, surface sur laquelle il a remporté 28 de ses 35 victoires en carrière sur le circuit ATP. Face au top 100, il ne compte que 5 victoires pour 17 défaites et ce bilan s'aggrave lorsque l'adversaire mesure plus d'1m93 : 0 victoire pour 5 défaites (Paire 2 fois, Anderson, Troicki et Tomic). Mais à Melbourne, Isner a un bilan de seulement 13 victoires pour 11 défaites. Assez faible pour une surface rapide qui met à l'honneur les serveurs. Contrairement à Tsonga, Raonic, Cilic, Berdych, Monfils, Kyrgios, Chardy, Del Potro, John Isner n'a jamais disputé le moindre quart de finale à Melbourne. Néanmoins, difficile d'imaginer une défaite de l'Américain sur ce premier tour. Lorsqu'il affronte un terrien gaucher sur dur, il gagne presque à tous les coups : 6 victoires (Pella, Ramos, Vesely 2 fois, Bellucci et Verdasco) sur ses 7 derniers matches. Seul Nadal l'a battu. Thiago Monteiro sort d'un bon tournoi à Doha mais un Grand Chelem c'est autre chose et là, le Brésilien compte 3 défaites en 3 matches à Melbourne et New York.