Cette nuit, un duel très intéressant nous attend entre Grigor Dimitrov, surnommé Baby Fed et ancien numéro 3 mondial, et Tommy Paul, jeune américain de 22 ans. Les deux joueurs ne sont encore jamais affrontés, et sont aux antipodes : Si l’un est jeune, en plein essor, et progresse de tournois en tournois, l’autre a déjà 28 ans. Pour beaucoup, l’âge d’or de Grigor est déjà passé, il atteint son plafond de verre, il y a trois saisons maintenant, saison qu’il avait survolé avec 4 titres, dont un Master 1000, et le Masters de fin d’année, remporté face à David Goffin. Depuis le niveau du Bulgare n’est plus le même, bien qu’il reste tout de même un bon joueur, demi-finaliste lors du dernier US Open après avoir battu Federer pour la première fois de sa carrière en 8 confrontations. Ce regain de confiance lui permettra d’atteindre le dernier carré du Rolex Paris Masters en dominant Goffin et Thiem notamment. Néanmoins, cela ne permet pas de se voiler la face : la saison 2019 du Bulgare n’a, dans son ensemble, pas été bonne : sur 21 tournois disputés, Grigor sera éliminé à neuf reprises dès son entrée en lice et 5 fois dès son deuxième match. Pour comparer, il avait remporté 49 victoires en 2017, contre seulement 22 la saison dernière, son plus faible total depuis ses vrais débuts en pro en 2011. De plus, Dimitrov a été l’auteur de défaites surprenantes face à Corentin Moutet à Wimbledon ou le 405ème mondial Kevin King à Atlanta.

Néanmoins, Grigor Dimitrov semble particulièrement aimé l'Open d'Australie où son bilan depuis 2014 est assez impressionnant : une demie, deux quarts, deux huitièmes et un 3ème tour. Il s'apprête à disputer son 97ème match en Grand Chelem, il a donc une expérience non négligeable en grand chelem.

 Sur le début 2020, Grigor a encore un peu de mal, comme peut l’attester sa défaite face à Goffin durant l’ATP Cup. De plus, le Bulgare dit souffrir de boursouflures au niveau du poignet, ce qui le gênerait dans son tennis. 

Du côté de l'Américain, la saison 2019 a été plutôt bonne avec 3 titres en challengers et une finale perdue pour plus de 100 places gagnées. Après s’être plaint de ne pas se voir attribuer une wildcard pour le dernier US Open, qui lui revenait logiquement par rapport à son classement, l’Américain ne sera pas en capacité de sortir des qualifs, malgré son talent et tout l’engouement autour de sa mésaventure qui aurait pu le motiver. Même Sir Andy Murray en personne l’a défendu, c’est dire la proportion que cette non-attribution a pris. Mais Tommy Paul et l’USTA (Fédération Américaine de tennis) c’est une histoire compliquée, dont les origines remontent à un match joué en double avec Johnson à l’US Open 2017, perdu 6-0//6-0. Le hic ? Tommy n’est pas apparu très frais, et n’était visiblement pas capable de jouer au tennis, à la suite d’une soirée trop arrosée la veille. Depuis, c’est une sorte de guerre froide entre les deux camps, et Tommy doit faire sans l’appui de sa Fédération, appui dont jouissent ses camarades que sont Opelka ou Fritz. Néanmoins, Tommy avance, seul dans son coin. Alors oui il avance plus lentement, mais il a encore le temps. Jouant beaucoup sur le circuit challenger, c’est sur dur et sur terre qu’il est le plus à l’aise, comme peut le prouver sa victoire du tournoi junior de Roland Garros en 2015. Cette saison, Paul apparaît appliqué, il a atteint les demies finales du tournoi d’Adelaïde, avant de s’incliner contre Harris.

En termes de jeu, les deux joueurs ne font pas partie des plus grands serveurs du circuit, leur service va leur permettre d’installer leur jeu, et de sortir l’adversaire du court en cherchant plus des zones que de la puissance. Si Grigor se fait surnommer Baby Fed, ce n’est pas pour rien : le jeu du bulgare est très similaire à celui de l’helvète, avec un revers à une main somptueux. S’il s’agit là du coup fort du bulgare, il n’en est pas de même pour l’américain, qui favorisera toujours son coup droit, lui offrant de lourds passings, et lui permettant de pousser son adversaire hors de l’air de jeu.

Le match risque d’être plus serré qu’il n’y paraît, et il est tout à fait probable de voir au moins 4 sets dans cette rencontre. En effet, malgré son bilan favorable à Melbourne, Dimitrov a encaissé au moins un set ici à 23 reprises en 32 matches dont 15 fois face à des joueurs moins bien classés que lui. Néanmoins, face à ce type de joueurs, la victoire est quasiment acquise au Bulgare : 20 victoires pour 2 défaites (Edmund et Tiafoe).