Fin du 2ème tour ce jeudi en Australie avec certainement un peu de pluie qui viendra perturber le programme. Quelques beaux duels sont attendus la nuit prochaine comme ce Verdasco/Basilashvili ou encore Bedene/Gulbis, Fritz/Anderson mais aussi Wawrinka/Seppi, Carreno/Gojowczyk, Munar/Popyrin, Sugita/Rublev et enfin Khachanov/Ymer.

C'est le troisième affrontement entre Verdasco et Basilashvili. Pour l'instant, les deux joueurs ont chacun un match. Ce troisième duel revêt une autre dimension puisqu'il va offrir un billet pour le 3ème tour de l'Open d'Australie. L'Espagnol est donné favori de cette rencontre. Déjà au premier tour, le Géorgien semblait un peu sous-estimé par les bookmakers qui le mettaient quasiment à jeu égal avec le jeune et inexpérimenté Coréen Kwon. Basilashvili s'en est sorti difficilement en 5 sets, donnant de fait un peu raison aux bookmakers. De son côté, Verdasco a balayé Donskoy en 3 sets sans aucune difficulté.

L'avis de Florent Serra : "On a deux systèmes de jeu différents. Même si Verdasco fait moins tourner la balle que Nadal par exemple, il a une patte gauche qui peut gêner Basilashvili sur dur parce qu'il a ce coup droit sortant qui va tomber sur le revers du Géorgien. Basilashvili va jouer en cadence et tenter d'envoyer des misses de coup droit dans tous les sens pour prendre de vitesse l'Espagnol. Il peut aussi utiliser son revers long de ligne pour prendre du temps dans le revers de l'Espagnol. Basilashvili est un joueur qui prend beaucoup de risques. C'est un match difficile à pronostiquer avec une belle opposition de style. Avec son service slicé, Verdasco amenera plus de variations. Il devra être patient et surtout pas entrer dans le jeu de Basilashvili en envoyant des grosses frappes dans tous les sens. A ce petit jeu, le Géorgien est plus fort et Verdasco risque de commettre trop de fautes. Y a beaucoup de talent des deux côtés mais beaucoup d'irrégularité aussi. Ils sont assez imprévisibles. Le vainqueur sera celui qui arrivera à trouver des angles courts croisés et commettra le moins de fautes possibles. Je donne un très léger avantage à l'Espagnol par rapport au fait qu'il devrait agresser le Georgien sur ses secondes balles et lui mettre beaucoup de pression. Mais il ne devra s'agacer ni se précipiter. Ce ne sont pas deux joueurs très portés vers l'avant mais Basilashvili est un peu en dessous aussi dans ce secteur de jeu. Pour moi, le coup droit de Verdasco va plus gêner le Géorgien que l'inverse."

Pour ce deuxième tour, nous allons assister au 17ème face à face entre Seppi (85ème) et Wawrinka (15ème) qui mène 11 à 5. La dernière victoire de l'Italien remonte à 2012 au Masters de Rome. Le Suisse est archi favori sur ce match et cela peut se comprendre puisqu'il est invaincu sur dur face à Seppi et n’a perdu qu’un set en 9 rencontres. Wawrinka est extrêmement puissant que ce soit en coup droit, en revers ou au service et son but faire reculer son adversaire en distribuant ses coups avec beaucoup de variations. Au premier tour face à Dzumhur, il s’est montré très réaliste en breakant par trois fois le Bosnien. Il devra néanmoins élever son niveau de jeu face à l'Italien mais Wawrinka a l'habitude des premiers tours de rodage en Grand Chelem. En revanche, Andreas Seppi (35 ans) a créé la surprise pour son entrée en lice en écartant le jeune Serbe Kecmanovic largement favori sans concéder un set. L'Italien a tout simplement offert une partition parfaite. Solide au service avec 78% de points gagnés derrière sa première balle et une qualité de retour auquel nous n’avions plus été habitué depuis un moment de la part de Seppi. L’italien vit sans doute sa dernière saison sur le circuit, il joue donc relâché et sans pression. Il souhaite prendre du plaisir sur un Grand Chelem qu’il apprécie et où il a obtenu ses meilleurs résultats avec 3 huitièmes de finale dont celui de 2017 déjà face à Wawrinka (défaite 7-6/7-6/7-6). Ce match est à prendre au sérieux pour le Suisse. Il lui faudra être tout aussi efficace au service (21 aces face à Dzumhur) et plus rigoureux à l'échange (41 fautes directes face à Dzumhur). Avec 76% de victoires en Grand Chelem sur dur, la victoire du Suisse serait logique.

Ernest Gulbis… on l'adore ou on le déteste ! Un peu à l’image de Nick Kyrgios ! En clair, le Letton est passé à côté d’une grande carrière à cause d’un mental peu en phase avec son immense talent. Non pas qu’il soit fragile, non ! Mais simplement parce que pour lui, le tennis n’est qu’un passe-temps, un hobby et non pas un métier ni même une passion. Fils de milliardaire, Ernest Gulbis aurait pu titiller les sommets du tennis mondial s’il n’était pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche. Et preuve s’il en faut que c’est pourtant un surdoué du tennis, il a, au cours  de sa carrière, accrocher les plus grands joueurs du monde à son tableau : Federer par deux fois, Djokovic, Murray, Del Potro, etc. Il n’y a que Rafael Nadal qui ne s’est jamais incliné face à lui… et pour son entrée dans le tournoi, Gulbis vient d’accrocher un potentiel futur n°1 mondial à son palmarès : Félix Auger-Aliassime, en 4 sets ! C’est son quatrième succès de rang puisque, descendu à la 254e place mondiale, le Letton a dû passer par les qualifications pour accéder au tableau final. Gulbis reste un joueur talentueux, capable du meilleur…mais aussi du pire ! Face à lui, tout l'inverse, la rigueur incarnée par le Slovène Bedene, 55e au classement ATP, qui a une réelle chance de s’imposer. Il est d’ailleurs le favori des bookmakers, grâce à son classement et à l’inconstance historique de Gulbis. Néanmoins, on peut considérer qu’il est moins fort que Auger-Aliassime. Au 1er tour, il a écarté l’Australien Duckworth en 5 sets et 4 heures de jeu. Cela risque de laisser des traces surtout face à un gars comme Gulbis s'il est un minimum concerné par le match. Bedene est très fort dans les petits tournois, les petits matches mais peine face aux tous meilleurs et dans les grands tournois avec seulement 26% de victoires en Grand Chelem. Il n'a atteint le 3ème tour que trois fois en 26 participations. Il est très fort au service mais on a vu que Gulbis n'était pas gêné par ce type d'opposition. Auger, malgré une belle réussite en première balle (61%) n'a inscrit que 8 aces et perdu le match en concédant son service que 3 fois. C'est que Gulbis est lui aussi un excellent serveur. Cette surface de Melbourne semble l'inspirer sur ce début 2020... Son historique à Melbourne était pourtant assez inexistant avant cette année : 8 éliminations dès son premier match et 2 défaites au 2ème tour...

Après une saison 2019 quasiment blanche en raison d'une blessure au coude suivi d'une blessure au genou, Kevin Anderson démarre cette saison 2020 en dehors du top 100. Il a tout à reconstruire, lui qui était arrivé dans le top 5 mondial avec beaucoup de courage et de détermination. Il affronte un jeu loup, dans le même registre de jeu que lui, qui cherche également à se relancer après un deuxième semestre 2019 totalement raté. Ses deux finales perdues à Atlanta et Los Cabos laissent pourtant présager tout autre chose. Ce duel de serveur promet des étincelles et peu d'échanges. Le Sud-Africain est donné légèrement favori des bookmakers.

L'avis de Florent Serra : "Il faut se méfier qui aime bien ce genre de matches et briller lorsqu'on ne l'attend pas. Les deux joueurs ont une grosse première même si Anderson est légèrement plus grand de quelques centimètres. La clé du match pour l'Américain sera d'utiliser au mieux son coup droit pour faire bouger Anderson et l'user physiquement. Il sort d'un match en 5 sets face à Ivashka, il a peu de matches dans les jambes donc Fritz a un bon coup à jouer mais il va devoir mieux jouer qu'il ne l'a fait depuis plusieurs mois. S'il est trop tendre ou trop attentiste, il va se faire agresser par Anderson. A l'inverse, si Fritz parvient à sortir Anderson du court, alors le Sud-Africain ne sera pas sur ses appuis comme il aime bien et forcera ses frappes. Si j'étais le coach de Fritz, je lui dirais de varier ses positions au retour pour essayer de le troubler. Quand il est bien physiquement, Anderson a une belle amplitude du fond du court et couvre bien son terrain, il est difficile à déborder. Mais sera-t-il à 100% ? C'est pas très rassurant d'avoir encaissé deux sets par Ivashka. Taylor Fritz est quand même un cran au-dessus du Biélorusse. Le premier qui prendra l'initiative dans le jeu prendra le dessus sur l'autre. Mais pour moi sur ce match, c'est la récupération d'Anderson qui va déterminer le résultat."

Andrey Rublev, jeune espoir du tennis russe, continue son parcours sans faute depuis le début de la saison : 9 matches et autant de victoires avec déjà deux tournois remportés. 2020 a débuté comme 2019 avait terminé pour le 16e joueur mondial qui, s’il continue, frappera rapidement aux portes du top 10. Depuis plus de 2 mois, Rublev a comptabilisé 15 victoires pour une seule défaite, des œuvres de Tsitsipas. Depuis, il a accroché son nom au palmarès des tournoi ATP de Doha et Adélaïde et arrive donc avec le plein de confiance à Melbourne. Mais un peu fatigué peut-être. Il est néanmoins logiquement le grand favori de ce duel qui l’oppose au Japonais Sugita, 91e à l’ATP. Tout semble, en effet, réuni pour permettre au Russe d’atteindre le 3ème tour face à Goffin ou Herbert. La seule donnée qui pourrait peser contre le prodige russe, c’est donc cette accumulation de victoires qui fait qu’il dispute déjà son 10ème match en l’espace de deux semaines. Au premier tour, il a d’ailleurs lâché un set. Chaque match qui passe met le Russe de plus en plus en difficulté. Le 6-0 encaissé face à Christopher O'Connell est une alerte mais peut-être était-ce simplement un besoin de recharger les batteries puisqu’on l’a vu beaucoup plus combatif et convaincant dans les deux derniers sets. Il devra néanmoins rester sur ses gardes face à Sugita qui, lui aussi, a très bien débuté la saison et, surtout, n’a pas traîner au 1er tour en étrillant le Français Benchetrit en 3 manches sèches
(6-2/6-0/6-3) en à peine 1h05 ! Grâce à ses qualités de contre, le Japonais mettra tour en œuvre pour épuiser le Russe. Cela semble être sa seule chance face à un joueur qui lui est supérieur sur le plan physique et technique. Néanmoins, une nouvelle fois, la cote du Russe semble un peu trop basse. Le match où il va finir par s'effondrer physiquement arrive à grand pas. Peut-être cette nuit, peut-être dans quelques jours ou quelques semaines. Mais il va forcément payer cette débauche d'énergie. Sur dur, la victoire référence de Sugita remonte à l'Open d'Australie en 2018 face à Jack Sock. Il n'a jamais fait mieux. Ca reste quand même symptomatique de la difficulté du Japonais à battre les meilleurs joueurs du monde. C'est le physique de Rublev qui sera la clé du match.

Jaume Munar contre Alexei Popyrin, c’est le duel entre deux espoirs du tennis mondial mais qui tardent un peu à confirmer tous les espoirs placés en eux. Ils se sont révélés il y a maintenant deux ans mais depuis lors, ils stagnent aux alentours de la 100e place mondiale. La précocité de leurs premiers résultats montre évidemment qu’ils ont encore une grosse marge de progression, surtout pour Alexei Popyrin, 20 ans et favori logique de cette rencontre du 2e tour puisqu'il joue à domicile. Mais sa cote est malgré assez faible. L'Australien d’origine russe est un joueur complet, actuellement classé à la 96e place. Il a profité de l’abandon de Jo-Wilfried Tsonga au tour précédent pour arriver au 2ème tour. L’an dernier, il avait atteint le 3e tour, battu par Lucas Pouille futur demi-finaliste de l’épreuve. De son côté, Jaume Munar, 90e joueur mondial a écarté un autre Français, grand espoir lui aussi, Hugo Gaston en 4 sets et plus de 3h30 de match lors du 1er tour. Cette donnée peut peser dans la balance compte tenu du rythme qu’Alexei Popyrin est capable d’imprimer lors de ce match. S’il prend le jeu à son compte, et parvient à rentrer dans le jeu en imposant sa puissance et sa constance il devrait venir à bout de l’Espagnol. A l'inverse de Popyrin, l'Espagnol est assez peu à l'aise sur dur avec seulement 3 victoires en carrière face au top 100 pour 14 défaites. Les deux joueurs se sont rencontrés une seule fois pour l’instant en mars dernier à Indian Wells et Popyrin s'était imposé 7-6/6-3 sur une surface assez lente par rapport à celle de Melbourne. Au-delà de ce duel d’espoir, il y a aussi le privilège d’entrevoir un 3e tour face à Daniil Medvedev pour le vainqueur.

Ancien membre du Top 10, l’Espagnol Pablo Carreno Busta affronte le qualifié allemand Gojowczyk. Au premier tour, Carreno s’est imposé non sans mal face au modeste lucky looser Kovalik. C’est un joueur qui lorsqu’il joue sur dur, joue en cadence avec son coup droit à plat, très à l’aise en revers où il peut trouver des zones de jeu intéressantes. Carreno est un joueur qui aime diriger le jeu et monter au filet, c’est d’ailleurs un très bon joueur de double. Blessé durant trois mois pendant le saison 2019, il est descendu jusqu’à la 69ème place mais il retrouve petit à petit son rang dans la hiérarchie. A 30 ans, Gojowczyk est un habitué du circuit, vainqueur d’un seul titre en carrière à Metz en 2017, il atteint son meilleur classement 39ème sur le tard en 2018. Il sort des qualifications et a donc engrangé pas mal de confiance. Il possède une belle première balle mais reste un peu juste en fond de court. Sa balle à plat n’est pas du tout gênante pour Carreno Busta. Sur les confrontations directes l’espagnol mène 2-0. Lors de ces deux matches disputés sur dur, l'Allemand n'a réussi à breaker l'Espagnol qu'à une seule reprise contre 6 fois pour l'Espagnol. C'est sur sa seconde balle que Gojowczyk a été mis en difficulté avec moins de 40% de points gagnés. Alors mission impossible pour l’allemand ? Il ne s’est jamais imposé contre un top 50 en carrière au meilleur des cinq manches (10 défaites en 10 matches). Il manque de constance et de régularité mais il pourrait grappiller un set s’il se montre assez agressif.

Mikael Ymer, 22 ans et 78ème à l’ATP, est un joueur qui commence à faire parler de lui. En un an, il a remporté ses quatre premiers tournois sur le circuit challenger et terminé la saison bien ancré dans le top 100 alors qu’il était classé au-delà de la 250ème place mondial en début de saison. Son évolution est sérieuse et, au delà de sa palette de jeu déjà bien fournie, il peut aussi s’appuyer sur un solide mental. Il l’a d’ailleurs prouvé lors de son 1er tour, remporté en 3 sets face au Japonais Uchiyama. La statistique la plus intéressante se situe au niveau des balles de break contre lui. Le Japonais en a eu 6, mais n’en à pas concrétisé une seule ! Preuve que le mental est présent chez le jeune Suédois qui a peut-être une belle carte à jouer face à son adversaire du jour. En effet, Karen Khachanov est assez irrégulier en ce début de saison. S’il a bien débuté avec 4 succès de rang face à des joueurs largement à sa portée, il s’est ensuite incliné à deux reprises face à Lajovic et Millman. Son entrée dans le tournoi n’a pas non plus été une promenade de santé puisqu’il a dû bataillé durant près de 3 heures et 4 sets pour venir à bout de l’Espagnol Vilella, classé 196e au classement mondial. Depuis son titre à Bercy fin 2018, le Russe n'est que l'ombre du joueur capable cette saison-là de remporter 44 matches et trois titres. Depuis, il n'a plus disputé une seule finale, perdant 14 fois dès son entrée en lice sur ses 27 derniers tournois. Très loin du niveau d'un top 10 mondial, sa cote semble logique mais très risquée face à la menace réelle que constitue Ymer. Un match en 3 sets entre ces deux joueurs semble assez improbable et il ne serait pas étonnant que la rencontre donne lieu à un duel acharné avec à la clé pour le vainqueur, un duel probable contre Nick Kyrgios s'il parvient à battre Gilles Simon.