Demi-finaliste du dernier Open d'Australie, Stefanos Tsitsipas a vécu une saison 2019 exceptionnelle conclue par un titre au Masters. A l'inverse, depuis presque trois saisons, Milos Raonic est en grande difficulté en raison des blessures et n'arrive pas à trouver la régularité nécessaire pour retrouver la 3ème place mondiale qui était la sienne début 2017. C'est la première confrontation entre les deux joueurs. Après 8 défaites en 12 matches face aux grands serveurs, le Grec a vraiment franchi un cap sur le circuit en enchaînant 6 victoires consécutives mais elles sont à relativiser puisque Zverev, sa proie favorite (4 victoires) est loin de son meilleur niveau tout comme Isner, autre joueur battu par le Grec en 2019. Enfin, Benoît Paire n'est pas vraiment considéré comme un pur serveur malgré sa taille (1m96). Grâce au forfait de Kohlschreiber au tour précédent, Tsitsipas aborde ce 3ème tour plutôt frais avec assez peu de certitudes finalement dans son jeu. Battu par Shapovalov et Kyrgios à l'ATP Cup, son succès facile face à Caruso (95ème) au premier tour ne lui a pas donné beaucoup d'indications. Raonic lui s'est défait également assez aisément du modeste Giustino (150ème) et de Garin. Le Canadien aime beaucoup Melbourne où il a atteint le dernier carré et trois fois les quarts sur ses 5 dernières participations. Les bookmakers placent le Grec largement favori de cette rencontre. Raonic sera-t-il prêt à engager un combat physique en 4 ou 5 sets ? Sa qualité de service sera-t-il suffisante pour créer la surprise sur cette rencontre ?

L'avis de Florent Serra : "Même si Tsitsipas a les armes pour gagner, je trouve la cote de Raonic beaucoup trop haute. S'il y a un risque à prendre, je préfère le prendre sur le Canadien qui aime vraiment bien l'Australie. Raonic sert quand même très très bien, c'est pas évident de le retourner et surtout il t'amène dans un faux rythme. Le Grec est très bon en revers mais attention, il va devoir contrer le kick de Raonic qui pourrait faire mal au revers à une main de Tsitsipas. S'il joue un peu sur l'arrière au dessus de l'épaule, Raonic aura tout le loisir d'enchaîner avec son coup droit derrière et de monter au filet. Tsitsipas est bien évidemment plus complet et plus régulier. Il a accumulé beaucoup de confiance depuis un an. Au service, il a progressé également et surtout il se déplace très bien. Il est capable de contrer Raonic et de trouver des angles avec un peu d'effets qui sur la longueur du match pourrait faire craquer Raonic. Sur le plan physique, je donne clairement l'avantage au Grec qui a prouvé qu'il était capable de gagner des marathons en 5 sets en Grand Chelem. Néanmoins, Tsitsipas n'aime pas trop les filières de jeu très courtes et Raonic a aussi des armes pour lui prendre du temps. Méfiance sur ce match ! L'an passé, je me souviens que Raonic avait réalisé un tournoi exceptionnel en battant Kyrgios, Wawrinka et Zverev notamment. S'il est bien physiquement, s'il n'a pas de pépins physiques durant la nuit ou pendant l'échauffement, je trouve que la value est sur Raonic. En tout cas, il a tout ce qu'il faut pour au moins prendre un set."

La bilan de Raonic sur dur en Grand Chelem face au top 10 (en dehors du Big Three) : 3 victoires pour 4 défaites, les 3 victoires ayant été obtenues à Melbourne.

Match très indécis entre deux joueurs au style de jeu un peu similaire même si l'Italien est plus créatif. La cote est d’ailleurs très serrée et penche même légèrement en faveur de Guido Pella désormais alors que l'Italien partait favori à la sortie des cotes, simplement parce qu’il a passé beaucoup moins de temps que les courts que Fabio Fognini (près de 8 heures en deux matches en 5 sets). L’Italien va devoir sortir un grand match s’il ne veut pas que ce 3ème tour ressemble aux deux autres. À force, il risque de s’écrouler physiquement. Depuis son quart de finale à Wimbledon, l'Argentin est moins performant. A son actif, deux victoires face à Goffin et Dimitrov mais il manque clairement de régularité sur les 6 derniers mois en étant incapable d'enchaîner trois succès consécutifs. Quant à Fognini, il baisse un peu le pied depuis sa tournée en Asie très réussie avec des victoires sur Rublev, Querrey, Murray et Khachanov. Depuis octobre, il souffle le chaud face à Opelka et Isner mais aussi le froid avec des défaites face à Ruud, Tipsarevic, Krajinovic, Pospisil ou encore Feliciano. Les deux hommes s’affrontent pour la 5ème fois et comptent chacun deux victoires. Preuve supplémentaire que ce match risque d’être très disputé.

L'avis de Rodolphe Gilbert : "Le gros point qui rend ce match très difficile à parier c'est l'inconnu sur le physique de Fognini qui vient de disputer deux matches en 5 sets en deux jours... Comment il va se présenter face à Pella ce vendredi ? Est-ce qu'il sera capable de bien jouer et tenir la cadence face à un joueur qui lâche aucun point, qui a un gros physique, qui est extrêmement complet. 3 sets, je pense qu'il peut tenir parce que l'Italien est très costaud physiquement mais si jamais Guido Pella résiste un peu et pousse l'Italien en 4 ou 5 sets, tiendra-t-il ? J'en doute. En tout cas, les cas sont rares de joueurs capables d'enchaîner 3 matches en 5 sets en moins de 4 jours... Après, avec Fognini, tout est possible, c'est un joueur absolument unique sur le circuit. Je trouve que Pella a vraiment passé un cap depuis un an, il est très solide et beaucoup plus régulier. C'est un gaucher très difficile à déborder. Il joue beaucoup du fond du court mais il est aussi capable de jouer vers l'avant et finir les points au filet. C'est un joueur qui est devenu très rigoureux par rapport à son parcours il y a quelques années. Il prend assez peu de risques à l'échange mais c'est très efficace et surtout, il arrive à faire déjouer ses adversaires. De son côté, Fognini est capable d'exploits incroyables. Il est lui aussi beaucoup plus régulier qu'il y a quelques saisons et cela justifie sa place de 12ème mondial. J'étais quand même un peu surpris de voir Fognini légèrement favori à la sortie des cotes. Désormais, la tendance s'est équilibrée et c'est tout à fait logique. Au-delà même de l'aspect physique, c'est aussi l'influx nerveux de deux matches de 4 heures qui se terminent sur jeu décisif au 5ème set..."