Après sa finale à Doha, la première de sa jeune carrière (20 ans) sur dur, le Français a retrouvé sa surface de prédilection en Argentin dans les hauteurs de Cordoba. Corentin Moutet a signé un immense exploit en battant pour la 2ème fois Guido Pella après son succès à Roland Garros il y a 9 mois. Désormais il se présente en quarts de finale avec un statut de favori à défendre face au Slovaque Andrej Martin. Corentin Moutet a été solide mentalement face à Pella, surtout après la perte du 1er set. On ne donnait pas cher de sa peau. Il est parvenu à se dépasser physiquement et mentalement en sortant des coups d’extraterrestres. C’est la 4e fois que Moutet et Martin s’affrontent.  Corentin Moutet mène 2-1 et reste sur 2 victoires. Le style pas trop agressif bien que constant et régulier d'Andrej Martin semble lui convenir, ce qui explique qu’il soit assez largement favori de cette rencontre. Sa cote se justifie également grâce à son très bon début de saison même si on l’imaginait pouvoir ennuyer un peu plus Marin Cilic au 1er tour de l’Open d’Australie. Son bilan avant cette rencontre est brillant : 8 victoires pour 2 défaites (face à Cilic donc et en finale de Doha face à Rublev). Méfiance tout de même à Martin qui reste un joueur de bon niveau, qui plafonne un peu physiquement mais qui passe assez rarement à côté d’un match. En challenger, il a fait des ravages et va intégrer le top 100 lundi. Le match pourrait donc être plus serré qu’annoncé sauf si Moutet garde la discipline et le sérieux qu’il a montré face à Pella…dernière chose à prendre tout de même en compte et qui pourrait être préjudiciable pour le Français… la débauche d’énergie lors de son dernier match !

L'avis de Rodolphe Gilbert : "Andrej Martin est peu connu du grand public, c'est un joueur que j'ai beaucoup suivi en challenger. Cette fois, Corentin sera favori donc ça change sa façon d'aborder ce match. Le Slovaque a un jeu assez franc qui prend tôt la balle sans trop de puissance avec un bon revers à deux mains et un coup droit très solide avec une prise assez fermé, typique des joueurs de l'Est. J'ai en mémoire son parcours à Roland Garros en 2016 lorsqu'il avait battu Blancaneaux en qualifications avant de perdre face à Struff puis d'être repêché en lucky loser et d'arriver au 3ème tour en battant Lucas Pouille notamment. C'est un bon joueur de terre battue. Il est sur une bonne dynamique après sa demi-finale à Punta Del Este. Après, c'est logique de voir Corentin favori. Je trouve que lorsqu'il parvient à être stable dans son jeu et quand il ne se frustre pas, il est très difficile à battre. Il a réussi à battre à Pella malgré la perte du premier set, Corentin c'est un joueur tout à fait conscient de ses faiblesses mentales, il est loin d'être idiot mais apparemment, depuis quelques mois, il arrive mieux à se maîtriser, mieux dominer ses pulsions. Même s'il peut avoir encore des trous d'air et des failles sur cet aspect mental, c'est un joueur qui adore jouer sur terre battue. Il a passé un cap ces dernières semaines. Cependant, il faut toujours se méfier des joueurs qu'on ne connait pas. Et pour le coup, Corentin lui connaît bien le Slovaque puisque c'est la 4ème fois qu'ils se jouent. Il ne faut surtout pas tomber dans le raccourci facile de se dire qu'Andrej Martin n'est pas connu donc n'est pas un bon joueur. Il va entrer dans le top 100 mondial lundi. C'est pas un grand joueur (1m80), il ne sert pas spécialement bien mais il est solide à l'échange. En challenger, il a remporté énormément de titres (12). C'est un joueur très agressif en retour, on pourrait donc avoir beaucoup de breaks dans cette rencontre. Ce match pourrait être décousu. C'est jamais évident de retourner au mastic après une grosse victoire comme celle de Corentin. Il va jouer un joueur totalement différent de Pella mais Corentin va évidemment se méfier, il ne va pas prendre de haut le Slovaque. J'ai envie de croire qu'il est sur une bonne dynamique et qu'il va continuer son chemin mais quand je vois les cotes de ce match, je suis très surpris. J'aurais mis des cotes très proches. Au pire, j'aurais mis Corentin favori à 1,70 mais là c'est vraiment beaucoup trop risqué de miser sur Corentin avec une cote aussi basse. Andrej Martin est un vrai joueur de terre battue et ce n'est pas parce qu'il n'est pas connu qu'il faut le sous-estimer autant. Je ne suis pas du tout d'accord avec les cotes même si j'adore Corentin. Surtout que le Slovaque a brillé justement dans ces tournois un peu anonymes comme Quito, Umag et là à Cordoba. Ca reste un joueur dangereux et je ne comprends pas les cotes."

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Une autre affiche va intéresser les passionnés de tennis et de terre battue, celle qui va opposer Cuevas à Garin, deux spécialistes de la surface. 11 ans séparent les deux joueurs sud-américains. Opposition physique entre deux adeptes de la terre battue qui ont besoin d’engranger de la confiance après un début de saison compliqué. Leur (piètre) bilan sur dur est identique : 1 seule petite victoire pour déjà 5 défaites. Les deux joueurs avaient certainement hâte de retrouver l’ocre de la terre pour faire travailler les semelles et les coups liftés. Surtout Pablo Cuevas. L’Uruguayen, 34 ans et 48e au classement ATP arrive petit à petit au crépuscule de sa carrière. Enraciné dans le top 100 depuis plus de 10 ans sauf entre 2011 et 2013 où les blessures l’ont régulièrement éloigné des courts avec notamment une saison 2012 totalement blanche, Cuevas est un joueur régulier mais qui n’a jamais pu atteindre le niveau suffisant pour être affublé d’une statut de top joueur mondial. Son pourcentage de victoire a toujours été positif sur terre battue. Son palmarès (6 titres et 3 finales) n'a rien à envier à Cristian Garin. Le Chilien (23 ans) est en train de se faire un nom tout doucement dans les hautes sphères de la petite balle jaune. Plusieurs bon joueurs ont subit récemment sa loi comme Schwartzman et Berrettini à Munich l’an dernier, tournoi qu’il a d’ailleurs remporté. Garin part donc avec la faveur des pronostics compte tenu de son classement (31e à l’ATP), de son aisance sur terre mais aussi parce que Cuevas est un adversaire qui lui convient bien et contre qui il est parvenu à imposer son jeu et sa puissance. Les deux hommes se rencontrent pour la 4e fois. Garin a remporté les 3 premiers duels.

Le lutin Argentin (1m70) a-t-il déjà un pied en demi-finale du tournoi de Cordoba ? On aurait tendance à le penser tant les arguments semblent tous converger vers sa victoire face à Albert Ramos (32 ans). Tout d’abord, 14e au classement ATP, Diego Schwartzman semble être à son rang. On l’imagine mal atteindre durablement le top 10, mais tout aussi mal quitter rapidement le top 30. Preuve s’il en faut que son classement actuel est conforme avec son niveau. Expert de la terre battue, il avait atteint les quarts de finale l’an dernier. Il aura donc à cœur de faire mieux cette semaine. L’occasion est belle. Il a montré de belles choses durant son match précédent en écartant Jaume Munar en 2 sets secs.

En face de lui, Albert Ramos, 42e au classement ATP, est ce qu’on appelle un vieux briscard de la terre battue. Tenace, combatif, et capable d'enchaîner l'été dernier 18 matches en 25 jours... Ramos est évidemment encore capable d’un coup d’éclat. Cela dit, l’opération semble bien délicate face à un joueur de la condition physique de Schwartzman. À forme égale, l’Argentin est plus fort. Rajoutez à cela les plus de 5h déjà passées sur le court par Albert Ramos lors de ses deux tours précédents ( 3h11 rien que pour sortir Pablo Andujar hier) et vous avez déjà un bel ensemble d’éléments qui semblent faire pencher la balance dans le sens de l’Argentin. Si vous cherchez un ultime argument ? Les deux hommes s’affrontent pour la 5e fois en carrière, la 5e fois également sur terre…et le bilan actuel est de 4 victoires à 0 pour Schwartzman, sans jamais avoir perdu le moindre set. La cote autour de 1,30 est donc pleinement justifiée.

En revanche, si vous cherchez une statistique pour vous faire peur : Schwartzman a perdu 7 de ses 22 derniers matches sur terre battue lorsqu'il était favori : Chardy (Madrid), Garin (Munich), Fritz (Monte Carlo), Cecchinato (Buenos Aires), Pella (Cordoba), Leo Mayer (Hambourg) et Bolelli (Bastad).

Le vainqueur du match entre Schwartzman et Ramos sera opposé en demi-finale au gagnant de la rencontre opposant le Serbe Djere, 39e au classement mondial à l’Argentin Londero, 50e mondial. Tenant du titre ici à Cordoba, Londero semble vraiment apprécier l’endroit puisqu’il vient de mettre fin à une série de 6 défaites consécutives sur dur. Il devait avoir hâte de retrouver sa terre natale, lui qui est né à 60km au nord de Cordoba. Il n’avait plus remporté le moindre match depuis début octobre. Cecchinato et Cachin ont subi sa loi de l'Argentin aux tours précédents. Il arrive maintenant en quart de finale face à Djere qui souffle aussi le chaud et le froid depuis plusieurs mois. Le Serbe s’est imposé face à Martinez au tour précédent.

Le match est donc ouvert entre deux joueurs qui ont besoin de retrouver de la confiance. Il s’agit de la première rencontre entre les deux hommes, ce qui laisse présager un match assez décousu entre deux joueurs qui devront se jauger en début de match. Il y a fort à parier que le premier à imposer son jeu s’imposera : la grinta et l'agressivité de Londero face à la puissance et la qualité de service de Djere qui a mis 15 aces à Pedro Martinez au tour précédent...

La cote est d’ailleurs très proche (1.70 contre 2.25 en faveur de Londero). On peut donc s’attendre à un match disputé, avec de nombreuses possibilités de break. Le léger avantage de Londero s’explique par son statut de tenant du titre, bien à l’aise dans sur cette surface si particulière de Cordoba et évidemment avec un public totalement acquis à sa cause. L’hypothèse d’une potentielle rencontre face à Schwartzman, référence du tennis argentin en l’absence de Juan Martin Del Potro doit motiver le public et les joueurs. Difficile de se positionner sur ce match, les cotes semblent bien ajustées mais le match semble vraiment incertain. Le bilan de Djere sur terre depuis un an (1 titre, 3 demies pour un bilan de 18V-9D) n'a rien à envier à celui de Londero (1 titre, 1 finale et un 4ème tour à Roland Garros pour un bilan de 25V-12D).