Il n'y a plus que trois têtes de série sur les 8 qui aurait dû être présentes en quarts de finale de ce tournoi de Rio : Thiem, Coric et Garin. Ils partiront favoris de leur match ce vendredi.

Le finaliste du dernier Open d'Australie a vécu une mise en route et une adaptation compliquée sur ce tournoi de Rio avec deux victoires en 3 sets face à Meligeni et Munar. Et pour prendre possession de la 3ème place mondiale dès ce samedi, l'Autrichien devra venir à bout de Gianluca Mager (118ème) issu des qualifications et tombeur notamment de Casper Ruud au premier tour. Difficile d'imaginer Thiem rater cette marche tant l'écart de niveau semble important.

En revanche, la tâche sera tout autre pour Borna Coric, tête de série numéro 5 du tournoi face à Lorenzo Sonego. Les deux joueurs se sont imposés hier dans des matchs compliqués face à Dusan Lajovic et Thiago Seyboth Wild. Face au Serbe, l'Italien n’était pas favori mais il a su faire déjouer Lajovic et profiter de ses nombreuses fautes directes. Tandis que le Croate était quant à lui bien favori mais il a eu beaucoup de mal à s’imposer dans une rencontre très disputée. Le match a eu lieu sur le court central, et nul besoin de préciser que les supporters brésiliens ont répondu présent comme au match précédent face à Davidovich. Bien que Coric a su remporter la première manche, la physionomie du match a basculé en début de 2ème set avec un Coric plus tendu, moins inspiré et totalement dominé par Seyboth qui a collé un 6-1 au Croate, qui a paru émoussé physiquement et mentalement, comme un boxeur reclus dans le coin du ring contre les cordes. Le match s'est finalement joué au tie-break décisif. A l’expérience, Coric s'est imposé après plus de deux heures de combat.

L’Italien, pur joueur de terre, a connu une seconde partie de saison compliquée, puisque le tour se dispute que sur des surfaces très rapides. C’est sur la première partie de saison que Lorenzo s’exprime le mieux, comme le prouve sa saison 2019 avec un quart de finale à Marrakech et Monte-Carlo, ou encore une demie à Kitzbühel. Son jeu est vraiment fait pour la terre, qui ralentit la balle et lui permet de s’installer dans l’échange. Borna est aussi à l’aise sur cette surface lente, où il a été titré en 2017 à Marrakech. Les deux joueurs ne sont jamais affrontés et ils sont au début de leur saison, les deux ont disputé seulement 4 matchs sur terre. Comme dit hier, c’est la première fois que Borna Coric dispute la tournée sud-américaine. Il manque de repères sur ocre, au vue de la mauvaise saison sur cette surface qu’il a fait l’an passé. De plus, Borna est apparu réellement en difficulté cette nuit, devant s’employer à coup d’aces et de services volées pour sortir de situations vraiment délicates. Bien que breaké dans les deux manches, Lorenzo Sonego a su s’imposer dans deux jeux décisifs disputés durant lesquels il n’a pas flanché, et a fait preuve d’un mental plutôt solide. Le match est programmé à 20h30 et l’avantage est donné au Croate selon les bookmakers. Pourtant, l’italien est très à l’aise sur cette surface, et a des armes pour gêner Coric, qui est tout sauf rassurant cette semaine.

L'avis de Rodolphe Gilbert : "Cette saison, il a modifié son programme en venant disputer cette tournée sud-américaine. Pour l'instant, le bilan reste moyen avec une défaite d'entrée à Buenos Aires et deux matches pas vraiment aboutis face à Londero et Seyboth. Il bataille, mentalement il ne lâche rien et c'est très positif. Quand on gagne un match au forceps en jouant pas très bien, c'est pas suffisant pour avoir un déclic. En revanche, à partir de deux matches, le joueur peut commencer à bien jouer ensuite et se libérer. On pourrait avoir un Croate avec un tout autre niveau que ce qu'il a montré depuis 10 jours. En face, Sonego lui a déjà eu ce déclic après une longue de série de défaites en dominant Leonardo Mayer mais surtout Lajovic, un sérieux client sur terre depuis un an. C'est compliqué d'imaginer Coric largement favori de cette rencontre parce que Sonego est un très bon joueur de terre, sa surface de prédilection. Bien qu'il sache bien jouer sur terre, je suis d'accord avec Florent Serra, je trouve que son jeu s'adapte mieux au dur qu'à la terre. Donc les cotes sont logiques selon moi. On peut avoir un match serré. Mais la pression sera du côté croate parce qu'il a besoin de cette victoire pour valider la réussite de cette tournée. En cas de défaite, je pense qu'il repartira avec autant de doutes qu'avant cette tournée. Il ne se sera pas rassuré. A l'inverse, Sonego a déjà lancé sa remise en forme. La défaite fera plus mal à Coric qu'à Sonego."

Cristian Garin et Federico Coria

Match qui apparaît déséquilibré entre Garin (25ème mondial) et Federico Coria (116ème mondial), plus habitué au circuit Challenger. Coria sort des qualifications, c'est un véritable spécialiste sur terre, il a profité d’un tableau très ouvert pour s'offrir son premier quart de finale sur le circuit. En effet hormis le Français Moutet, il a hérité d’adversaires en dehors du top 100 mondial comme Kovalik, Taberner et le jeune Alcaraz (16 ans). Une aubaine surtout dans un tournoi ATP 500 comme Rio. L’Argentin ne joue quasiment que sur terre tout au long de la saison, c’est sa surface de prédilection. En 2019, il s’est imposé au Challenger de Savannah en battant Lorenzi en finale, mais il a aussi atteint les finales à Almaty, Santo Domingo et Lima. Il n’a rien à perdre sur ce quart de finale et arrivera déterminé et en confiance pour réaliser le meilleur tournoi de sa carrière. Le Chilien poursuit son ascension au classement sur ce début de saison. Classé 86ème début 2019, il est aux portes du top 20 mondial. Joueur puissant et endurant, il a une capacité assez impressionnante à tout donner sur un terrain. Vainqueur du tournoi de Cordoba il y a quinze jours, il a vite repris ses repères sur cette surface après des mois sur dur. Aux tours précédents, Garin s'est imposé face à des joueurs toujours difficiles à jouer sur terre (Delbonis et Andrej Martin). Il a été très performant sur les deux fondamentaux : le service avec 82% de points derrière sa première et surtout en retour avec 71% de retour gagnants. La marche sera sans doute trop haute pour Coria qui s’était déjà incliné face à Garin en 2017 lors du tournoi de Carilo.

L'avis de Florent Serra : "Je vois vraiment Garin s'imposer sur ce match. Il vient de remporter un tournoi à Cordoba, le Chilien est en confiance et il a sorti un gros match face à Delbonis au 2ème tour. Garin est très solide surtout côté revers où il est capable de bien tenir la balle en jouant à plat. Côté coup droit, il fait bien tourner la balle, il est puissant et il se déplace bien. Il a une bonne attitude, il justifie amplement son classement entre la 20ème et la 30ème place mondiale. Après sa cote est très basse et je trouve un peu risqué de tenter une victoire 2 sets à 0. On sait jamais sur terre, on a vu des scénarios bizarres sur ce tournoi de Rio et avec la pluie qui est annoncée, le match pourrait être haché, perturbé et dans ces conditions, c'est toujours compliqué de miser sur un match à sens unique. Je vois Garin gagner mais aucun intérêt à investir dessus."

L'avis de la rédaction : NO BET (cote trop basse de Garin)

Attila Balazs et Pedro Martinez Portero

L'avis de Florent Serra : "Par rapport à ce que j'ai vu de son match face à Andujar, je trouve que Pedro Martinez joue bien. Il fait un gros début de saison le jeune Espagnol. Il a un très bon coup droit même si parfois, il se précipite un peu trop. En face, Balazs me fait un peu penser à Andrej Martin, il contre bien, il est capable d'accélérer notamment en revers. Il va revenir dans le top 100 avec cet quart de finale. C'est un contexte un peu particulier parce que les deux joueurs sont à une victoire d'une demi-finale en ATP 500 ! C'est pas rien pour ce genre de joueurs plutôt habitué à jouer en challenger. Il joue presque leur saison sur ce match. Balazs a un peu plus d'expérience avec une finale à Umag et un quart à Budapest la saison dernière. Pour Pedro Martinez, en revanche, c'est une première pour l'Espagnol qui a remporté ses premiers matches sur le circuit cette saison. C'est pas évident d'aborder ce genre de matches en terme d'émotion et de pression. Sur la plan du jeu, il sait tout faire, il frappe tôt et il est au dessus du Hongrois pour moi mais c'est l'aspect mental et émotionnel qui aura son importance sur cette rencontre. En face, Balazs a les armes pour le faire douter en le contrant, en le contre-attaquant. Il sert pas trop mal en première balle, il bidouille bien en revers, il a un bon petit slice, il glisse des amorties donc il peut évidemment créer la surprise par son style de jeu."

L'avis de la rédaction : Balazs remporte au moins un set