Tsitsipas vs Carreno
Belle affiche pour un premier tour entre le 6ème et le 27ème mondial. L'Espagnol était l'une des non-têtes de série à éviter, tout comme le Grec, finaliste malheureux face à Roger Federer il y a un an qui décrochait son 100ème titre en carrière. Le vainqueur du dernier Masters revient en forme après son titre à Marseille, confirmant ses qualités de joueur en indoor. Il a retrouvé son tennis explosif et une grosse première balle, ce qui lui a permis de perdre seulement deux fois sa mise en jeu à l'Open 13. En finale, il n’a fait qu’une bouchée du canadien Felix Auger-Aliassime en l’écartant en 2 petits sets. L’Espagnol Carreno a eu des difficultés pour lancer son année 2020 en se faisant surprendre à Adelaide par Lloyd Harris (93ème à l’ATP) en quart de finale ou encore par Gombos (103ème à l’ATP) à Montpellier. Il a fait en revanche un tournoi de Rotterdam aussi réussi que miraculeux en se sortant de situations compliquées face à Mannarino et Bautista pour finir par perdre  en demi-finale battu par Félix Auger Aliassime. La tâche de l’Espagnol s’avère compliquer pour battre le grec. C’est un joueur qui ne lâche rien mais qui peut avoir des difficultés de concentration et son bilan face au top 10 en carrière est assez médiocre avec 12% de victoires (4 en 33 matches). Si Tsitsipas sert aussi bien qu’à Marseille, il a toutes les chances de rallier le tour suivant.

L'analyse de Florent Serra : "Gros premier tour pour le Grec. Ce titre à Marseille lui a fait beaucoup de bien. La saison dernière, il avait bien réussi à enchaîner Marseille et Dubai puisqu'il avait atteint la finale ici mais son premier tour face à Ebden n'était pas du même niveau que ce match contre compliqué face à Carreno. L'Espagnol avait pris l'habitude de jouer sur terre battue à cette époque de la saison juste avant Indian Wells. Sur le plan du jeu, évidemment que Carreno peut poser des problèmes à Tsitsipas parce qu'il n'est pas facile à déborder du fond du court mais le Grec rejoue bien, il y a du rebond à Dubai, ce qui favorise le jeu du Grec surtout en soirée lorsque la surface est moins rapide. Si Tsitsipas parvient à trouver des angles comme il sait si bien le faire en revers comme en coup droit, il sera difficile à battre. Mais Carreno court bien et il est très solide en défense côté revers, il retourne bien. Sur les secondes balles, il aura des opportunités mais le problème c'est que si Tsitsipas a un bon pourcentage de première, Carreno manquera d'un gros coup fort pour prendre la mesure du Grec sur la longueur du match. Si le Grec a bien récupéré, et ça devrait être le cas puisqu'il a été plutôt expéditif à Marseille, selon moi, il s'imposera. Après la cote de Carreno (3,10) est un peu haute, j'aurais pas mis Tsitsipas autant favori surtout que dans l'esprit de Carreno, le Grec n'est un obstacle infranchissable comme peuvent l'être Roger, Novak et Rafa. Méfiance donc sur ce premier tour. C'est vraiment pas un tour facile pour lui."

Benoît Paire et Marin Cilic

La dernière défaite du Croate face au Francais remonte à 2013. Depuis Benoît Paire s'est incliné à 5 reprises en 5 confrontations dont la dernière tout fraîche à l'Open d'Australie. Mais à l'image de cette rencontre disputée en 5 sets, les rencontres entre les deux joueurs ont souvent été accrochées, Paire ayant remporté au moins un set à chaque match sur dur. Présent à Marseille alors qu’il venait juste d’être papa, on aurait pu se demander si le Croate était prêt physiquement, il a été un peu rassurant sur certains points, solide au service et trop peu réaliste sur les balles de breaks face Shapovalov sans quoi il aurait remporté ce match. De son côté, après sa finale perdue à Auckland, Benoît Paire est un peu moins en vue mais cette défaite cruelle au super tie-break du cinquième set à Melbourne face à Cilic reste peut-être dans un coin de sa tête. Et ces cycles de victoires/défaites est dans l'ADN du Français. Dans le jeu, il peut malgré tout embêter Cilic grâce à sa diagonale revers mais il sera plus embêté en coup droit face à la puissance du Croate. Pour éviter cela, il devra user au maximum de variations dans son jeu pour le perturber. Souvent présent quand on ne l’attend pas, le Français aura sa carte à jouer et une surprise n’est pas à exclure. Il est en tout cas annoncé largement outsider de cette rencontre. Logique par rapport à l'état de forme et l'historique des confrontations mais Benoît Paire aime bien défier la logique...

L'analyse de Florent Serra : "C'est un gros premier tour et pour une fois, c'est Benoît qui sera tête de série dans ce duel et pas le Croate. S'il y a bien un jour où l'état de forme est toujours à relativiser c'est bien Benoît, capable de sortir un très gros match à n'importe quel moment même après une série de défaites. Comme on l'avait pressenti dans l'avant-match, il s'est fait retourner le cerveau par Bublik. Précédemment, il avait perdu à Pune face à Marcora et ça c'était une vraie surprise pour moi. Parier sur lui est toujours difficile. Là, en revanche, je pense qu'il a très envie de jouer ce match, il doit être excité à l'idée de se frotter à Cilic, surtout sur un tournoi ATP500. Quand il prend un coup gagnant par un joueur moins bon que lui, il s'énerve. Mais face au Croate, il accepte plus facilement de prendre des coups gagnants. Les matches ont toujours été très serrés et je pense que Benoît peut emmener Cilic dans sa filière de jeu, à savoir des échanges pas trop longs. Benoît est capable d'abréger les échanges mais cela ne gêne pas Cilic. Les deux ont un gros service mais le Croate a le jeu pour contrer Benoît parce qu'il prend la balle tôt et qu'il est trop puissant sur le coup droit de Benoît. Ce qui s'est passé dans les précédents matches, c'est que Cilic parvenait à trouver des angles avant Benoît et avait globalement l'initiative sur les échanges, poussant ainsi Benoît à forcer ses frappes. Je trouve que Cilic est un petit mieux sur ce début de saison mais il vient d'être papa et pourrait ressentir un peu de fatigue. C'est logique de voir Cilic favori mais méfiance tout de même."

Alexander Bublik et Hubert Hurkacz

Un match serré s’annonce entre les deux joueurs. Le Polonais Hurkacz est classé à la 30ème place à l’ATP.  Bublik est lui à son meilleur classement en carrière, à la 47ème place. Ils ont la particularité de servir très bien et gagnent de nombreux points sur leur première balle. Bublik sort d’une demi-finale à Montpellier où il a perdu face à Tsitsipas alors qu'Hurkacz n’a pas réussi à se défaire au deuxième tour du canadien Pospisil. Il apparaît toujours difficile d’enchaîner deux tournois. Les conditions climatiques sont différentes tout comme la surface. A ce titre, Hurkacz apparaît plus frais que son adversaire pour s’en sortir même si son bilan face aux grands serveurs avec 12 défaites pour 5 victoires depuis début 2019 sur dur sur le circuit ATP. Néanmoins, tout dépendra surtout de la motivation et de la qualité de jeu de Bublik. Le Polonais est beaucoup constant et régulier. Même quand il perd, il passe rarement totalement à côté de ses matches. A l'inverse, le Kazakh est sujet, même s'il est énormément amélioré, à lâcher quelques matches de temps en temps.

L'avis de Rodolphe Gilbert : "Je me dis que le travail va finir par payer pour le Polonais que je vois s'imposer sur ce match. Même si la transition n'est l'une des plus difficiles de la saison, le passage de Marseille à Dubai n'est pas évidente. Hurkacz peut rivaliser en puissance avec Bublik dont l'arme principale est le service. Mais de ce point de vue là, Hurkacz n'est pas mal non plus. Les deux joueurs servent très bien où ça pourrait se jouer sur des détails dans un tie-break par exemple. Hurkacz est un joueur sérieux et je le vois se relancer après un petit coup de mou en ce moment. Le seul petit doute, c'est l'incapacité d'Hurkacz à battre des bons serveurs. Le retour n'est pas le point fort du Polonais, il sera certainement gêné mais je sais qu'il travaille dur avec son entraîneur cette faiblesse qui lui a coûté des défaites frustrantes ces derniers mois. Il avait été très bon il y a un an sur cette période de la saison. Il avait signé sa première victoire face à un top 10 (Nishikori) et posé beaucoup de problèmes à Tsitsipas en quarts de finale."

Pierre-Hugues Herbert et Yoshihito Nishioka en finale de Shenzhen en 2018 (crédits : ATP Tour)

Comment Yoshihito Nishioka va-t-il aborder son match ce mardi face à Pierre-Hugues Herbert moins de 40 heures après la fin de sa finale à Delray Beach ? Il semble inconcevable d'imaginer le Japonais capable de digérer une semaine de compétition où il a disputé 4 matches en 3 sets sur 5 rencontres, engloutir le décalage horaire de 9 heures et ensuite la quinzaine d'heures de vol entre Miami et Dubai. Le tout face à un Français très performant depuis plusieurs semaines qui a failli battre Auger à Marseille. Sa cote ne fait que chuter et c'est plutôt logique quand bien même le Japonais s'était imposé face à lui en finale de Shenzhen fin 2018.

L'avis de Florent Serra : "Aucun finaliste à Delray Beach n'est pas parti à Dubai. C'est un enchaînement quasi impossible à faire en moins de 48 heures. Un seul joueur a réussi un truc aussi dingue et je peux en parler puisque je l'avais affronté cette année-là à Dubai, c'est Tommy Haas. En 2007, il enchaînait un titre à Memphis avec une demi-finale à Dubai mais il avait eu comme Nishioka moins de 48 heures entre son titre en Floride et son 1er tour aux Emirats. Je l'avais joué au 2ème tour. Il avait réussi à battre Stepanek au 1er tour, je me disais qu'il allait fatigué mais pas du tout, il m'a battu en deux sets. Un déglingo ! Normalement, Nishioka n'aurait aucun intérêt à aller à Dubai avant de retourner aux Etats-Unis pour Indian Wells. Sauf qu'il me semble qu'il doit jouer en Coupe Davis au Japon le premier week-end de mars face à l'Equateur. Dubai est sur le chemin et financièrement, ça peut valoir le coup puisqu'il empocherait 21.000 dollars même en cas de défaite face à Pierre-Hugues. Et puis s'il se sent bien physiquement, il doit se dire qu'il va pouvoir enchaîner et être opérationnel. Après, je pense malgré tout que Pierre-Hugues doit gagner ce match. Au pire des cas, le Japonais s'incline et peut tranquillement partir au Japon. Le Français joue vraiment bien ce moment, il est dans une bonne période, c'est vraiment dommage qu'il perde contre Auger. Dans le jeu après c'est sûr que le Japonais contre bien, il a un bon revers à deux mains, il se déplace vite, il est capable de changer les rythmes. Mais il manquera de puissance et d'énergie pour espérer s'imposer."


Evans vs Fognini
Le Britannique Evans va rencontrer le fantasque italien Fognini. Il n’est jamais évident de savoir si l’italien est motivé au non. Il est capable de joueur un tennis de rêve mais également de faire n’importe quoi, n’importe quand. Fognini a atteint un 1/8ème de finale à Melbourne (battu par Sandgren, 55ème à l’ATP) puis perdu face à Khachanov (17ème à l’ATP) à Rotterdam au premier tour et à Auckland face à Lopez (52ème à l’ATP). Depuis sa suspension en 2017 pour consommation de cocaine, Dan Evans a retrouvé son meilleur tennis. Evans apparaît plus solide en ce début de saison et plus concerné par le tennis. L’italien vient d’avoir une petite fille au mois de décembre et a préféré en Europe sur ce mois de février alors qu'il avait l'habitude de disputer la tournée sud-américaine. Evans a battu Khachanov à Rotterdam et réalisé une excellente ATP Cup en battant au passage Goffin (10ème à l’ATP) et De Minaur (25ème à l’ATP). Les deux joueurs ne se sont jamais affrontés et c'est le Britannique qui est favori de ce match. A juste sur l'état de forme. Sur dur, Evans a vraiment les armes pour faire déjouer l'Italien.

Basilashvili vs Berankis
Premier objectif des deux joueurs sur ce match ? Lancer enfin leur saison ! Basilashvili (29ème) n’a remporté que 2 matches sur 6 depuis le début de l’exercice 2020…c’est clairement insuffisant pour le Géorgien. Le constat est un peu similaire pour Berankis (62ème). Le Lithuanien a remporté 3 rencontres sur 6 mais si c’est n’est pas extraordinaire, ce n’est pas non plus calamiteux puisqu'il est tombé face à Querrey à l’Open d’Australie et Vesely à Pune. Les cotes sont très serrées et laissent présager un match indécis. Il y a fort à parier que le premier qui prendra le jeu à son compte s’imposera. La palette de jeu de Basilashvili risque d’être difficile à contrer pour Berankis, mais rien n’est impossible. Un match très indécis.

Sousa vs Krajinovic
Sousa (67ème) semble logiquement moins armé que Krajinovic (33ème) sur dur. Le Portugais est à la recherche de son tennis avec une série de 6 défaites de suite, Sousa n’y est plus du tout. Pourtant, pour l’avoir observé de près à Montpellier, sa qualité de frappe est toujours là, a contrario il est vraiment très nerveux et pas en confiance. Il fait donc souvent les mauvais choix sur le terrain. A l’inverse, le Serbe Krajinovic est en confiance avec une demi-finale à Montpellier et Rotterdam. Son association avec Tipsarevic semble porter ses fruits. Il est revenu à un jeu simple sur ses qualités de serveurs et de coup droit. Leurs deux précédents duels (sur dur) ont toujours donné lieu à des matchs en trois sets. Le Serbe a pris une semaine de repos après Rotterdam pour recharger les batteries et il devrait passer ce premier tour malgré la grinta et l'agitation du Portugais.

Enfin, le dernier match du jour opposera Bautista à Struff. Mais les conditions de jeu plutôt lentes le soir aux Emirats va conforter l'avantage côté espagnol, qui mène déjà 3-1 dans les confrontations mais surtout a déjà remporté le titre ici à Dubai en 2018 alors que l'Allemand n'a jamais passé le 2ème tour et n'est pas dans une grande confiance avec 7 défaites sur ses 10 derniers matches et surtout un bilan de 25% de victoires face au top 20 en carrière.