Les quatre meilleurs joueurs du tableau en ce moment sur dur (Djokovic, Tsitsipas, Monfils et Rublev) sont en bonne position pour s'affronter dans le dernier carré. Sur le papier, le numéro un mondial, le récent vainqueur du Masters et de Marseille, le double vainqueur de Montpellier et Rotterdam ainsi que le double vainqueur de Doha et Adélaïde partent favoris de leur quart de finale.

Présentation des rencontres avec notre consultant Florent Serra.

Il y aura au minimum un Français en demi-finale et qui devrait, sauf exploit de Khachanov, affronter le numéro un mondial, Novak Djokovic. Gaël Monfils est opposé pour la 18ème fois à son ami Richard Gasquet. Les deux Français se connaissent par coeur et leurs duels a parfois donné lieu à des matches accrochés : 7 fois sur 17 avec au moins un set remporté par les deux joueurs ou encore 6 fois sur 12, au moins 22 jeux dans le match (dans les formats en 2 sets gagnants). Leur amitié dépasse le cadre du tennis. Ils ont la même passion pour le football et se voient souvent en dehors du circuit. Tactiquement, c'est une vraie opposition de style mais tout dépendra sur ce match de la capacité de Monfils à maintenir son niveau. Pour la première fois de sa carrière, il vient d'enchaîner 11 victoires consécutives dont les 10 dernières sans concéder le moindre set. Il est positionné à la 3ème place mondiale à la Race 2020. Demi-finaliste et quart de finaliste lors des deux dernières éditions, Monfils a prouvé que ce tournoi de Dubai lui convenait parfaitement. En revanche, les bonnes prestations de Gasquet aux Emirats remontent à 2009 et 2011 où il avait atteint le dernier carré. Sur l'état de forme, il se présente en moins bonne position que Monfils puisqu'il n'a repris la compétition que début février après trois mois d'absence. Sur le papier, tout semble donc justifier le statut de favori de Monfils mais attention, il peut arriver à Monfils de passer à côté d'un match, même en position de favori (8 défaites sur ses 37 derniers matches). Et Richard Gasquet a produit deux matches de qualité depuis le début du tournoi.

L'analyse de Florent Serra : "Monfils est en ce moment supérieur à Richard. S'il parvient à emmener Richard sur des longs échanges, il peut l'épuiser et s'imposer. Dans ses déplacements, même si Richard va beaucoup mieux, on sent qu'il n'est pas encore à 100%. Il a fait deux très bons matches face à Harris et Benoît. Tactiquement, il était bon. La surface est assez lente je trouve donc elle l'avantage un peu par rapport à sa forme du moment. Un Gaël solide et concerné me paraît au-dessus mais attention, les duels entre Français réservent souvent des surprises. J'ai vu que Gaël était strappé sur tout la bas de la jambe gauche. Il n'a pas semblé gêné par le Japonais au 2ème tour mais il enchaîne les tournois et les matches en ce début de saison. Méfiance. D'un match à l'autre, on a déjà vu Gaël totalement dégoupiller. Evidemment que s'il joue comme il le fait depuis le début de saison, indébordable, puissant au service et mentalement déterminé, Gasquet a peu de chances. Mais si Richard parvient à jouer près de sa ligne, il aura ses chances. La cote de Gaël me semble vraiment très basse. Monfils va bien finir par encaisser un set à un moment. Je me méfie des longues séries qui durent. Richard a déjà souvent battu Gaël et souvent en position d'outsider lorsqu'on ne l'attendait pas."

La statistique à retenir : Depuis 2009, le favori entre Gasquet et Monfils s'est incliné à 8 reprises en 13 confrontations.

L'avis de la rédaction : Gasquet remporte au moins un set dans le match

Le Serbe Novak Djokovic semble motivé pour s’imposer pour la cinquième fois ici à Dubaï. Son dernier titre remonte à 2013, trop loin pour un joueur de son calibre. Le numéro 1 mondial a hérité de deux premiers tours vraiment très faciles, le match face au Russe Khachanov fait office de premier vrai test pour lui. Djokovic mène deux victoires à une mais sa défaite en 2018 en finale de Bercy avait marqué les esprits. Ce jour-là Khachanov avait jouer une partition parfaite, il lui faudra rééditer cette performance demain si ce n’est jouer encore mieux tant le serbe parait injouable en ce début de saison 2020. Il est archi favori. Sur ses 100 derniers matches où il s'est présenté avec une cote inférieure à 1.20, Djokovic s'est imposé à 93 reprises. Il a perdu face à Kohschreiber, Bautista deux fois, Tsitsipas, Thiem, Zverev et... justement Khachanov à Bercy.

L'analyse de Florent Serra : "Ce Djokovic-là me semble inaccessible pour Khachanov en ce moment. Je trouve le Russe pas assez régulier pour lutter à armes égales avec le Serbe qui va le neutraliser avec ses qualités de retour. Du fond du court, Djokovic va assez vite sur les jambes pour contre Khachanov. Il m'a vraiment impressionné sur ses deux premiers matches et globalement depuis le début de saison. Même en position défensive, en bout de course, Djokovic est capable de trouver des angles incroyables. Djokovic a le jeu pour faire déjouer et dégoupiller Khachanov. Pour moi, il n'y a pas de match. Après, aucun intérêt de miser sur la victoire du Serbe puisque la cote est quasi nulle mais si je devais prendre un risque, je verrais bien un match plutôt expéditif."

L'avis de la rédaction : moins de 22 jeux dans le match

Struff (32ème) défie Tsitsipas (6ème) pour une place en demi-finale d'un tournoi ATP 500. Déjà défait à 7 reprises en demi-finale des tournois ATP250, l’Allemand vise pour la première une place dans le dernier carré d'un tournoi de la catégorie supérieure. C'est la cinquième rencontre entre les deux joueurs et il y a pour l'instant une égalité parfaite (2-2), il est d'ailleurs à noter que leurs deux derniers matchs ont été vraiment très accrochés mais c'est Struff qui s'est imposé à chaque fois. Struff a entamé le tournoi de la meilleure des manières face à l'Espagnol Bautista Agut. Pourtant breaké d’entrée, il a su se remobiliser pour s’imposer en deux sets. Lors du deuxième tour, nous avons eu droit à une mascarade de tennis tant le Géorgien Basilashvili était absent sur le terrain (6-1/6-0). Tsistsipas arrive avec une confiance décuplée, il reste sur 6 victoires de rang sans concéder le moindre set. Il y a beaucoup plus de consistance et d’intention dans son jeu depuis la semaine dernière et il a gommé également les quelques fautes directes qui l’empêchaient de développer son jeu offensif. C'est pourtant un match moins facile qu’il n’y parait pour le Grec parce que Struff sait comment gagner face à lui. Il aura une tactique en tête en s’appuyant sur une grosse première balle et un jeu vers l’avant afin de maintenir sous une pression constante. Il pourra peut-être compter également sur la fatigue du Grec même s'il est peu probable que cela ait un réel impact.

La statistique à retenir : Struff a remporté 9 victoires face au top 20 sur ses 20 derniers matches (depuis un an)

L'analyse de Florent Serra : "Struff me fait plutôt une bonne impression depuis un peu plus d'un an. J'en parlais ce matin avec Julien Pichené. Il a passé un cap, notamment face aux joueurs mieux classés que lui. Il peinait souvent à conclure ses matches mais ces derniers mois, il a réussi à taper des sacrés clients et sur toutes les surfaces (Raonic, Zverev, Tsitsipas, Goffin, Shapovalov, Cilic, Khachanov). C'est d'ailleurs à Dubai face à Raonic qu'il a eu le vrai déclic. Quand il commence à envoyer en coup droit, c'est impressionnant. Son service aussi est ultra puissant. Bautista a été asphyxié. Mais sans raison, parfois, il est aussi capable de passer au travers et de prendre 6-1/6-1. Il peut poser des problèmes à Tsitsipas même si le Grec me paraît aussi très bon par rapport au début de saison. Il s'est sorti de deux matches pièges face à Carreno et Bublik. Tsitsipas a plus d'armes que Bautista parce qu'il fait très bien tourner la balle, il est puissant au service et il peut trouver des angles compliqués à négocier, surtout pour le grand gabarit de Struff (1m93 / 92kg). La balle du Grec rebondit beaucoup et s'il arrive à faire jouer Struff au-dessus de l'épaule, il va forcément prendre l'ascendant d'autant plus qu'en ce moment, il prend la balle de plus en plus tôt. Il est bien en jambes, ça se voit. Tout ça justifie le statut de favori de Tsitsipas qui aura les armes pour amener l'Allemand à forcer ses frappes et en mettre un peu trop et faire des fautes. Mais Struff a progressé au filet et ça sera la clé pour lui, il ne devra pas hésiter pour monter et frapper fort sur le coup droit du Grec. Sur la longueur du match, je vois le Grec plus régulier. Mais la cote de Struff me semble trop haute. Il aura sa chance et dans sa tête, s'il y croit, il peut sortir un gros match."

L'avis de la rédaction : Struff remporte au moins un set dans le match

Ce quart de finale oppose le jeune espoir russe Rublev à l’expérimenté britannique Daniel Evans. Si Evans est professionnel depuis 2006 pourtant il n’est rentré dans les 100 qu’en 2016, avant d’en ressortir suite à une suspension liée à une consommation de cocaïne. Daniel a repris le chemin des courts en 2017. A ce moment-là, malgré son jeune âge, Andrey était déjà dans les 50 meilleurs mondiaux. Ces deux joueurs se sont déjà affrontés à trois reprises, dont deux fois sur le circuit challenger. Sur les deux dernières rencontres, c’est le russe qui a dominé les débats puisqu’il a battu Evans en 2019 au Challenger d’Indians Wells, et en 2020 à Adelaïde, qu’il a remporté par la suite. Les deux joueurs jouent bien cette semaine. Mais c’est tout sauf une surprise quand on sait que les conditions de jeu préférés des deux sont celles de Dubaï, outdoor sur dur. Si ce début de semaine était sans doute plus évident pour le russe qui a joué contre Musetti, le jeune italien, Evans a eu plus à s’employer. En effet, il a eu deux rencontres difficiles, avec la première contre Fabio Fognini et la seconde contre Pierre Hugues Herbert, les deux matchs en trois sets. Néanmoins, le russe a su être appliqué contre Krajinovic, qui lui avait posé des problèmes à Rotterdam. Le russe sert bien cette semaine puisqu’il a frappé 17 aces en deux matchs. Quant à Evans, il a eu le mérite de sauver trois balles de matchs dans un jeu décisif très tendu face à « P2H ». Sur le plan du jeu, les deux joueurs sont diamétralement opposés : Si le britannique adopte une attitude passive, avec ses nombreux slices revers, le jeu du russe est bien plus offensif et agressif, avec d’énormes coups droits à plat ou liftés, qui risquent de mettre à mal la défense de Daniel. Face au français Daniel Evans a su profiter des faiblesses au service d’Herbert, chose qui sera impossible face à Rublev, qui sert beaucoup mieux. Daniel Evans fait un bon début de saison, comme le prouve cette statistique : Sur les 5 dernières rencontres face à un membre du top20, Daniel a remporté trois rencontres, perdant contre Rublev et Monfils. Tandis que Rublev est l’homme en forme de ce début de saison : 19 matchs, 16 victoires et deux titres, juste impressionnant…

L'analyse de Florent Serra : "La puissance de Rublev est forcément un avantage face à Evans qui est un petit gabarit (1m75) qui défend pas mal mais manque de puissance. Le Russe est un rouleau compresseur depuis plusieurs mois. Il frappe fort, plutôt dans des bonnes zones, souvent en flirtant avec les lignes mais ce qui est impressionnant, c'est sa capacité à ne pas baisser de rythme. On l'a vu encore face à Krajinovic en fin de premier set. On sentait que le Serbe pouvait le remporter mais le Russe a su frapper encore plus fort dans le tie-break à tel point qu'il a totalement éteint Krajinovic, un peu malade, qui a pris une bulle (6-0) dans le 2ème set. Rublev parvient à maintenir son niveau de jeu et tel un boxeur finit par amener ses adversaires dans les cordes. Il est très solide. En face malgré tout, Evans a une très belle main sur un plan technique et tactique, et il peut tout à fait arriver à le bidouiller avec son slice de revers, avec des amorties en cassant le rythme et en amenant le Russe dans des filières de jeu plus courtes. Le Britannique a des armes pour embêter Rublev mais on a vu voir face à Fognini que lorsque l'Italien parvenait à faire jouer Evans au-dessus de l'épaule, il était en difficulté et jouait trop court. Si la situation se répète, Rublev devrait donc prendre le dessus. Pour espérer s'en sortir, Evans va devoir monter un maximum au filet. Sur le papier je vois évidemment Rublev favori de ce match mais sa cote est vraiment trop basse. Evans fait un gros début de saison et même si le jeu de Rublev lui pose problème, c'est pas une certitude de le voir perdre. J'aurais mis une tendance 65/35 plutôt que 80/20."

L'avis de la rédaction : au moins 20 jeux dans le match