Pour la dernière étape de la tournée internationale de février, la crème du tennis mondial pose ses valises aux Émirats Arabes Unis, dans la cité-état de Dubaï. Dans l’anonymat il y a encore trente ans, la ville de tous les possibles concurrence aujourd’hui les plus grands tournois du monde.

Ensoleillée et pourvoyeuse d’opportunités, la ville Émiratie fait rêver tout au long de l’année des millions de touristes. Terre d’accueil de nombreuses célébrités et sportifs de haut niveau, Dubaï est une ville où il fait bon vivre aussi bien économiquement que moralement. Plusieurs sociétés en font d’ailleurs leur business pour installer les grosses fortunes. En plus d’être un paradis fiscal, Dubaï offre un terrain d’entrainement superbe pour les joueurs et les amoureux de tennis. C’est ainsi que Roger Federer a été l’un des premiers à s’y installer il y a une vingtaine d’années. Comme Monaco et Genève, les Émirats ont la cote. Ana Konjuh, Borna Coric, Karen Khachanov et Lucas Pouille ont suivi le maestro, en prenant leur quartier dans la cité-état. 

« La première fois que je suis venu, c'est Roger Federer qui nous a invités à venir nous entraîner la semaine précédant le tournoi, fin février 2015. J'avais dit à Manu Planque que j'adorais les conditions ici et c'est resté dans un coin de ma tête. La saison avançant vers Roland-Garros, je me suis demandé où j'allais m'entraîner l'hiver suivant. Ici tout est neuf et démesuré, alors qu'il n'y avait rien il y a vingt ans. Il ne faut pas s'étonner de voir passer un 4 x 4 Mercedes avec un jaguar à l'intérieur... C'est un autre monde. Mais ça ne me coûte pas. J'ai quitté la maison à 12 ans, j'ai déjà vécu presque la moitié de mon existence loin de chez moi. Et, puis, quand on en aura marre, on partira »
Lucas Pouille

Crédits photo : La Nouvelliste

Outre ses centres d’entrainement et son cadre de vie idyllique, Dubaï est une ville qui se met progressivement au sport. Là-bas vous y trouverez des terrains de foot dernier cri, du ski artificiel, et de nombreux centres de tennis : Meydan, la Clark Francis Academy mais aussi l’arrivée prochaine d’un court sous les eaux. Imaginé par l’architecte Krysztof Kotala, cette nouvelle installation sera équipée d’une vitre incurvée de 33 mètres de large qui correspond à 11 étages. Dubaï accueille aussi fin décembre, une exhibition réunissant les meilleurs joueurs du monde. Un retour de vacances en douceur pour les joueurs, qui préparent le temps de quelques jours le Happy Chelem en Australie. En février, a lieu depuis 1993, le tournoi de Dubaï. Le Duty Free Dubaï élu douze fois meilleur ATP 500 par les joueurs, a connu une croissance exponentielle grâce au financement et l’essor d’un territoire.

« Nous avons tout de suite identifié le sport, et particulièrement le tennis comme vecteur de promotion. On n’y connaissais pas grand-chose. On nous a mis le label ATP 250 et honnêtement, on ne savait pas ce que cela voulait dire »
Colm McLoughin – CEO Dubaï Duty Free

Au début, trois projecteurs se battaient en duel puis le central a vu son inauguration un soir de l’an 96. Depuis Dubaï ne cesse de croître. En 2005, le Duty Free est le troisième tournoi au monde après l’Open d’Australie et l’US Open à offrir le même prize money aux femmes et aux hommes. Les meilleurs joueurs du monde inscrivent ce rendez-vous au calendrier. Rafael Nadal, Roger Federer et Novak Djokovic se sont ajoutés au palmarès. Récemment, ce dernier vient d’obtenir un visa « Gold Gard » de 10 ans pour les Émirats Arabes Unis. Délivré par le premier ministre Mohammad Bin Rashid, ce visa d’or a aussi été attribué à Cristiano Ronaldo et d’autres stars de renom.

crédits photo : ATP

Pour promouvoir leur puissance et repousser les limites du libre-arbitre, Dubaï a inauguré il y a quinze ans, un court de tennis sur un héliport. Sur le toit de l’hôtel Burj El Arab, Roger Federer et André Agassi s’étaient échangé des balles. Des images qui ont fait le tour du monde.

Dubaï possède ce paradoxe d’être une ville sans stars de la balle jaune, mais d’être en revanche un lieu de rassemblement incontournable dans le calendrier. Les Émiratis veulent asseoir davantage leur règne. Promu ATP 500, le tournoi de Dubaï vise plus grand. A l’heure où le tennis génère questions et interrogations quant à son système, Dubaï pourrait s’imposer comme le nouvel Eldorado de la balle jaune.

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