Vainqueur d'Acapulco en 2005 et 2013 à une époque où le tournoi mexicain se jouait sur terre battue, Rafael Nadal a l'occasion de signer un triplé ce samedi, cette fois sur dur. Il signerait alors son 22ème titre en carrière sur dur.

L'Espagnol a mené un train d'enfer depuis le début de la semaine, écrasant chaque adversaire en mode rouleau compresseur. Kecmanovic et Kwon se souviendront de leur premier duel face au Majorquin. Ils ont rarement subi une telle puissance et rage de vaincre venant de l'autre côté du filet. On aurait pu penser que le Bulgare Grigor Dimitrov serait en mesure d'offrir une autre adversité mais il n'en a rien été. Il a été balayé comme un nouveau venu alors qu'il avait tout le temps résisté sur dur à Rafa : "Je suis très heureux. C'est une très belle victoire face à l'un des meilleurs joueurs du monde et un bon ami. J'ai réussi à élever mon niveau de jeu au fur et à mesure du match. C'est très positif pour moi."

L'Espagnol n'a pas perdu un seul set depuis le début du tournoi mais il a tout de même perdu 6 fois son service et concédé 21 balles de break. En revanche, en retour, il a totalement asxhyxié ses adversaires en remportant 58% des jeux adversaires (19 breaks sur 28 balles de break).

C'est la première fois qu'il va affronter Taylor Fritz (22 ans). Mais son bilan face à la nouvelle génération depuis 2017 est plutôt effarant : 33 victoires pour 3 défaites mais comme d'habitude : "Taylor joue très bien. Il a un bon service et des grosses frappes du fond du court. Je m'attends à un gros match. Je sais que je vais devoir jouer mon meilleur tennis et j'espère que je serai prêt pour ça."

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Inconstant et sans grand relief depuis ses deux finales à Atlanta et Los Cabos l'été dernier, Taylor Fritz a sorti le grand jeu cette semaine pour se relancer. L'air du Mexique doit l'inspirer. Il s'est sorti des pièges tendus par Millman, Humbert et Edmund, pour éliminer John Isner en demi-finale. Il n'est plus qu'à 250 points d'Isner au classement ATP pour devenir le numéro un Américain. Il est revenu de loin malgré tout face à Isner puisque Fritz était mené 6-2/4-2 et 0-40 sur sa mise en jeu. Il a finalement sauvé son jeu de service puis remporté 11 des 15 derniers jeux. Une victoire avant tout mentale même si physiquement, John Isner a perdu pied sur la dernière partie du match : "C'est énorme pour moi d'avoir remporté ce match et d'arriver en finale. Mon objectif cette saison était de performer dans les grands tournois. Je suis très satisfait de ma semaine, j'espère pouvoir maintenir ce niveau toute la saison. J'aimerais remporter mon premier ATP500 mais je vais affronter un adversaire redoutable. Je vais devoir jouer mon meilleur tennis."

Le paradoxe de Taylor Fritz cette semaine est d'avoir été plus convaincant en retour qu'au service. Depuis le début de sa carrière, Fritz a remporté en moyenne 83% de ses jeux de service et 18% des jeux adverses mais cette semaine, il a breaké 35% des jeux adverses (des statistiques à la Nadal ou Djokovic) pour 83% de ses mises en jeu conservées.

L'avis de Rodolphe Gilbert : "Rafa est très solide cette semaine mais là il affronte un joueur qui va lui rentrer dedans. La seule possibilité pour Fritz d'avoir un espoir de victoire, c'est de sortir un très gros match comme a pu faire Gaël face à Djokovic. Rafa ne descend jamais en dessous d'un certain niveau donc il faut s'élever très haut pour réussir ce genre d'exploit. Hier, Fritz était pas loin de passer à la trappe face à Isner mais son style de jeu est une arme que n'avaient pas les précédents adversaires de Nadal depuis le début du tournoi. Il devra faire beaucoup de points gagnants pour gagner et il est capable d'en faire. Nadal est évidemment grandissime favori et je trouve l'écart de cote un peu démesuré. Il n'y a pas de raison de mettre Frits beaucoup plus haut que Dimitrov par exemple. Mettre 8 jeux c'est quand même à la portée de Fritz mais face à Nadal, c'est pas si simple. Tout va dépendre de sa qualité de jeu. Il n'aura pas le droit d'être moyen. Il devra avant tout très bien servir et tout faire bien, tenir la balle, prendre sa chance et être très performant dans ses prises de risque. Il faudra donner le minimum de points gratuits à l'Espagnol. C'est une tâche extrêmement difficile. Battre Nadal n'est pas donné à n'importe quel joueur. Je crois que depuis 2018, Rafa est à 90% de victoires sur dur. Vous imaginez un peu ? La solution c'est de lui rentrer dedans à l'image d'un Kyrgios qui est l'un des rares à poser des soucis à Nadal sur dur. Voilà sur qui devra s'inspirer Fritz : frapper fort, grosse première, prendre la balle tôt. On les connait les clés du succès, le problème c'est de parvenir à mettre en application le plan de jeu."