La tournée indienne s’est terminée avec la finale du challenger de Bangalore le dimanche 17 février et force est de constater que le tennis national n'a pas brillé. Un seul indien a passé un tour sur le tournoi 250 de Pune (Prajnesh Gunneswaran) et aucun n'a atteint les ¼ de finale à Bangalore. « La réponse la plus simple est que nous ne sommes pas assez bons. Ce n'est pas quelque chose qu'il est agréable d'entendre, encore moins pour les joueurs mais nous n'avons été assez opportunistes [1]», avait également commenté Somdev Devvarman, ancien 62ème mondial et aujourd’hui retraité des courts, concernant la piètre performance des joueurs indiens à l'Open d'Australie cette année.

Alors que l'Inde rencontrera en fin de semaine la Croatie pour les barrages de la Coupe Davis, il convient d'étudier dans la 3ème partie de notre enquête, les raisons de la stagnation du tennis indien.

« J'ai parlé aux joueurs et tout le monde était intrigué par cette idée. Lorsque j'ai lancé le concept autour de moi en disant que cela pouvait marcher, tout le monde m'a dit ; je viens si les autres viennent aussi. Andy ne voulait pas être la seule superstar présente. Novak m'a demandé « Est-ce que les autres gars viennent aussi ? Serena m'a dit « Vraiment ? Novak et Andy viennent aussi ? C'est comme ça que nous y sommes arrivés »[2].

International Premier Tennis League à Dubai en 2014 (Crédits : REUTERS/UNI PHOTO)
Pete Sampras et Roger Federer lors de la première édition de l'International Premier Tennis League (2014)

Le storytelling est formidable, l'International Premier Tennis League était ainsi fondé dans l'enthousiasme général en 2013 par Mahesh Bhupathi. L'idée, reprenant le modèle de l'Indian Premier League de cricket, était de composer un grand événement populaire et de ce fait, particulièrement lucratif, autour de « Dream Team » rassemblant les grandes stars du tennis. Plusieurs équipes étaient ainsi créées et pouvaient ainsi acquérir des joueurs lors d'une draft fonctionnant comme une enchère, avec un plafond salarial de 10 millions de dollars. Les équipes mises en place se rencontraient toutes une fois sur 5 sets, disputés dans une catégorie différente (simple messieurs, simple dames, double messieurs, double mixte, simple légendes). « Ce genre d’événements a une place dans notre sport, pour avoir plus d'interactions, plus de fun, des règles différentes. J'aime l'idée de jouer dans une partie du monde où on ne voit pas beaucoup de tournois », avouait ainsi un Roger Federer toujours friand des grandes tournées d'exhibition. Organisée au mois de décembre, elle est parvenue à attirer de nombreuses têtes d'affiches certainement soucieuses d'arrondir leurs fins d’années pendant la trève tennistique et un Mahesh Bhupati ambitieux espérait la faire croître petit à petit en agrandissant le nombre d'équipes. Cependant, après 3 ans d'existence, entre 2014 et 2016,  la compétition a été stoppée nette dans son élan, à cause de graves soucis financiers.

L’affaire a fait grand bruit dans les médias indiens. Mahesh Bhupathi a été accusé de non-paiement des cotisations par la société de production impliquée dans la diffusion de la compétition. En cause selon l’intéressé ? Une prétendue "fraude" commise par un groupe financier possédant l'une des équipes engagées. Au final, ce sont l'ensemble de l'équipe de production, les fournisseurs, les arbitres de chaise et même certains joueurs qui n'ont pas été payés. Une bien mauvaise publicité pour le tennis indien[3]

Cet échec cuisant témoigne des difficultés rencontrées par les acteurs du tennis indien pour exploiter l'engouement populaire croissant pour ce sport. Comme il était rappelé dans les deux premières parties du dossier, les indiens se passionnent pour le tennis mais peuvent difficilement vibrer sur les exploits de leurs compatriotes, du moins en simple. Prajnesh Gunneswaran et Ramkumar Ramanathan restent des joueurs principalement cantonnés au circuit challenger. Sumit Nagal est aujourd’hui un joueur trop limité sur surface rapide pour espérer une progression importante au classement. Enfin, Yukhi Bhambri n’a plus joué depuis 2018 à cause de graves problèmes au genou droit qu’il n’a pu diagnostiquer que grâce au médecin de Rafael Nadal[4] (il a d’ailleurs annoncé son retour à la compétition d’ici un ou 2 mois). Avec 1,3 milliards d’habitants, l’Inde dispose pourtant d’un vivier potentiellement intéressant de joueurs. Pourquoi le tennis indien n’émerge-t-il alors pas ?

On peut tout d’abord évoquer un problème d’infrastructures. Les écoles ne sont pas encouragées à avoir des courts de tennis comme c'est le cas du cricket et du football, ce qui signifie qu'il y a peu de lieux où les enfants peuvent pratiquer ce sport. Le tennis reste un sport onéreux, qui dispose de peu de courts en public et nécessite l’inscription à un club.

Il y a également un argument qui revient plus souvent, celui du manque d’encadrement des joueurs par les structures fédérales. « Les gens ont une vision étrange de comment Federer est devenu Federer. Ce dernier a suivi une formation incroyable quand il avait 12 ou 13 ans. Il a eu tout ce qui lui était nécessaire au bon moment. Les gens pensent que c'est le talent, mais son talent c'est peut-être seulement 2% de sa magie » relève en 2017 Purav Raja, joueur indien spécialisé sur le double, pour mettre le doigt sur les lacunes en matière d’encadrement des jeunes espoirs indiens.

« Quand Vijay et moi avons été n°1 et n°2 en Inde dans les années 70, toute l’étendue du soutien que nous avions, c'était un ticket obtenu durant l'été pour jouer où nous souhaitions, indique Adnan Amritraj. Prajnesh (Gunneswaran), Ramkumar (Ramanathan) et Sasi Kumar Mukund, ils ont tout mené de leur côté ou presque. C'est pareil pour Vijay et moi ou pour les Krishnans (Ramanathan and son Ramesh). C'est un effort individuel, un effort par les parents, cela n'avait rien à voir avec la Fédération. Nous devions le faire nous-mêmes, mais à l'époque il n'y avait qu'environ 600 joueurs classés ; ces garçons doivent rivaliser avec près de 2 000 personnes."

Somdev Devvarman a établi une comparaison avec le « projet 45 » initié par l’ancien joueur Shuzo Matsuoka il y a une dizaine d’années pour relever le tennis nippon.  « Si vous regardez le Japon au cours des 10 dernières années, il y a eu beaucoup de joueurs qui sont entrés dans le top 100. C'est un témoignage du travail qu'un pays a fait pour obtenir l'excellence, relevait-t-il en 2017. Le succès du Japon n'est pas accidentel. Ils ne sont ni plus grands ni plus forts que nous, mais il y a un système. Maintenant, on peut constater la même chose avec la Corée. Vous voyez des joueurs en provenance de pays asiatiques que vous n'avez jamais vus auparavant à cause de formations très ciblées et de programmes de développement junior qui n'existent tout simplement pas en Inde.[5]».

A ce titre, Somdev Devvarman devait diriger le nouveau Center of Excellence à New Delhi mais s’est retiré du projet l’année dernière après une coupure du budget de moitié opéré par le ministère des sports et de l’AITA (All India Tennis Association), la Fédération Indienne de tennis. « Nous avions fait nos plans à partir d’un budget pour lequel nous étions d’accord. Le tennis est un sport international. Pour avoir une expertise internationale, vous avez besoin de payer selon des standards internationaux, déclare l’ancien joueur professionnel. On m’a parfois accablé d’être peu amical avec l’AITA, cela ne me dérange pas. Je n’attaque pas, je pose juste une question claire et simple ; quel a été votre vision du tennis sur ces 30 dernières années ? [6]»

Somdev Devvarman n’est pas le seul à pointer du doigt l’AITA, celle-ci étant régulièrement critiquée pour le soutien financier insuffisant qu’elle prodigue aux joueurs indiens.

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Yuki Bhambri en 2018 (crédits : PTI Photo by R Senthil Kumar)

« Je pense que des joueurs comme Ramkumar Ramanathan devraient recevoir une subvention d'environ 30 000 $, indique Karti Chidambaram, président l’association de tennis de l’Etat du Tamil Nadu en Inde (TNTA), qui soutient financièrement une partie de la carrière de celui-ci depuis ces 14 ans. Lorsque Ramkumar a été s’entraîner pendant 11 mois à l'Académie Sanchez-Casal de Barcelone, TNTA a probablement dépensé 30 000 $ pour lui. Yuki Bhambri était une énorme opportunité. Il était le champion du monde junior et junior n°1 de l'Open d'Australie. N'importe quel pays avec une demi-fédération de tennis l'appellerait et lui dirait" Embauchez l'entraîneur que vous voulez et nous paierons ce qu’il faudra. Qu’a fait l'AITA? Ils n'ont pas de programme pour faire éclore les talents… [7]»

Somdev Devvarman n’est, lui, pas totalement en accord avec cette politique de soutien financier des joueurs. «Le tout est d’avoir un groupe de coachs aidant les U14-16-18. Jack Sock, par exemple a travaillé avec 3 ou 4 coachs différents de l’USTA (Fédération de tennis des États-Unis). Ils n’ont pas financé directement Jack, mais ils ont financé un système qui a aidé Jack et l’ensemble des juniors. C'est ce que je voulais faire. Peut-être que la Fédération pense que c'est simple, mais ce n’est pas le cas »[8].

De son côté, l’AITA déplore la dureté des critiques sur ce sujet et indique prioriser la création d’infrastructures et l’organisation de tournois. La création d’un challenger 125 à Bengalore cette année (avec une dotation de 162 480 dollars) en lieu et place du challenger 80 à Chennai constitue une amélioration notable.

Cependant, l’effort produit pour permettre aux jeunes de faire leurs gammes et progresser est trop insuffisant.

« Il y a quelques années, nous avions plus de 15 tournois Futures  et qu'est-ce que cela a permis d’accomplir? Pour moi, ce n'est pas seulement d'avoir des tournois, c'est d'avoir les bons tournois », indiquait par ailleurs l’observateur Somdev Devvarman en 2018. Vous ne pouvez pas simplement organiser des tournois au hasard et penser que vous aurez des joueurs de classe mondiale si vous ne les préparez pas de la bonne manière. C’est plutôt d’avoir une vision et d’avoir la structure pour atteindre cette vision (…) La Turquie, par exemple, à un moment donné, avait 50 tournois futures par an, l'Égypte aussi, mais qu'ont-ils réalisé? Quel est l'intérêt d'avoir de nombreux tournois de bas niveau  mal organisés? Il vaut mieux avoir quelques bons  tournois et travailler en amont pour préparer  nos talents à réussir dans ces derniers[9].

Ces critiques régulières concernant l’AITA ne font qu'illustrer le climat de tension constant qui a émaillé les relations entre les joueurs et leur Fédération, comme en témoignent les polémiques qui ont secoué l'équipe nationale ces dernières années. A ce titre, plusieurs joueurs, dont Mahesh Bhupathi et Somdev Devvarman n'ont pas hésité à se mettre en retrait de l'équipe nationale en 2013 pour protester contre le choix de maintenir leur capitaine, SP Mishra.

« Les joueurs ont eu des griefs avec l'AITA depuis les années 70 et 80. La seule différence est maintenant que nous sommes tous sur la même longueur d'onde, avait déclaré Somdev Devvarman. Nous avons essayé de résoudre ce problème de différentes manières, maintenant nous sommes arrivés à la conclusion de le faire ensemble (...) Dans le passé, nous avons eu des membres de l'équipe qui ont été un peu partiaux envers certains joueurs et je pense que personne n'apprécie cela. Nous voulons arriver à un point où tous les membres de l'équipe ne sont pas là pour des raisons de loyauté, mais parce qu'ils font du bon travail et qu'ils veulent accomplir ce que nous voulons accomplir et parce qu'ils sont choisis uniquement au mérite.[10] »

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Mahesh Bhupathi, capitaine de Coupe Davis, en 2019

Mahesh Bhupathi avait également été particulièrement virulent. « Nous nous sommes rendus disponibles de bonne foi après qu’ils nous aient dressé un joli tableau. Sans surprise, ils ont fait marche arrière. Cependant, si AITA pense que ça va être la fin, ils fument du crack. Même si je ne joue pas, je serai là pour soutenir l'équipe et de m'assurer que les changements que nous proposons d'apporter au tennis indien se produiront. Ce n'est pas fini. L'AITA a gagné la bataille, mais cela va être une longue guerre. [11]». Depuis cet événement, les choses ne se sont pas améliorées.

Notons par exemple la gestion par la Fédération de l'affaire Sumit Nagal qui a reçu des critiques cinglantes, dont celles, encore une fois, du franc-tireur Somdev Devvarman. Pour rappel, le jeune joueur s'était fait virer de l'équipe pour des raisons prétendument comportementales, après avoir soi-disant vidé l'intégralité du mini-bar en charmante compagnie dans sa chambre d’hôtel...

« Si vous avez un problème avec un jeune de 19 ans, n'importe quel adulte sensé le fera asseoir dans une pièce avec le capitaine et si besoin est, le représentant de la Fédération et lui expliquera ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Le faire dans un journal diffusé dans tout le pays n'est guère un moyen de donner une leçon à un jeune joueur. Quel est votre intérêt à part lui faire mauvaise presse ? Questionnait ainsi Devvarman avant de se laisser aller à une petite anecdote de son cru. Puisque vous ramenez la question de l'alcool, je suis également tenté de mentionner cette histoire qui me concernait. De source fiable, il m'a été relaté que durant mon match de Coupe Davis à Bangalore en 2014, alors que j'étais mené 2 sets à 1, les officiels de l'AITA qui étaient assis au premier rang, ont manqué mon 4eme set en entier et une grande partie du 5eme set parce qu'ils étaient en retard pour leur single malt party, pensant bien que je n'avais aucune chance de revenir dans le match (...) J'ai pu recevoir une petite bouffée de leur scotch lorsqu'ils sont venus me congratuler après le match. ». Somdev Devvarman en avait également profité pour dévoiler selon lui les vrais raisons du départ de Nagal : « Vous n'avez pas choisi Sumit Nagal pour la prochaine échéance, car Sumit Nagal n''était pas disponible pour jouer. Comment le sais-je? Parce que j'ai passé 2 semaines avec Sumit en décembre pour l'aider à l'entraînement et pour sa rééducation concernant sa blessure à l'épaule dont il se remet peu à peu. Si vous aviez un quelconque intérêt pour vos joueurs, vous auriez du avoir cette information. Alors, s'il vous plaît, ne nous donnez pas vos excuses de merde concernant son départ de l'équipe. »

Mais cette polémique n’était rien par rapport à l'imbroglio qui s’est produit autour de la rencontre Inde-Pakistan lors des barrages de la coupe Davis fin 2019, dans un contexte de conflit et de tensions géopolitiques entre les deux pays.

L'équipe nationale devait disputer sa rencontre au Pakistan, mais les joueurs et leur capitaine Mahesh Bhupathi avait refusé de s'y rendre pour des raisons évidentes de sécurité. « Chaque Indien sait quelles ont été les relations entre l'Inde et le Pakistan au cours des six derniers mois. Il était impossible d'y voyager et je sais pourquoi mes joueurs et moi avons décidé de ne pas voyager à Islamabad. Regardez ce qui se passe à la frontière, le Pakistan refuse même de donner la permission à notre Premier ministre de voler dans son espace aérien », avait-il déclaré. Alerté par les risques inhérents à cette rencontre, l'ITF avait fini par décider que le match se jouerait sur terrain neutre. Mais entretemps, Mahesh Bhupathi avait déjà été écarté de l'équipe nationale par l'AITA et remplacé par Rohit Rajpal...

 « Je suppose que la Fédération a toujours aimé diviser pour mieux régner, donc le plus simple était de couper la tête du leader [12]», concluait-il. Même si l'Inde a écarté facilement un Pakistan emmené par 2 joueurs de moins de 18 ans (Huzaifa Abdul Rehman et Shoaib Khan, suite au boycott de Aqeel Khan et Aisam-ul-haq Qureshi, mécontents de la délocalisation de la rencontre) l'épisode a laissé des traces et risque de polluer encore quelque temps les tensions la Fédération et ses joueurs et par la même, entacher le tennis indien.

« L'AITA aurait certainement pu mieux gérer la situation, affirmait Rohan Bopanna en décembre 2019. Il y a eu tellement de choses au fil des ans qu'ils auraient pu mieux gérer. Mais nous ne pouvons qu'aller de l'avant. La communication doit s'améliorer. C'est la grande chose qui manque. Si cela s'améliore, je pense que nous pourrons certainement voir beaucoup plus d'efforts collectifs de la part des joueurs et de la fédération[13] ».

Créer des infrastructures, toute une architecture de tournois pour accompagner les juniors jusqu’au niveau professionnel comme le souhaite l’AITA est une chose [14], mais d’ici les prochaines années, elle aura également la lourde tâche de pacifier ses relations avec les joueurs, ce climat de défiance permanent n’étant pas propice à une progression de son tennis.

Elle devra également bâtir une stratégie pour faire émerger ses jeunes talents, chose qui lui manque présentement. « Le financement est important mais n'a jamais été la clé du succès dans le sport. Les fédérations sportives indiennes doivent collecter des fonds certes, mais quel intérêt si vous ne savez pas comment les utiliser ? conclue Somdev Devvarman. Je vous garantis que le Kenya n'a pas les meilleurs financements au monde pour le marathon, je suis sûr qu'ils n'en ont pas. Le Brésil n'a pas le meilleur financement du football au monde. Mais ils ont des systèmes appropriés et construit , ils ont une culture et à travers eux. Je pense que tout cela est bien plus que de l'argent. [15]»




[1]https://www.firstpost.com/sports/australian-open-2020-indian-players-havent-been-good-enough-says-somdev-devvarman-after-16th-straight-first-round-exit-paints-another-sorry-picture-7947361.html

[2] https://www.nytimes.com/2013/05/24/sports/tennis/24iht-arena24.html

[3] https://timesofindia.indiatimes.com/sports/tennis/top-stories/iptl-mess-accused-of-non-payment-mahesh-bhupathi-says-he-isnt-responsible/articleshow/66083258.cms

[4] https://www.olympicchannel.com/en/stories/news/detail/yuki-bhambri-injury-nadal-doctor/

[5] https://www.tennisworldfr.com/tennis/news/Roger_Federer/4592/raja--roger-federer-a-suivi-une-formation-incroyable-a-l-age-de-1213-ans-/

[6]https://economictimes.indiatimes.com/news/sports/what-has-been-your-vision-for-tennis-in-last-30-years-somdev-devvarman-asks-aita/articleshow/67340845.cms

[7]https://economictimes.indiatimes.com/magazines/panache/the-economics-of-an-indian-tennis-player-rs-20-lakh-on-coach-rs-5-lakh-on-travel-and-trainer/articleshow/57073801.cms

[8]https://economictimes.indiatimes.com/news/sports/what-has-been-your-vision-for-tennis-in-last-30-years-somdev-devvarman-asks-aita/articleshow/67340845.cms

[9] https://sportstar.thehindu.com/tennis/somdev-devvarman-lots-of-problems-plaguing-indian-tennis/article25262987.ece

[10]https://www.tennisworldusa.org/tennis/news/Davis_Cup/8707/davis-cup-somdev-devvarman-says-aita-has-disappointed-him-once-again/

[11]https://www.tennisworldusa.org/tennis/news/Davis_Cup/8621/davis-cup--somdev-devvarman-and-mahesh-bhupathi-lash-out-at-aita/

[12]https://www.tennisworldusa.org/tennis/news/Tennis_Stories/79638/mahesh-bhupathi-aita-has-always-liked-to-divide-and-rule/

[13]https://www.hindustantimes.com/tennis/communication-between-aita-and-players-needs-to-improve-rohan-bopanna/story-YQrxMWEDdtj7m8vkXW9OHI.html

[14]https://www.aitatennis.com/?q=page/all-india-tennis-association-vision-statement

[15]https://sportstar.thehindu.com/tennis/somdev-devvarman-lots-of-problems-plaguing-indian-tennis/article25262987.ece