Quatre Français fouleront les courts d'Indian Wells ce mardi pour le 2ème tour du tournoi challenger qui sert de préparation au Masters 1000 qui débute le 12 mars. Et l'événement est d'abord le retour à la compétition de Lucas Pouille. A la recherche de sensations après plusieurs mois d’absence (dernière apparition officielle à Shanghai en octobre 2019), difficile de savoir dans quel état physique et surtout tennistique le Nordiste va revenir. Sur ses réseaux sociaux, le Français s’est voulu rassurant. Il a souhaité repousser son retour à la compétition pour éviter le risque de rechute (blessure au coude) et semble s’être bien préparé. S’il n’avait pas retrouvé son meilleur niveau, ses dernières sorties fin 2019 avaient laissé entrevoir quelques signes positifs avec des succès face à Nishioka et Hurkacz. Sa confrontation avec l’Américain Noah Rubin sera une bonne entrée en matière. Vainqueur de Petrovic au premier tour, l’ancien vainqueur de Wimbledon junior (2014) n’a jamais vraiment confirmé ses résultats dans les catégories jeunes. Si ses résultats sont inconstants, il a tout de même obtenu quelques victoires références ces derniers mois face à Istomin, McDonald ou encore Seppi. Enfin, un détail qui peut avoir son importance : Lucas Pouille va se présenter avec un nouvel équipementier raquette puisqu’il a officialisé sa nouvelle collaboration avec Babolat et jouera donc son premier tournoi officiel avec ce nouvel outil de travail. Si l’entrainement en amont lui a sans doute permis de se familiariser avec celui-ci, un changement de raquette n’est jamais chose anodine. Certains, même Roger Federer en 2013, peuvent mettre un certain temps à s’y accommoder.

Jack Sock et Ugo Humbert

Drôle de confrontation entre l’ancien Top 10 américain et vainqueur du Masters 1000 de Paris (2017) et le jeune Français Ugo Humbert qui s’installe sereinement dans le Top 50 du classement ATP. Le Messin attaque déjà le 7e tournoi de sa saison 2020 qui l’a mené à des résultats disparates. D’un succès à Auckland, le premier titre ATP de sa carrière, à des premiers tours à l’Open d’Australie et Montpellier. Il a entamé sa tournée américano-méxicaine par une demi-finale à Delray Beach et un 2ème tour à Acapulco. Il vient poursuivre son chemin au Challenger d’Indian Wells histoire de se familiariser avec le tournoi. Il avait disputé le premier tour du Masters 1000 la saison dernière mais il avait été battu dès le premier tour par l’Allemand Marterer. L’avantage pour Ugo vient du fait qu’il peut voir venir les prochaines semaines avec sérénité puisqu'il ne défend aucun point durant tout le mois de mars. Les prochains tournois seront pour lui du bonus et l’occasion de grappiller éventuellement des places au classement mais aussi de l’expérience dont le gaucher de 21 ans semble parfois manquer, à l’image de sa demi-finale frustrante contre Nishioka à Delray Beach. En effet, après un premier set abouti, il avait semblé avoir du mal à gérer les interruptions en raison de la pluie. Et s’était embourbé dans le jeu de relance du japonais. Son jeu de gaucher et notamment son slice au service avait fait des ravages face à Tiafoe dont le jeu se rapproche de son compatriote américain Jack Sock. Le Français pourrait tirer bénéfice de sa capacité à varier le jeu et trouver des angles pour faire bouger son adversaire. Méfiance toute de même car Sock a enfin retrouvé le chemin de la victoire en simple à Delray Beach en battant Radu Albot. En larmes après le match, lui qui n’avait plus gagné un match depuis un an et demi, Jack Sock a donc fait sa réapparition dans le classement (716ème). Loin d’être ridicule face à Steve Johnson lors de son 2e tour à Delray Beach, Jack Sock restera un bon test pour Ugo Humbert qui devra, comme d’habitude, se méfier de l'Américain, sérieux au premier tour face à Uchida, et qui saura à merveille profiter du soutien du public.

Mischa Zverev et Grégoire Barrère

Désormais dans le Top 100, Grégoire Barrère bénéficie du statut de tête de série n° 9 sur ce Challenger d’Indian Wells. Inscrit la semaine prochaine pour les qualifications du Masters 1000, il aimerait s'installer plus confortablement dans dans le top 100. Le Français manque de régularité mais il a su se démarquer sur ce début de saison en signant notamment un succès référence face à l’ancien numéro 3 mondial, Grigor Dimitrov. Il avait également offert une résistance plus qu’honnête au 2e tour de l’Open d’Australie conte Guido Pella et en quart de finale à Montpellier contre Krajinovic. Le plafond de verre de la barre des 100 meilleurs joueurs désormais brisé, Grégoire Barrere semble aussi passer un cap dans son tennis plus fluide. Mais cela peine à se concrétiser dans ses résultats. Charge à lui de le confirmer cette semaine. En profitant d’un 2e tour largement à sa portée face à Misha Zverev. L’aîné de la fratrie (256ème mondial) navigue désormais au gré des Challengers à travers le monde et des quelques wildcards de complaisance obtenues sans doute avec la complicité de son frère qui, possible de l’imaginer, doit négocier certaines venues dans les tournois par la présence de Misha. Comme ce fut le cas par exemple à Acapulco. Ainsi, difficile d’imaginer le jeu de service-volée de Misha Zverev capable d’inquiéter un Grégoire Barrere bien plus consistant et solide dans le jeu de fond de court où il prendra le meilleur avec sa puissance et ce revers si dangereux. Une statistique qui peut confirmer cette analyse : la dernière victoire de Misha Zverev sur dur lors d’un tournoi ATP remonte à août 2018 contre Damir Dzumhur à Cincinnati (ndlr : il avait bénéficié de l’abandon de Nicola Khun à Miami l’année dernière).

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Maxime Janvier

Un bon premier tour a permis à Maxime Janvier de poursuivre sa semaine à Indian Wells. Le récent finaliste du Challenger de Quimper n’avait pas eu de réussite au tirage à Pau en prenant pour son premier match le revenant Jerzy Janowicz, futur finaliste contre Gulbis. Sa tournée américaine a débuté par une victoire sur Bradley Klahn, mieux classé et évoluant à domicile. Le tout en ne concédant qu’une seule balle de break sur le dernier jeu du match, au moment de conclure le match. La tâche s’annonce plus ardue face à un autre américain, Denis Kudla, ancien 1/8e de finaliste à Wimbledon. S’il a plongé au classement (114ème), son bilan est positif en 2020 sur les tournois Challengers (9 victoires, 3 défaites). Son jeu d’attaque dans le tradition du tennis américain pourrait s’avérer être difficile à contrer pour le Français, souvent en difficulté face à ce genre de joueurs.

Mackenzie McDonald et Taro Daniel

Dans la forêt des jeunes joueurs américains, s’il y en avait un qu'on attendait avec certitude de voir percer après son arrivée chez les professionnels : c’était bien Mackenzie McDonald. Leader de sa génération dans ses années universitaires, il détonait par son style radicalement opposé au profil "serve-bot" produit à la chaîne par le tennis américain depuis des années. Gabarit plutôt fin pour le tennis moderne, joueur très complet capable de très bien tenir sa ligne de fond de court et défendre chaque point, il a pour le moment raté son intégration dans l’exigent monde professionnel notamment en raison d’une blessure l’année dernière au genou. Cette saison il s’est raté à Newport Beach pour son retour et aux qualifications de New-York. Il a sans doute réalisé son match référence face à Tommy Paul à Acapulco où il a fait valoir son classement protégé. Malgré une défaite après avoir remporté la première manche, il a sans doute pu prendre quelques repères et peut être un brin de confiance. A confirmer face à Taro Daniel, récent vainqueur d’un Challenger en Australie.

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Voilà une photo "collector" de Frances Tiafoe et Michael Mmoh, deux grands espoirs du tennis américain à l'époque en 2014. Les deux joueurs sont amis dans la vie, se connaissent par coeur mais s'affrontent seulement pour la 3ème fois en carrière. Tiafoe a remporté les deux premières manches. D'un côté, Mmoh vainqueur du prestigieux USTA en 2016, de l'autre Tiafoe titré à l’Orange Bowl en 2013. Depuis, leurs trajectoires respectives sont en revanche opposées. Tiafoe a déjà obtenu une place en quart de finale d’un Grand Chelem (Open d’Australie 2019) et intégré le Top 30 mondial. Mmoh n’a que très brièvement intégré le Top 100 et remporté le premier match de sa carrière en Grand Chelem lors du dernier Open d’Australie en janvier dernier. Suite à cela, Mmoh est retourné écumer les Challengers nord-Américains à la recherche de points et de confiance. Tiafoe lui se remet d’une saison 2019 en demi-teinte avec comme seul résultat probant sur ce début de saison, une victoire face à Tommy Paul à Delray Beach. A la recherche de confiance, Tiafoe l’a peut être trouvé en poussant Wawrinka au tie-break de la 3e manche à Acapulco. A domicile et avec une partie de tableau assez ouverte, il fait partie des favoris pour la victoire cette semaine. Avec sans doute dans un coin de sa tête l’idée de se relancer en Californie comme l’avaient fait l’an dernier Edmund et Rublev, finalistes de l’édition 2019.