Le bug de l'an 2000

Plusieurs éditions ont marqué l’histoire du tournoi d’Indian Wells. Retour aujourd’hui sur l’une des plus surprenantes, il y a pile 20 ans ! Depuis plus trois décennies, le palmarès d’Indian Wells a inscrit des noms prestigieux du monde de la petite balle jaune à son palmarès. En 1987, lors la première édition du tournoi, la hiérarchie est respectée jusqu’en finale : les 4 meilleurs joueurs du monde accèdent au dernier carré. Stefan Edberg, n°1 mondial à l’époque, dispose de son compatriote Mats Wilander en demi-finale pendant que Boris Becker, n°2 mondial écartait Yannick Noah d'une place en finale. Becker prendra ensuite la mesure d’Edberg pour s’offrir le titre. L’Allemand conservera son titre l’année suivante.

En 1990, c’est Stefan Edberg qui inscrit son nom au palmarès du tournoi. Le Suédois impressionne lors de cette édition en ne concédant que 17 jeux lors de ses premiers matches. Il battra André Agassi en finale au terme d’un match épique remporté en 4 sets très serrés (6-4/5-7/7-6/7-6). Puis vint l’hégémonie américaine avec 7 éditions consécutives dans l’escarcelle des top players US de l’époque : Michael Chang l’emporte à trois reprises alors que Pete Sampras et Jim Courrier s’imposent deux fois chacun. Si les éditions se suivent et respectent une certaine logique au niveau des derniers joueurs en lice, l’édition 1992 est plus marquante. Seuls deux joueurs du top 10 atteignent en effet les quarts de finale. Andrei Chesnokov, alors 35ème mondial, accède à la finale en s’offrant le scalp de trois joueurs du top 10 dont Jim Courrier alors n°1 mondial et tenant du titre. Il échouera en finale face à Michael Chang (15ème mondial) et qui remporte cette année-là son premier Indian Wells et soulèvera aussi le trophée en 1996 et 1997. À ce jour, seuls Federer et Djokovic avec 5 titres ont fait mieux que l'Américain alors que Nadal est à trois sacres également.

Mais cette édition 1992 ne fut rien comparée à l’hécatombe qui toucha le top 10 mondial lors des éditions de 1999 et 2000. Si en 1999, les 3 premières têtes de série (Sampras, Kafelnikov et Corretja) sont éliminées dès le 2ème tour, elles l’ont été par des joueurs d’un certain calibre (Mantilla, Kuerten et Philipoussis). C’est sur ce point de détail que l’édition 2000 est définitivement rentrée dans l’histoire du tournoi comme étant la plus surprenante.

Jugez plutôt : cette année-là, André Agassi (N°1 mondial) et Nicolas Kiefer (4ème) sont éliminés au 1er tour. Yevgueni Kafelnikov (3ème), Gustavo Kuerten (5ème) et Marcelo Rios (7ème) sont sortis dès le 2ème tour…Seuls Pete Sampras (N°2 mondial) et Magnus Norman (6ème) rejoignent les quarts de finale… mais ils n’iront pas plus loin ! C’est l’Espagnol Alex Corretja, alors non-tête de série, qui remportera cette édition face au Suédois Thomas Enqvist, alors 10ème.

Plusieurs matches ont marqué le tournoi, permettant à des joueurs classés bien au-delà du top 30 de se faire remarquer. La première bombe est l’œuvre du Marocain Hicham Arazi, alors 34ème à l’ATP lorsqu’il affronte André Agassi au 1er tour. L’Américain est chez lui, numéro 1 mondial et favori du tournoi. Il vient de remporter l’Open d’Australie quelques semaines auparavant en sortant notamment Arazi sans problème en quarts de finale. Mais l’Américain a subi un gros revers à Scottsdale une semaine avant Indian Wells, balayé 6/1/6/2 par Francisco Clavet. Il n’empêche que sa défaite au 1er tour est une très grosse surprise. Moins retentissante, mais tout de même surprenante, la défaite de l’Allemand Nicolas Kiefer face au Français Fabrice Santoro 33ème à l’ATP au premier tour. La défaite est sèche (6-1/6-4) mais confirme l'ascendant de Santoro sur l'Allemand déjà battu à Doha quelques semaines auparavant.

Ces deux résultats ouvrent la voie à Sampras et Kafelnikov qui, eux, rentrent sans encombre dans le tournoi. Pourtant, au 2ème tour, Kafelnikov est éliminé par le Hollandais Sjeng Schalken, 64ème mondial et auteur d’un début de saison compliqué alors que le Russe avait, pour sa part, atteint la finale de l’Open d’Australie, battu par Agassi. C’est donc une 3ème grosse surprise et ce, dès le 2ème tour. Si Pete Sampras passe par un petit trou face à Wayne Feirrera (3-6/7-6/7-5), Gustavo Kuerten tombe aussi au 2ème tour (7-6/7-6) mais néanmoins face à un gros morceau en la personne de Tommy Haas, actuel directeur du tournoi. Ce n’est pas le dernière victime du top 8 puisque Marcelo Rios (7ème) s’incline également dès le 2ème tour face à Mariano Zabaleta.

En huitième de finale, on trouve donc des confrontation comme Arazi face à Mirnyi en lieu et place d’Agassi contre Rusedski et Santoro-Corretja au lieu de Kiefer-Rafter notamment… Si Corretja ne fait pas tache dans le décor, l’Espagnol est pourtant redescendu aux alentours de la 30ème place mondial. Il retrouve néanmoins son meilleur niveau sur ce tournoi puisque c’est bien lui qui ira finalement au bout de cette édition particulière en éliminant Fabrice Santoro puis Magnus Norman (6ème) avant d’évincer Nicolas Lapentti (8ème) en demi-finale. Pete Sampras, à qui la victoire semblait promise vu les nombreuses surprises est, à son tour surpris en quart, battu par le futur adversaire Corretja en finale, le Suédois Thomas Enqvist. Ce fut le dernier gros titre de Corretja dans sa carrière, lui qui perdra en finale de Roland Garros un an plus tard.

Déjà publié
https://tennisbreaknews.com/2020/03/10/nos-souvenirs-dindian-wells-episode-1-10/
https://tennisbreaknews.com/2020/03/11/nos-souvenirs-dindian-wells-episode-2-10/
https://tennisbreaknews.com/2020/03/12/nos-souvenirs-dindian-wells-episode-3-10/

A suivre dans cette série souvenirs d'Indian Wells :
2005, une défaite qui va lancer la carrière de Florent Serra
Ljubicic en 2010
Thiem en 2019
La balle de match entre Nadal et Federer en 2012
La finale 2015 entre Djokovic et Federer