On poursuit notre série de nos meilleurs souvenirs du Masters 1000 d'Indian Wells avec un épisode particulier aujourd'hui puisqu'il vous est raconté par Florent Serra. Professionnel entre 2001 et 2015, le Français a participé 7 fois au tournoi californien. "C'est pas le tournoi où j'ai le mieux joué, nous confie-t-il, je faisais beaucoup de fautes directes surtout en longueur de balle, ma balle volait un peu trop au milieu de ce désert. Le climat y est sec, j'avais un peu l'impression de jouer en altitude là-bas avec un rebond haut. J'ai jamais réussi à me régler sur ce tournoi. Mais l'ambiance m'a toujours beaucoup plu à Indian Wells. Les deux hôtels réservés aux joueurs sont vraiment top, près du site, avec des restaurants de grande qualité et la possibilité de louer une voiture sur place pour sortir ou partir faire des longues marches dans le désert autour. Le paysage est vraiment magnifique. Quasiment jamais de pluie et c'est l'un des premiers Masters 1000 où on a pu bénéficier du hawk-eye sur presque tous les courts. On a aussi à notre disposition un énorme complexe d'entraînement pour s'échauffer, jouer au football. J'ai fait une fois le vol Paris-Los Angeles. Après on doit prendre un petit avion qui nous amène sur Palm Spring et je me souviens que ce petit avion bougeait dans tous les sens. Je ne l'ai plus jamais repris. C'était vraiment difficile. Du coup, après le plus simple était de venir en voiture avec un trajet de trois heures environ. C'est un coin isolé avec beaucoup de résidences secondaires, c'est une ambiance très particulière. Larry Elilison était déjà le propriétaire du tournoi à mon époque et il sortait le grand jeu pour offrir un accueil parfait aux joueurs. On recevait notamment des indemnités journalières pour payer notre hôtel."

Une défaite qui va lancer sa carrière

9 mars 2005 : défaite 6-4/6-2 en qualifications face à Davide Sanguinetti
"C'est ma première participation au tournoi. Je me souviens très bien de ce match. Cette défaite m'avait mis un coup derrière la tête et je voulais tout de suite rejouer pour ne pas trop cogiter. Je suis parti en Equateur à Salinas avec Edouard Roger-Vasselin et Eric Winogradsky. On devait passer par New York mais nos bagages étaient enregistrés jusqu'en Equateur sans pouvoir y toucher avant l'arrivée. Sauf qu'Edouard se rend compte qu'il avait laissé son passeport dans sa valise. Il s'est décomposé. Du coup, il a fallu qu'on récupère nos valiser à New York et ça a été très compliqué avec la police de l'aéroport. On a pu récupérer la correspondance de justesse. Ensuite à Salinas, je me fait pirater ma Carte Bleue et ensuite je décide de partir au Mexique pour un tournoi sur terre à San Luis en altitude avec des balles sans pression. Ça ne se passe pas très bien puisque je vais perdre d'entrée face au Brésilien Marcos Daniel en prenant notamment un bulle dans le 2ème set. La semaine suivante, je reste au Mexique mais cette fois je repasse sur dur à Leon, pas trop le choix dans la programmation et je perds en qualifications contre un fantôme [l'Uruguayen Marcel Felder, 470ème mondial à l'époque]. La défaite de trop, je saturais. Je n'en pouvais plus. Je décide de m'isoler quelques jours. Et lorsque Jo-Wilfried Tsonga, avec qui je partageais ma chambre à l'hôtel remporte le tournoi de Léon alors je lui dis que c'est moi qui vais remporter le prochain tournoi à Mexico. A l'époque je n'avais encore remporté aucun tournoi à part en Futures. Je vais voir Eric Winogradsky qui entraînait Jo à ce moment-là. Je lui demande de me préparer pour aller gagner ce tournoi. On était à 2000 mètres d'altitude, des conditions idéales pour anticiper les conditions de jeu à Mexico. Il m'a fait une préparation physique de dingue. Je crampais au bout de 5 minutes mais il m'a fait un programme de 10 jours. J'étais totalement réaffûté. Quand j'arrive à Mexico, je suis dans une bulle. Je parle à personne. Comme si j'étais en mission. Je me levais à 8h du matin pour aller m'entraîner et appréhender la balle parce qu'en altitude, c'est toujours difficile de contrôler la balle. Je jouais donc avec des balles sans pression et j'ai réussi à remporter le tournoi. Mon premier titre en carrière. Ça m'a complètement lancé sur le circuit. Je passais de la 181ème à la 135ème place mondiale. Tout ça juste après cette défaite face à Sanguinetti à Indian Wells qui au final aura été un mal pour un bien puisque juste après Mexico, je vais rentrer en Europe et enchaîner une finale à Rome en challenger."

Une hanche trop handicapante

13 mars 2008 : défaite 6-7/6-2/6-0 au premier tour face à Xavier Malisse
"Je me souviens que je sortais des qualifications où j'avais été plutôt bon. J'avais joué à Las Vegas la semaine d'avant et j'étais avec ma femme. On avait loué une voiture pour rejoindre Indian Wells. On était aussi avec Mathieu Montcourt [décédé d'une crise cardiaque en 2009). On avait pris une route nationale, c'était une ambiance de western ! Mais hélas en 2008, j'ai commencé à avoir à nouveau mal à la hanche. J'ai vraiment un très mauvais souvenir de ce match parce que j'ai payé physiquement les deux matches de qualifications. En fin de premier set, les douleurs se faisaient de plus en plus fortes. Je parviens malgré tout en serrant les dents à m'arracher pour gagner le tie-break. Sauf que c'est devenu impossible ensuite. Physiquement, j'étais vraiment en souffrance mais j'ai fini le match sans abandonner. D'ailleurs, je trouve que ce tournoi d'Indian Wells m'a souvent fait mal sur le plan physique. Le Belge n'était pas très bien classé à ce moment-là (350ème mondial) même s'il était toujours dangereux et compliqué à jouer. C'était vraiment une défaite frustrante parce qu'à 100%, j'avais vraiment les moyens de gagner ce match."

12 mars 2009 : défaite 6-3/6-0 au premier tour face à Albert Montanes
"C'est ma seule défaite sur dur face à l'Espagnol contre qui j'ai eu un bon ratio en carrière. Mais là aussi, physiquement, c'était injouable. Ma hanche me faisait trop mal et d'ailleurs un mois plus tard, j'allais mieux et je battais l'Espagnol sur terre à Casablanca (6-4/6-4)."

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Si proche de l'exploit face à Berdych

13 mars 2010 : défaite 7-5/4-6/6-4 au 2ème tour face à Tomas Berdych
"A l'époque, Berdych n'était pas encore un cador du circuit. Avec du recul, c'était mon meilleur match à Indian Wells. Berdych perdait contre Nadal dans un match très disputé quelques jours après, il enchaînait avec une finale à Miami et entrait dans le top 10 mondial durant l'été. Au premier tour, je venais de mettre une belle doudoune à Alejandro Falla (6-1/6-2) et avant d'affronter Berdych que j'avais déjà battu en 2006, Gilles Simon me prévient de me méfier de lui et me dit qu'il commence à bien tenir la balle, à faire moins n'importe quoi et qu'il a passé un cap. J'étais entraîné par Boris Vallejo. Je venais de faire un 3ème tour à l'Open d'Australie et le match a été incroyable. On s'était envoyé des énormes lattes (sic) et je passe tout proche de la victoire. Mais au final, ce qu'on retient c'est la défaite. Et il faut savoir qu'à l'époque, on gagnait quasiment rien avec un 2ème tour à Indian Wells, l'Etat américain ponctionnait 35% de taxes. Et c'est vrai que ce tournoi m'a beaucoup frustré parce qu'à chaque fois que j'ai eu l'occasion d'arriver au 3ème tour où le prize money commençait vraiment à être intéressant, je perdais. Comme ce tournoi (celui de Miami aussi) se déroulait sur 10 jours, j'enchaînais souvent par un challenger entre les deux. Cette année, j'étais parti à Sunrise, sans grand succès d'ailleurs. Mais c'était trop long comme tournée. Comme Gilles [Simon], je n'étais pas le plus grand fan de cette tournée."

Si loin du compte face à Cilic

13 mars 2011 : défaite 6-1/6-3 au 2ème tour face à Marin Cilic
"Je venais de battre Gabashvili au premier tour dans un match très compliqué en plus de 2h30. Et physiquement, j'ai craqué. Ma hanche tenait difficilement l'enchaînement des matches, surtout à Indian Wells. Marin Cilic était 20ème mondial à l'époque, beaucoup plus fort que moi. J'ai rien pu faire. Il n'y a pas eu de match."