Suite au report de Roland Garros au 20 septembre prochain, nous avons recueilli la réaction de Julien Varlet, ancien joueur professionnel et aujourd'hui consultant qui a rejoint la rédaction de Tennis Break News récemment.

"Evidemment surpris par rapport au timing parce qu'on est le 15 mars, à plus de deux mois du début de la quinzaine. Mais les travaux étant suspendus, c'est finalement une décision logique même si elle prend de court tous les acteurs du tennis. Pour entrer dans le détail, le toit du court Philippe Chatrier est terminé mais concernant tous les aménagements autour, ils n'étaient pas en avance. Avec les grèves de décembre et janvier, puis cet arrêt de deux semaines minimum, le tournoi n'aurait pas pu se tenir en temps et en heure dans des conditions parfaites et idéales. Ils ont probablement pris la bonne décision de reporter plutôt que d'organiser un tournoi bancal. C'est pas idiot de prendre les devants et d'anticiper."

"On vit quand même une période exceptionnelle donc les décisions le sont tout autant. On pourrait effectivement se dire que c'est compliqué d'enchaîner l'US Open et Roland Garros avec seulement une semaine de battement mais il ne faut pas oublier qu'à une époque, on enchaînait Roland Garros et Wimbledon avec le même laps de temps. Physiquement, pour certains joueurs, c'est sûr que ça sera difficile mais on ne sait pas comment le saison va se dérouler. Par rapport à la météo, la date n'est pas mauvaise parce qu'en septembre, il fait rarement mauvais à Paris, voire même souvent presque moins pluvieux qu'en mai. Je me souviens de plusieurs Coupe Davis jouées à Paris en septembre et les conditions étaient idéales. Ça sera peut-être plus compliqué sur la fin du tournoi début octobre mais il y aura le toit."

"Ce qui est dingue, c'est que les joueurs et joueuses n'ont pas été prévenus. On a vécu la même chose à Indian Wells. Et on va repartir dans une guéguerre entre l'ATP/WTA et l'ITF, responsable de l'organisation des 4 tournois du Grand Chelem. Julien Boutter et son tournoi de Metz va devoir poser son mouchoir."

"Mais pour conclure, je pense que malgré tout, Roland Garros a bien fait de prendre cette décision bien en amont, d'abord par rapport à la billetterie et les droits TV. Ils ont coupé l'herbe sous le pied à Indian Wells qui s'était peut-être positionné pour cette date. Ils ont pris de vitesse tout le monde. On ne sait pas quand cette situation de crise sanitaire va s'arrêter, on ne sait même pas si Rome et Madrid vont se jouer alors même si ce report paraît précipité, au fond, c'était sûrement la meilleure solution."