Dans la continuité de notre rétrospective sur le tournoi d’Indian Wells, aujourd’hui les projecteurs sont braqués sur la finale du tournoi californien de 2015, opposant Novak Djokovic et Roger Federer. Cette finale a fait date car plusieurs records sont tombés avec la victoire du Serbe, mais aussi à la vue de la beauté de la rencontre.

Rappel du contexte. Début de la saison 2015, Roger Federer n’a remporté aucun Grand Chelem et seulement deux Masters 1000 sur les trois dernières saisons. Malgré cela, le Suisse est numéro 2 mondial avant d’entamer cette tournée nord-américaine du mois de mars. Novak Djokovic, quant à lui, a remporté 3 Majeurs pendant ce laps de temps, dont l’Open d’Australie quelques semaines auparavant. Avant de partir jouer ces deux Masters 1000 dans le pays de l’oncle Sam, les deux joueurs s’étaient déjà joués à Dubaï en février. Le Suisse s’était imposé aisément face à Novak en deux manches. En toute logique, les deux champions se retrouvent à nouveau en finale à Indian Wells, surnommé on le rappelle le 5ème Grand Chelem. Cette finale avait déjà eu lieu l’an passé avec un match accroché en 3 sets remporté finalement par le Serbe.

Djokovic est donné largement favori de cette rencontre (coté à 1,50 par les bookmakers soit 66% de probabilité de victoire). Le parcours des deux hommes est impressionnant dans ce BNP PARIBAS OPEN 2015 : aucun des deux n’a perdu la moindre manche, le serbe n’a concédé que 27 jeux en 4 matchs (en raison de l’abandon de Tomic lors du quart de finale) et le Suisse a perdu 31 jeux en 5 rencontres. Après des demi-finales dominées face à des adversaires pourtant au top de leur forme en la personne de Milos Raonic et Andy Murray, les deux joueurs rentrent sur le Stadium n’1, avec des ambitions différentes : le Suisse veut prouver qu’il peut encore remporter de grands titres, alors que Djokovic veut battre le Suisse contre qui il reste sur deux défaites consécutives, l’une la semaine passée à Dubaï et l’autre à Shanghai la saison précédente. Si le Serbe s’adjuge le titre dans le désert, il sait qu’il deviendra le premier à conserver son trophée à Indian Wells depuis Roger Federer en 2005 et 2006. De plus, le Serbe deviendrait le 12ème joueur de l’ère Open à remporter 50 titres, et il dépasserait ainsi, son entraîneur, Boris Becker.

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« L’élève dépasse le maître ». Djokovic a très bien compris cette maxime, et il sait qu’en rentrant sur le central, cette finale fera date dans leur rivalité. C’est pour cela que Nole démarre au quart de tour : au bout de 20 minutes, le Serbe a déjà remporté le service du Suisse, et conclut une première manche de haute volée en l’espace de 40 minutes. Durant la première manche, Djoko n’a pas perdu le moindre point derrière son premier service, et seulement 4 points sur son deuxième service. Il affiche un taux de 83% assez impressionnant de points remportés sur ses mises en jeu. Surtout face à Federer.

La deuxième manche commence elle aussi à l’avantage du Serbe qui break dès le troisième jeu. A ce moment-là, le match semble déjà bouclé tellement l’écart entre les deux joueurs est perceptible. Cependant, sur la fin de la manche, Djokovic va se crisper et offrir la possibilité au Suisse de revenir dans la partie. Après un premier set où Novak servait parfaitement bien, 71% de première balle, la qualité du service de Nole va chuter et finir à 57% durant la deuxième manche, additionné à 4 doubles fautes, dont trois dans le jeu décisif. Alors que le Serbe était à deux points du match, la machine s’enraye et c’est tout le stade qui se lève pour apporter son soutien à un Roger Federer rescapé, encore en vie dans cette finale.

Dès le début du troisième set, les espoirs helvètes sont mis à mal puisque Novak Djokovic break d'entrée le service du Suisse. Mais comme pendant la fin du set précédent, le Serbe fait preuve de fébrilité et se fait debreaker dans la foulée. Une raquette brisée plus tard, le Serbe, apaisé, repart au charbon, joue à nouveau mieux, et s'échappe cette fois de façon définitive. Bien que le Suisse joue bien, touche de belles amorties, Djokovic est trop fort pour Federer et ses coups droits longs de ligne mettent à mal son adversaire.

Après un combat de 2h17, Djokovic s’adjuge le trophée d’Indian Wells édition 2015. Le scénario de l’an passé se répète, bis repetita. A l'époque, le Serbe est encore légèrement en retrait dans les confrontations (20 victoires à 18 en faveur de Federer). Depuis, Djokovic a remporté 9 des 12 derniers duels. Mais surtout, il connaîtra en 2015 sa meilleure saison en carrière avec 83 victoires pour seulement 6 défaites.