Notre collaborateur Oversen vous contait il y a quelques jours la victoire de Juan Martin Del Potro contre Roger Federer en finale à Indian Wells en 2018. Il s’avère que le joueur a donné quelques nouvelles ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Après avoir été opéré du genou droit en janvier dernier, Juan Martin Del Potro est rentré chez lui en Argentine pour se mettre en quarantaine, après deux mois de rééducation à Miami.

La Tour de Tandil a tenu hier à organiser un live sur Instagram avec son ami Manu Ginobili, ancienne star de NBA des San Antonio Spurs, dont le but était de « distraire un peu tout le monde » face à la réalité du Coronavirus.

Après avoir livré plusieurs messages de circonstance par rapport au comportement à adopter face à l’épidémie, l’Argentin a ensuite livré ses pensées sur son état d’esprit actuel :

 « Tout au long de ma carrière, les blessures ont été les « matchs » les plus difficiles que j'ai eus à gérer. Je veux continuer à jouer, mais la réalité est que ça me coûte beaucoup. Les médecins sont optimistes, ils disent que je vais bien mais lorsque jour après jour, les choses ne se passent pas comme prévu, ça se complique,  il y a beaucoup de choses qui peuvent alors polluer l’esprit. En juin 2019, j’ai joué mon dernier match. J'allais jouer une exhibition avec Roger (Federer) et je ne pouvais pas alors que j'avais très envie de le faire »

« J'ai eu des hauts et des bas, des moments où j’ai pu penser que la blessure était un signe que je devais trouver une nouvelle voie, a-t-il continué. Il y a des jours où je me dis que je mérite de terminer sur une bonne note. Malgré la douleur que je ressens encore, je veux continuer d'essayer. Ici à la maison, j'ai un mini bureau. J'ai ma routine d'entraînement forcée que j’applique plusieurs fois par jour. Je ne baisse pas les bras car je veux jouer à nouveau.".

La Tour de Tandil s’est ensuite rappelé des moments difficiles qu’il a traversé en 2015 et 2016, alors qu’il essayait de récupérer de sa blessure au poignet gauche :

« J’étais touché émotionnellement parce que c’était difficile de ne pas jouer comme je l’avais fait pendant toute ma carrière. Quand je suis revenu en 2016, je ne pouvais jouer qu’en slice, je ne pouvais pas frapper à deux mains. Ce n’était pas moi, ce n’était pas mon jeu. »

Le premier tour contre Novak Djokovic aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 fait office de déclic. "J'ai eu clairement un avant et un après Rio (ndlr : il y a gagné la médaille d’argent)  Je me promenais dans le village olympique quand ils ont fait le tirage au sort. Personne n'est venu me dire contre qui je jouais. Tout le monde a paniqué à l’idée de me dire que je jouais contre Nole. Jusqu’à ce qu’un des coordinateurs s’approche et commence à dire aux joueurs « Vous, vous jouez avec untel, vous avec un autre ». Et quand il arrivé à moi, il m’a dit: « Calmez-vous, ça va aller ». Je n'ai même pas eu à demander qui j'avais tiré… Je suis sorti de suite. Je suis allé manger des frites, des hamburgers, j’ai enlevé toute ma pression et ma colère comme ça. Et quand j'ai joué, ce fut l'un des meilleurs matchs de ma carrière, à la fois au tennis et émotionnellement. Ce match contre Djokovic, cela a définitivement changé ma situation. J'ai pu décoller à nouveau et me réorganiser."

Une partie de la conversation a ensuite concerné le rôle tenu par les coachs dans les deux disciplines. "Dans ton sport, vous embauchez un entraîneur et quand quelque chose que vous n’aimez pas arrive, vous l’envoyez au diable, a plaisanté Manu Ginobili.

« Oui, on engage des gens pour nous donner des ordres, nous faire chier et nous faire travailler, a répondu Del Potro. C'est étrange et je ne sais pas si cela se produit dans de nombreux sports. Heureusement tout au long de ma carrière, j'ai eu peu d'entraîneurs et j'ai eu de bonnes relations avec eux. On est ensemble toute la journée, on voyage beaucoup et on ne peut pas rentrer chez nous. Il m'est arrivé de gagner un tournoi en Europe, de le célébrer sur Skype avec ma famille et mes amis et deux jours plus tard, de perdre au premier tour d’un autre tournoi. Le tournoi que tu as gagné est alors déjà loin dans ta tête. On discute beaucoup avec l'ATP pour avoir des horaires plus flexible pour les joueurs car c’est difficile mentalement et physiquement. "

De Potro a tenu également à remercier son ami pour tout ce qu’il lui a apporté. « Tu m’as beaucoup aidé ces derniers mois pour que je puisse récupérer de mon genou. Tu m’as recommandé des médecins, des traitements et je t’en suis très reconnaissant, il est important que les gens le sachent. »

Le dernier mot sera finalement pour l’illustre n°20 des Spurs : « Si tout va bien, tu rejoueras au tennis et ce sera génial. Mais si tu ne reviens pas, garde bien en tête que tu auras fait plus que des millions de personnes qui auraient aimé être à ta place. »

Source : Twitter de Sebastian Torok, journaliste de la Nacion

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