2011 : début de l’ère Djokovic

De part son niveau de jeu, son intensité et ses conséquences, la finale du Masters 1000 de Miami en 2011 entre Novak Djokovic et Rafael Nadal fut l’une des plus marquantes de la décennie. Mais aussi l’un des points de départ de la domination à venir du Serbe sur le circuit.


Le contexte

C’est invaincu depuis le début de l’année que Novak Djokovic débarque à Miami. Couronné notamment à l’Open d’Australie où il vient de remporter le deuxième tournoi du Grand Chelem de sa carrière. Mais aussi un succès à Dubaï puis à Indian Wells. C'est avec 26 victoires au compteur qu'il aborde cette finale face au numéro un mondial. Mais les joueurs et les suiveurs le savent : l’enchaînement entre le tournoi californien et floridien est très difficile. Un temps de repos très succinct. Des conditions de jeu beaucoup plus humides. Mais aussi une surface plus lente en Floride. Seulement cette année-là, Novak Djokovic semble indestructible. En témoigne notamment sa finale express à Melbourne contre Andy Murray qu’il expédie en trois petits sets. Bourreau des Français quelques mois auparavant en finale de Coupe Davis à Belgrade, il développe et améliore au fil des mois ses qualités de relance et de défense sur sa ligne de fond de court. Dauphin de l'Espagnol au classement ATP, le Serbe est clairement l’homme fort du moment.


Le tournoi

Déjà vainqueur du tournoi en 2007 puis finaliste en 2009, les années impaires sourient à Djokovic. Tête de série numéro 2, le Serbe hérite en plus d’un tableau plutôt favorable qui va d'autant plus s’ouvrir rapidement avec la défaite surprise d’Andy Murray battu au 2ème tour par l’Américain Bogomolov. Pour rallier la finale, Djoko ne lâche pas un set face à Istomin, Blake, Troicki, Mardy Fish et Kevin Anderson et poursuit sur sa lancée de début de saison. D'ailleurs, le Sud-Africain est le seul à marquer 4 jeux dans un set. Personne ne fera mieux. Après un début de semaine à sa main, Rafael Nadal aura lui un tableau bien plus relevé. Après Nishikori, Feliciano Lopez et Dolgopolov, il va devoir croiser le fer en quart de finale avec Tomas Berdych contre qui le Majorquin lâchera un set pour ensuite aller défier Roger Federer dans une demi-finale qui s'avérera finalement à sens unique. Sorti prématurément en quart de finale de l’Open d’Australie quelques semaines plus tôt, Nadal voit l’opportunité de lancer enfin sa saison 2011 et de prendre surtout sa revanche face à Djokovic qui vient de le battre en finale d'Indian Wells.

La finale

Dès le début de la rencontre, Rafael Nadal envoie dans les cordes le Serbe. L'Espagnol prend les devants rapidement avec un break d'entrée profitant d'une montée au filet hasardeuse de Djokovic punie par un revers long de ligne puissant de Nadal. L'Espagnol est intraitable au service et inflige même un double break au Serbe pour mener 5-1. Ce dernier est en difficulté pour la première fois de la saison. A Indian Wells, Rafael Nadal avait dû attendre la fin du set pour prendre les devants. La réaction d'orgueil du Serbe est trop tardive pour espérer renverser le premier set qui revient à Nadal (6-4). Mais les forces s'équilibrent peu à peu et comme en Californie, la deuxième manche est à l'avantage de Djokovic qui s'adapte de mieux en mieux aux rafales de vent et à la patte gauche de Rafa. Contrairement à Indian Wells où la troisième manche avait été une formalité pour Djokovic, la finale de Miami, un véritable régal tennistique, va offrir un tennis total d’une intensité rare. Les deux joueurs vont se rendre coup pour coup jusqu'au jeu décisif. Et malgré un mini-break concédé dès le début, Djokovic va refaire son retard et conclure d’un coup droit rageur une partie dantesque de 3h21, offrant au Serbe un second sacre à Miami.


Les conséquences

Avec ce succès Novak Djokovic se rapproche un peu plus de la place de numéro 1 mondial qu’il finira par atteindre quelques semaines plus tard, et qu’il conservera durant plus d’un an. La première pierre de l’ère Djokovic sur le circuit est posée puisqu'il ne quittera plus le top 2 mondial jusqu'en juin 2017 en raison d'une blessure au coude. Avec ce titre à Miami, il devient également le quatrième joueur à réaliser l’exploit de signer un triplé Melbourne/Indian Wells/Miami la même année. Après Sampras, Agassi et Federer.