La galère des tournois challengers, la difficulté de vivre du tennis, sa relation avec son frère, sa suspension du circuit par la Tennis Intégrity Unit en 2018, Federico Coria s'est livré comme rarement cette semaine au quotidien argentin Infobae.

Aujourd'hui 104ème joueur mondial, la carrière de l'Argentin n'a pas été un long fleuve tranquille. Dans un pays qui a vécu dans les années 2000 les exploits des albicelestes à Roland Garros, la pression n'a pas été facile à gérer pour les Diego Schwartzman, Juan Martin Del Potro, Federico Delbonis et Guido Pella qui ont du digérer les attentes et être régulièrement comparés à leurs glorieux aînés (David Nalbandian, Gaston Gaudio, Guillermo Coria). A ce titre, on imagine que le premier titre de l'Argentine en Coupe Davis en 2016 a provoqué chez cette génération de joueurs aussi bien un sentiment de fierté que de soulagement et de libération. 

Ce sentiment de comparaison, qui n'arrive qu'en votre défaveur, est d'autant plus difficile à gérer lorsque l'un de ces glorieux aînés n'est autre que votre frère, Guillermo Coria, ancien n°3 mondial. Federico raconte cette expérience avec beaucoup de sincérité, la souffrance d'avoir été « le frère de l'ombre » l'ayant marqué dès sa jeunesse jusqu'à son début de carrière sur le circuit. Il évoque également la scission entre le top 100 et le circuit secondaire, cette sensation de tutoyer un club fermé sans vraiment pouvoir en faire partie. Ce complexe d'infériorité a beaucoup agité l'argentin et on remarque dans cette interview une certaine tendance passée à l'auto-dépréciation, bien heureusement rangée dans le placard à souvenir.

Federico Coria est aujourd'hui un autre joueur. Sur la terre battue de Rio de Janeiro, un des derniers tournois qu'il a effectué avant la suspension du circuit, il a montré sur le terrain une abnégation et un dépassement de soi hors du commun pour disposer au premier tour de Corentin Moutet après avoir été totalement dominé et mené 6-1/2-0. Au bout du rouleau sur le plan physique, il est parvenu à s'accrocher jusqu'au tie-break du dernier set et remporté une victoire inespérée et certainement fondamentale dans sa carrière. Après une nouveau succès marathon face au jeune espoir Carlos Alcaraz Garfia, il s'est s'incliné en quart de finale contre Cristian Garin, futur vainqueur du tournoi, non sans avoir lutté encore une fois...

Aujourd'hui confiné chez lui en Argentine, Guillermo Coria a tout le loisir de lire les slogans que sa petite amie a dispersé dans son domicile et qui lui indique la direction à suivre après la crise du Covid-19 : « Je vais être top 100 », « Je vais jouer Roland Garros », « Je vais m’entraîner pour m'améliorer, pas pour performer ».

De quelle manière le coronavirus a-t-il stoppé votre élan ?
C'est arrivé à un moment où j'allais vivre les tournois que j'ai toujours rêvé de faire. J'avais toutes les chances d'entrer dans le tableau de Roland Garros avec le forfait de Roger Federer. Je suis à la limite du top 100, ce qui veut dire que je peux bénéficier plus facilement des forfaits des joueurs. J'ai une application qui me montre quel aurait été mon classement et j'ai la capture d'écran qui m'indique que j'aurai fait partie des 100 meilleurs joueurs du monde pour la première fois après Indian Wells.

Faites-vous des captures d'écran à chaque fois que vous montez au classement ?
Oui. Je me suis vu sortir de ce sport à plusieurs reprises à cause de certaines circonstances. On se cogne le mur chaque semaine. On est privilégié de jouer au tennis mais économiquement, c'est dur de lancer une carrière. Vous prenez de l'âge : j'ai 28 ans aujourd'hui et je constate que ça ne paie pas. Même si c'est notre passion, on se les bouffe parfois (sic). Il faut un talent incroyable pour gagner de l'argent dans ce sport. Maintenant, je commence à voir le bon côté de ce sport d'un point de vue économique parce qu'on gagne environ 5000 ou 6000 dollars en entrant dans les tableaux des tournois ATP. Malgré tout, vous avez les dépenses qui vont avec, c'est un engrenage. Plus vous avez un bon classement, plus vous devez payer pour les entraîneurs. Ils ne vous font pas payer la même chose si vous êtes 1000ème mondial que si vous êtes 100ème, c'est leur mérite.

Est-ce la première année que vous avez pu voyager à tous les tournois avec un coach ?
Oui, en 2020 j'ai voyagé toute l'année avec un coach (Francisco Yunis). Quand quelque chose ne va pas, je lui dis. Je suis un garçon qui a grandi en voyageant seul, je ne suis pas habitué à être avec quelqu'un en permanence. Par chance, on communique beaucoup. Toute ma carrière, j'ai voyagé seul. J'ai tiré beaucoup de choses positives de cette expérience. Ces dernières années en challenger, j'ai commencé à résoudre pas mal de choses dans mon jeu. Je regardais les matches de mes adversaires et je corrigeais des choses. On obtient un master en autocorrection si on arrive à utiliser cela de manière positive.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de continuer malgré tous les problèmes que vous avez rencontrés ?
J'ai pu bénéficier du soutien de mes parents dans les moments où j'ai explosé. À 16 ans, j'ai arrêté de jouer pendant une année. Quand j'ai commencé à prendre une certaine dimension, j'ai réalisé que je ne vivais pas de bons moments, je ne voulais plus jouer. Je voulais faire autre chose. Mais j'étais assez déprimé parce que j'étais incapable de trouver quelque chose qui me comblait autant que le tennis.

Dans une interview récemment donnée pendant le challenger de Buenos Aires, vous avez avoué qu'à un moment donné, vous avez même pensé à changer de nom de famille... Votre souffrance était-elle si grave ?
J'ai une anecdote. Une fois en Europe, j'ai jubilé parce que je n'avais pas à jouer sur le court central. Je voulais me focaliser sur le match, je ne voulais pas que quelqu'un me voit. Il y a pas mal de choses qui me restent de l'enfance, par exemple, je regarde souvent par terre pour qu'on ne voit pas mes yeux. Quand j'étais enfant, je ne voulais pas être remarqué. Donc à un moment donné, je me suis dit : si je prends le nom de ma mère, est-ce que je passerai inaperçu ? Même si j'adore jouer parce que j'aime sincèrement le tennis, je n'aimais pas que l'on me remarque lorsque je perdais. Je leur disais (ndlr : les journalistes) : « J'ai perdu, rédige plutôt quelque chose sur celui qui a gagné ». Puis, j'ai commencé un peu à grandir et j'ai vu les choses d'un autre côté : le père d'un de mes camarades lui lançait des défis s'il perdait, par exemple. C'est pire que ce que je m'infligeais. Un autre gars n'avait pas d'argent pour voyager et un autre subissait des pressions de son sponsor : s'il ne gagnait pas, il retirait son soutien financier. Je me suis rendu compte que ce que je vivais était peu de chose par rapport à tout ça. Mon frère a toujours été mon idole. Mais dans mon environnement, c'était compliqué et à l'école, c'était un désastre. Vous savez comment sont les gamins plus âgés, ils m'ont rendu la vie impossible. Ils ne voulaient jamais que je gagne, au contraire, ils étaient totalement jaloux. J'ai eu des mauvais moments au tennis et j'ai eu des mauvais moments à l'école aussi. Je ne voulais pas être remarqué, je voulais être un de mes camarades et jouer sur un terrain au hasard. Adolescent, ça m'affectait beaucoup d'avoir un peu plus de gens sur mon court et d'avoir des commentaires du genre : « celui-là est vraiment très mauvais, on ne peut pas dire qu'il joue comme son frère ». Ça pouvait arriver à n'importe quel tournoi que mon frère avait gagné deux ans avant par exemple. Et je n'avais pas obtenu des résultats qui montraient que je pouvais en être proche. C'était comme comparer une Ferrari avec une bicyclette.

Pourquoi un joueur de tennis ressent-il autant de pression pour entrer dans le top 100 ?
Tout ce beau monde est tellement armé pour le top 100 qu'on se met facilement dans la tête qu'il est normal qu'on se retrouve au bord de la route. Je sais que ce n'est pas le cas mais quand vous arrivez dans le top 100, c'est comme si vous aviez votre master de tennis, vous obtenez le titre. Tout ce que tu as fait jusqu'à présent en valait la peine. Si vous n'y êtes pas, c'est comme si le système vous disait « dommage » parce que financièrement, il ne vous laisse rien. Je suis fier de ce que je fais mais le virus m'a un peu niqué (sic) d'une certaine manière parce qu'il a repoussé des tournois que j'allais jouer. Mais oui, je dois améliorer le fait que je ne dois pas me sentir comme un invité. J'ai pu casser un peu cela à Rio mais il m'en a coûté un peu sur le plan physique puisque j'ai fini le tournoi épuisé.

Vous sentez-vous encore comme un invité ? Est-ce que vous êtes passé à côté de Federer et Nadal et si oui, quelle était votre réaction ?
Si je passais à côté de Nadal ou Federer, je pourrais passer des heures à les regarder. J'ai grandi avec eux mais je ne l'ai ai jamais apprécié à leur juste valeur parce que j'étais étourdi d'admiration par ce que faisait mon frère. C'était mon frère, rien que mon frère quand j'étais petit. Je n'étais intéressé par aucun autre joueur. Maintenant que j'ai grandi, ayant conscient de la difficulté d'arriver tout en haut, je regarde les autres joueurs. J'étais avec ma petite amie il y a quelque temps à l'US Open et à la table d'à côté, Roger Federer s'est assis avec sa famille. J'ai eu la chair de poule !

N'avez-vous pas parlé à votre frère de sa carrière, de ce tout ce qu'il a dû traverser sur le plan mental ?
Honnêtement, je ne lui ai toujours pas posé toutes les questions de tennis que je voulais lui poser. Ce qui me surprenait le plus, c'était à quel point le court paraissait grand avec lui. C'était plus un débat qu'un questionnement à vrai dire. Nous avons pas mal parlé de la façon dont il utilisait le court sous tous ces angles. Je ne parle pas de puissance mais de mettre la balle là où il voulait. C'était un monstre sur le plan stratégique. Je ne lui ai pas demandé ce qui s'était passé à Roland Garros en 2004 en finale face à Gaston Gaudio (alors qu'il menait deux sets à zéro, il a été pris de crampes de stress et perdu le match après avoir manqué deux balles de match). Même après tout ce qu'il avait accompli, tout le monde restait focalisé sur ça. J'étais plus intéressé par ses anecdotes comme lorsqu'ils ont battu en Coupe Davis Lleyton Hewitt en Australie, ce qu'ils ont fait, comment ils l'ont vécu, etc. (ndlr : en 2005, en quart de finale sur gazon). J'ai pu voir des photos privées, je pouvais les regarder moi-même car j'avais accès à des choses intimes sur « Guille ». Il avait cette capacité à anticiper ce qui se passait. Il analysait beaucoup les faits et gestes de ses adversaires. Si son adversaire était dans la merde (sic), il était capable de le voir rien qu'en le regardant. Je ne suis pas de ce niveau.

Victoire de David Nalbandian sur Lleyton Hewitt en Coupe Davis en 2005 lors du match 4 décisif

Comment vivez-vous maintenant votre lien en tant que frères et tennisman ?
J'ai fait des gros changements. Maintenant qu'il voit plus d'engagement de ma part et plus de professionnalisme, notre relation est plus établie sur le plan tennis. On n'a jamais voulu être dans ce mélange « frère et joueur de tennis ». Le fait est qu'on a dû passer pas de mal de temps ensemble à un moment donné pour mieux se connaître et être des frères à part entière car il n'avait jamais vécu avec moi. Il voyageait juste de tournoi en tournoi et je le voyais comme Superman. Lorsqu'il s'est retiré du circuit, j'ai commencé à profiter des moments avec lui. Avec le temps, notre lien est toujours plus fort, on parle beaucoup de tactique, de timing et je lui ai demandé pas mal de conseils : où est-ce que je devrais aller, est-ce que je dois ajouter quelqu'un à mon équipe, ce genre de choses.

Il a avoué une fois qu'il vous avait proposé de vous aider financièrement pour votre carrière et vous avez refusé, pourquoi ?
A 13 ans, il est allé vivre aux Etats-Unis parce qu'un manager est venu lui offrir le monde. Je pense qu'il y est resté jusqu'à l'âge de presque 15 ans. Il a tout gagné par lui-même. Mais c'était un enfant galactique et il a commencé à gagner de l'argent quand il était jeune. Je n'ai jamais manqué de rien, vraiment. Quand j'étais au bord du gouffre, mon frère ou mes parents se présentaient toujours. Ils sont toujours présents. Mais avant le début de l'année 2019, lorsque j'ai fait ce saut en matière de classement, je m'étais fixé comme objectif de ne pas m'endetter, de ne pas perdre d'argent. Je ne voulais pas me servir de mon frère parce qu'il a sauvé mes miches pas mal de fois avant. Ce que je regretterai toujours en revanche, c'est qu'il a pris sa retraite jeune et qu'il n'a pas eu de wild card comme Djokovic avec son frère lorsqu'il jouait en double par exemple.

Comment un joueur de tennis du top 100 gère-t-il ses économies ?
En Challenger, si vous n'arrivez pas en finale et que vous n'ajoutez rien en double, il est très difficile de s'y retrouver. Quand j'ai gagné Savannah (Etats-Unis), je suis parti sans entraîneur, seul. J'ai gagné 3 800 dollars, si je me souviens bien. Si je comptabilise les billets et les frais, je gagne très peu. Il est difficile de planifier financièrement quelque chose. Par exemple, cette année, lorsque j'ai gagné un match en Australie, j'ai embrassé mon entraîneur et je lui ai dit "voyageons toute l'année ensemble !". C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit. On est toujours à la limite du possible en matière d'argent.

Avez-vous eu des mauvais moments pendant tous ces voyages ou avez-vous connu des expériences étranges ?
Nous, les joueurs de tennis, on loge beaucoup chez les familles, c'est une ressource qui est très utilisée, surtout quand on joue des tournois Futures. En Challenger, vous avez un hôtel pendant que vous jouez, mais quand vous perdez, ils vous mettent dehors et vous devez aller chez des familles pour économiser de l'argent. Je ne me suis pas vraiment retrouvé dans des situations délicates, mais j'ai eu des expériences étranges parce que je vivais avec d'autres cultures. Lorsqu'on me cuisinait quelque chose que je n'aimais pas, je devais leur renvoyer. Mais maintenant, grâce à cela, j'aime tout ! Je dois dire que je connais des gens partout dans le monde grâce au tennis ; partout où je vais, je connais quelqu'un grâce à cela.

A 28 ans vous êtes au meilleur niveau de votre carrière et avec cette perspective de continuer à progresser. A quel moment avez-vous fait un déclic mental ? Et pourquoi ?
Il y a eu un gros changement après la sanction que j'ai eu (ndlr: il a été suspendu en 2018 pendant deux mois par la Tennis Integrity Unit pour ne pas avoir signalé une tentative de corruption). Une étape gigantesque dans toute ma vie, qui m'a incité à être plus professionnel et plus mature. C'est une chose de ne pas avoir envie de jouer pendant quelques jours, mais qu'on vous enlève la possibilité de jouer et, injustement selon moi, cela a remis ma carrière à l'endroit. Je ne sais pas si c'est la haine ou l'injustice qui m'a fait changer...

Pendant deux ans, vous avez décidé de ne pas parler publiquement  du  sujet de votre suspension et de la tentative de corruption dont vous avez fait l'objet. Que s'est-il passé au juste ?
J'ai été sanctionné pour ne pas avoir signalé de tentative de corruption. Autrement dit, je n'ai pas envoyé d'e-mail informant qu'on a essayé de me soudoyer. Si on vous approche par courrier ou par facebook, vous devez le signaler. Ce que je n'ai pas fait, même pas un e-mail. Mais quand ils sont venus m'interroger, je leur ai dit sauf que le règlement dit que vous devez le signaler dans les sept jours au maximum. J'ai fait face à des nouvelles situations comme avoir un avocat et préparer ma défense... Toutes ces conneries que j'ai vécues m'ont permis de devenir plus mature et ma carrière a été relancée. Je n'ai plus cessé de grandir à partir de là.

Mais pourquoi ne l'avez vous jamais signalé cette tentative ?
On vit en Argentine, il y a un million d'insécurités ici. Je n'allais pas me mettre contre quelque chose d'aussi délicat. Je ne l'ai pas accepté (ndlr : cette tentative) et c'est tout. Quand le TIU (ndlr : le Tennis Integrity Unit) est venu me parler, je leur ai expliqué la situation et c'est pourquoi j'ai eu une sanction si légère, car j'ai pu démontrer que ce que j'avais dit était vrai. Si cela n'avait pas été le cas, j'aurais reçu une sanction plus grave.

Le sujet des paris sportifs au tennis semble vraiment sensible, personne n'ose parler, pourquoi ?
Personne n'ose parler par peur! Il est peut-être plus facile de parler si vous n'êtes pas dans votre pays, mais dans ce cas, c'est en Argentine que ça s'est produit. Je n'avais pas envie de sortir de ma voiture en ayant peur qu'un de ces types soit devant moi. À un moment donné, il est compréhensible que peu de choses soient dites sur le sujet, car nous n'avons pas de protection pour prendre soin de nous[1]. Ces mecs ont même votre adresse personnelle ! J'ai envoyé les preuves au tribunal comme quoi ils avaient l'adresse de ma maison. Lorsqu'on critique ou juge, il faut aussi comprendre la situation. Dans ce cas, c'était un gang qui avait eu des contacts avec de nombreux joueurs et a été découvert, donc il y a eu des enquêtes. Je n'avais jamais parlé de ce sujet, pas seulement pour moi, mais aussi pour ma famille. J'avais peur pour eux.

Source : https://www.infobae.com/deportes/2020/04/13/el-duro-camino-de-superacion-de-federico-coria-la-pase-muy-mal-por-las-comparaciones-con-mi-hermano/


[1] A  ce titre, Coria rejoint la préoccupation de S. Stakhovsky qui a déclaré avoir été approché en 2009 à l'Open d'Australie 2010 pour perdre un match. Pour plus d'informations : https://tennisbreaknews.com/2020/04/13/stakhovsky-a-refuse-100-000-dollars-pour-truquer-un-match/


Pour poursuivre la lecture sur ce sujet, l'interview de Corentin Segalen, coordinateur au sein de l'ARJEL de la plateforme nationale de la lutte contre les manipulations des compétitions sportives
https://tennisbreaknews.com/2020/03/12/matches-truques-la-lutte-sorganise/