Ce lundi devait débuter le tournoi de Barcelone, temple du tennis catalan et jardin de Rafael Nadal. Le Barcelona Open Banc Sabadell est un rendez-vous majeur du printemps européen, mais surtout une référence du tennis espagnol sur ocre. Vieux de 68 ans, le « Trofeo de Godo » a vu défiler de nombreux plateaux pour nous servir données et statistiques.

1953

L’Ère Open (1968), date à laquelle le tennis se professionnalise dans son ensemble, marque la naissance de nombreux tournois aux quatre coins du monde. Mais, dans la cité catalane, il y a un tournoi qui posait déjà sa patte sur le calendrier. Sous l’impulsion de Carlos Godo Valls, homme d’affaires, le sol espagnol accueille ce qui est aujourd’hui, le plus vieux tournoi du pays. Symbole des clubs privés, et place forte du tennis local, «El Godo» se positionne comme hôte des rencontres de Coupe Davis entre 1926 et 1990, avant de devenir aux yeux du monde, l’événement sportif majeur de la région.

67,5%

Dans l’histoire du tournoi, treize espagnols ont remporté le «Conde de Godo» : trois avant l’Ère Open (1968), dix après. Terre de champions, l’Espagne cultive l’art de la terre, et à la maison, ils sont souvent intraitables. Et pour cause, depuis 1999, le drapeau rouge et jaune a été brandi 27 fois en finale : seize vainqueurs, et onze finalistes. Sur les vingt dernières années, 67,5% des finales ont vu un Espagnol y mettre les pieds. Si de 1977 à 1990, le règne se partageait entre Lendl et Wilander, depuis le début du XXIème siècle, rien n’échappe aux locaux, et en particulier à Rafael Nadal, onze fois vainqueur.

2014

Avant 2014, les années se suivent et se ressemblent. Douze des treize dernières éditions sont remportées par un Espagnol. Telle une forteresse imprenable, un homme va pourtant se lancer à son assaut. Une surprise ? A vous de juger. Cette année-là, Kei Nishikori renverse le pouvoir en place en disposant d’un tableau dégagé pour conclure une semaine de rêve face au Colombien Giraldo (6-2/6-2). Le Nippon remporte le cinquième titre de sa carrière et le premier sur terre battue. « C’est l’un des tournois ATP 500 les plus difficiles et je suis vraiment très heureux de le gagner. J’espère revenir l’an prochain pour défendre ce titre. Ce n’est pas facile de s’imposer ici avec tous les joueurs espagnols » déclarait-t-il après son titre. Titre qu'il défendra avec succès puisque l’actuel 31ème joueur mondial s’adjugera le tournoi l’année suivante face à l’Espagnol Pablo Andujar.

11

Un brin classique mais légendaire voire hors norme, les onze titres de Rafael Nadal à Barcelone. Si la planète tennis s’est « inquiétée » l’année passée face à son pire bilan sur terre depuis 2004, il y a une chose qu’il est bon de rappeler : 12 fois vainqueur de Roland Garros, 11 fois à Monte-Carlo et 11 fois à Barcelone. Des chiffres astronomiques et connus de tous qui suffisent à embellir la légende vivante qu’il est. Du haut de son règne, il a écœuré à Barcelone, à quatre reprises David Ferrer, mais aussi ses autres compatriotes Nicolas Almagro, Pablo Andujar, Tommy Robredo, ou encore Juan Carlos Ferrero. Également intraitable avec la nouvelle génération, il est à Barcelone sur ses terres. Depuis 2005, il n’a lâché que quatre fois sa couronne. Privé de sacre en 2019, le court central nommé "pista Rafael Nadal" brûle déjà d’impatience de voir revenir le Majorquin.

32

A l’heure où le Top 100 n’a jamais autant compté de trentenaires, les vainqueurs de tournois eux, se rajeunissent. A Barcelone, on de déroge pas à la règle. Si Thiem a empêché Rafael Nadal, l’année passée, de devenir le plus vieux vainqueur du tournoi catalan, la palme est toujours détenue par Manuel Martinez Santana, vainqueur du tournoi à 32 ans pour la seconde fois en 1970. Cela fait 50 ans que ce record tient à Barcelone !